you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story.
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 you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story.

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MessageSujet: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Mer 23 Mai - 23:19


Recommencer, tout reprendre là où je l’avais laissé. Ça paraissait si simple quand les gens disaient cela. Tout recommencer. Encore faut-il avoir les moyens de prétendre pouvoir tout reprendre à zéro. Je n’avais jamais eu les moyens pour ça. Cette vie que j’avais mené jusque là m’avait sûrement rendu beaucoup plus fort que ces gens qui ont tous les privilèges. Élevé par une mère qui offrait son corps à la vue des hommes les plus écœurants de Friendswood ou des environs dans les clubs de striptease du coin, j’avais souvent du m’éduquer tout seul. J’avais eu beaucoup de soucis à m’inculquer moi-même des règles. Comment voulez-vous qu’un enfant puisse faire cela ? Le père ? Oui, un père aurait été une bonne solution, cependant, le mien avait jugé ne pas être capable d’entretenir une famille, aller au travail pour nourrir son enfant et sa femme. C’était beaucoup trop dur pour cette ordure qui n’était même pas un père mais un foutu géniteur. Il avait simplement contribué à ma naissance. Vivre tut cela seul n’avait pas été toujours simple, je dois bien reconnaître et avouer toutes les fois où j’avais craqué, alors que ma mère faisait ses ‘shows’ comme elle osait appeler sa prostitution visuelle pour se payer sa drogue. Seul dans le taudis que ma mère appelait ‘ta putain de chambre’ je pleurais, tous les soirs. Des questions nécessitant toutes des réponses que personne ne m’apportait. J’étais seul, et cela jusqu’à ma mort lointaine. Bien sûr, j’avais pensé au suicide. Je le dis de façon anodine comme si ce n’était qu’une chose banale mais pour moi, la mort ne pouvait pas être pire que la vie que je menais, cela ne pouvait être que mieux. C’est ce que je croyais avant que ma génitrice ne donne la vie à mon merveilleux petit frère.

Me battre pour ma propre survie avait un sens, mais me battre pour la vie d’un petit garçon qui ne savait encore rien du milieu dans lequel il était né, c’était le sens principal qu’avait pris ma vie. J’étais heureux d’avoir enfin trouvé un but à ma vie. Je me sentais utile et aimé. En effet, ma mère n’avait jamais montré la moindre affection pour moi et c’était une véritable douleur. J’avais souffert pendant jusqu’à mes dix-huit ans. À cet âge, j’avais quitté la maison. Quand je partis de la maison, si toutefois je pouvais qualifier l’endroit où nous vivions ainsi, je savais que je n’allais pas dormi à la rue. J’étais impatient de partir, mais pas au point d’affronter le froid glacial d’une nuit de printemps. Ma petite-amie de l’époque m’avait proposé de nous héberger, mon petit frère et moi. J’étais heureux, elle me comprenait, m’aimait, j’étais heureux et amoureux. Je n’imaginais pas du tout que notre relation allait virer au calvaire, même si le mot est encore assez faible pour qualifier l’évolution de notre relation.

Plusieurs mois après avoir emménager avec elle, les choses avaient commencé à vraiment mal tourner. Tout s’était vraiment bien passé jusque là, cependant, elle avait commencé à se montrer vraiment très envahissante, contrôlant toutes mes sorties. Quand bien même elle était possessive et jalouse, elle avait, une fois, osé la chose qu’il ne fallait pas me dire. C’est alors qu’une nouvelle facette s’est montrée en moi. Une facette que je n’aurais jamais imaginée possible d’avoir en moi. Elle m’avait donné des conseils afin d’éduquer mon petit frère que j’avais enlevé, entre guillemets de chez ma mère. La violence s’était alors montrée. Je l’avais rué de coups alors que mon frère dormait. Je ne m’étais pas reconnu une fois que c’eut été fait. J’étais parti en courant, j’avais marché des heures durant, réfléchissant à tout ce qui venait de se passer. Ce n’était pas possible, je n’avais pas pu faire cela. Et bien si, je l’avais fait, pour la première fois de ma vie j’avais tapé une femme. C’était d’ailleurs la première fois de ma vie que je levais la main sur quelqu’un. Malheureusement pour elle, ce n’était pas la dernière fois. Malheureusement pour moi également. J’avais appris à me détester mais je n’arrivais pas à me contrôler, à m’empêcher. Quand bien même je ne voulais pas lever la main sur elle, je n’arrivais plus à contrôler mes gestes, mes paroles toutes plus violentes les unes que les autres. C’était inhumain, j’étais devenu un véritable monstre.

Cela faisait maintenant deux ans que tout cela était fini. Je sortais avec cette fille depuis plus de dix ans et nous avions vécu comme ça durant toutes ces années. La fin de notre relation s’était démarquée par une plainte de la part de la jeune femme. Aujourd’hui, deux ans après avoir eu la visite de la police, je devais me rendre au commissariat, ne sachant pas ce qui allait m’arriver, ne sachant pas ce que mon frère ferait sans moi, étant donné que j’étais le seul à ramener de l’argent, ne serait-ce que pour payer le loyer de l’appartement dans lequel nous vivions depuis qu’elle nous avait mis dehors, ce que j’arrivais à concevoir, bien que je ne sois plus moi-même, depuis que j’avais libéré cette seconde personne qui habitait en moi, sans même que je ne le sache. Arrivant au commissariat, ayant déjà dit au revoir à mon petit frère car étant persuadé de ne plus avoir l’occasion de revenir chez nous, je lui avais tout expliqué et lui avait même laissé plusieurs de mes tableaux pour qu’il les vende si jamais personne ne l’aidait. Ce fut avec beaucoup de plaisir, et un peu de réticence que j’appris que j’avais ‘simplement’ une journée à passer au siège de l’association SOS FEMMES BATTUES, qui vise justement à défendre les femmes, victimes d’hommes comme je le suis devenu. Entendre la détresse de ces femmes au téléphone pendant une journée entière n’allait pas être une partie de plaisir mais je ne devais pas montrer ma réticence à la tâche, afin d’éviter une peine plus importante. Arrivant à l’hôpital où se trouvait les locaux de cette association, je me dirigeai alors vers une jeune femme, charmante, afin de me présente pour être affecter à l’endroit où je devais être installé pour la journée. « Bonjour, Ashleigh Coleen, je ne sais pas si vous savez qui je suis… ? » Je n’avais pas envie de lui dire si jamais elle ne savait pas. Je n’assumais pas ma dangerosité. J’avais honte de ce que j’étais devenu, quand bien même c’était incontrôlable.


Dernière édition par Ashleigh S. Coleen le Lun 28 Mai - 0:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Sam 26 Mai - 16:41

Faire le boulot que je faisais était loin d’être facile. On ne pouvait pas dire que je faisais cela par partie de plaisir, loin de là même. Je le faisais tout simplement parce que j’avais été battue, parce que Bradley m’avait volé ma vie, si je puis dire. Il avait détruit chaque parcelle de mon corps, il avait volé quelque chose de précieux en moi, et autant dire que ce n’était pas prêt de revenir. Je savais que mon cœur était brisé, que mon corps, ne pourrait plus jamais supporter un autre coup. Bref, j’étais au fond du gouffre et j’avais un mal fou à m’en sortir. Il parait que c’est comme un cercle vicieux. Lorsque l’on tombe dans la dépression, dans la peur, si on la laisse gagner et nous envahir, elle gagne du terrain chaque jour un peu plus, et pour vous en sortir c’est presque impossible. Est-ce pareil pour moi ? Peut-être bien, peut-être que je n’allais jamais me sortir de ce cauchemar. Dans quelques années, je serais peut-être même pire que cela envers les hommes ? Je n’aurais pas de petit ami, j’aurais constamment toujours peur des hommes, et je serais peut-être obligé de me faire changer de bord. Moi ? Coucher avec une femme ? Quand j’y pensais, j’avais une envie de vomir… Non, j’aimais trop le plaisir charnel avec les hommes. De ce que j’avais connu dans le passé, jamais je n’avais été déçue. Et ça je préférais le garder pour moi. Tout le monde pensait que j’étais une fille posée, que j’étais du genre à ne pas coucher sans lendemain et j’en passe, mais bien avant que je ne me casse avec le dit Bradley, j’avais été ce genre de gamine. Prétentieuse, péteuse, et orgueilleuse qui couchait avec n’importe qui du lycée, tout simplement pour que l’on parle de moi, que l’on me porte attention. Car à la maison, je n’avais personne. Mais au moins aujourd’hui, je m’étais calmée, ça pour m’être calmé, oui… C’était le calme plat dans ma vie sexuelle depuis trois ans. Je n’avais pas touchée un homme depuis bien longtemps… Pas le courage de revivre une relation, même si je le voulais à présent avec Ryan… Ryan qui ne me touchait même pas malgré le fait que je ne sois plus pudique envers lui. Il m’avait vu nue bon nombre de fois et rien. Pour un coureur de jupon, je devais surement être moche à ses yeux. Mais il fallait que je cesse de penser à tout cela. Après tout ma vie avait changé pas vrai ? Bon ok, Bradley était sorti de prison et il m’avait retrouvé… Mais bon j’étais toujours en vie et il ne m’avait pas fait de mal. Pleurer certes mais ça c’était normal, comment réagir quand l’homme qui vous a battu pendant cinq longues années se retrouve face à vous ? qui plus est à vivre le même immeuble que vous ? Je le vivais très mal… Vraiment mal, mais je n’y pouvais rien, je devais lui faire confiance et accepté le fait qu’il était malade. Bipolaire et qu’il ne me toucherait plus, même s’il souhaite me conquérir à nouveau. Ça par contre c’était autre chose ! Hors de question de ressortir avec lui. Puis il y avait aussi Luka… Trop d’homme en ce moment entrait dans ma vie, je ne savais plus où donner de la tête. Ryan qui jouait aux abonnés absent dans ma vie et qui ne me prêtait pas plus attention que cela… Et Luka qui lui m’avait accosté pour me draguer et à qui j’avais roulé une pelle pour le sortir d’une merde dans laquelle il nous avait fourrés… Bien Ana… Je me décoinçais plus vite avec les hommes fallait croire…

Ou pas ! Soupirant franchement, mieux valait que je cesse de penser tout court pour aujourd’hui. Attrapant ma cafetière, je me mis du café dans la tasse avant d’y rajouter un petit peu de sucre pour le remuer énergiquement. Et une journée de boulot en plus, une ! J’en avais horriblement marre… J’avais envie d’y aller comme de me pendre ! Oh oui, me pendre ça serait une bonne idée… Même pas. Avalant mon café d’une traite je posais la tasse dans l’évier ayant la grosse flemme de la laver. Ryan n’aura qu’à se bouger un peu ! Il ne fout jamais rien, un peu à lui. Je filais alors dans ma chambre pour troquer mon peignoir contre un jean faiblement ample et troué me tombant un peu avant d’enfiler un débardeur quelque peu décolleté. En ce moment j’aimais bien ce style. Même si je dévoilais mes bras marqué de coup et de cicatrice, au moins les gens ne voyaient pas mon dos, c’était ça ce que je cachais le plus… Une petite veste en cuir, ma paire de talons aiguilles aux pieds, j’attrapais mon sac à main et quitta l’appartement en claquant la porte énervée. Bien fait si Ryan se réveille ! Filant dans la voiture, je parti alors en direction du boulot, comme tous les jours. Si seulement je pouvais faire demi-tour… Il était peut-être temps que je stoppe ce boulot et m’en trouve un autre dans l’art ! Peindre… après tout j’avais des diplômes d’art, et là, ils ne me servaient strictement à rien… Une fois dans les locaux, je filais m’installer à mon bureau, me laissant tomber comme un sac à patate sur la chaise, penchant ma tête en arrière. Pitié, je voulais que la journée finisse très vite ! J’ignorais les regards posaient sur moi. Ici c’était loin d’être le monde de la discrétion. Tous les bureaux dans la même pièces, simplement séparé par des vitres qui atténue un peu le bruit pour pas qu’on entende les autres parler lorsque l’on est en communication. Bref, le sale boulot. Heureusement pour le moment il n’y avait pas grand monde. « Bonjour, Ashleigh Coleen, je ne sais pas si vous savez qui je suis… ? » Sursautant sur le coup, je me tournais vers un homme que je ne connaissais absolument pas. Mon dieu. Mon cœur se mit à battre la chamade tant je ne m’étais pas attendu à ce que l’on vienne me parler. Inspirant profondément, je passais rapidement ma langue sur mes lèvres avant de me lever en haussant un sourcil. Son prénom me disait vaguement quelque chose, mais alors là, pour m’en souvenir… Le trou noir. En plus j’avais repris le boulot il y a peu, vu que j’étais en vacances, alors ça n’arrangeait strictement rien. Ashleigh, Ash… Ash… Bon dieu ça me revenait ! Cet homme était… Souriant nerveusement, il a fallu que ça tombe sur moi… « Oui, bonjour Ashleigh ! Moi c’est Ana-Soranà, hum… Eh bien, je vais m’occuper de vous. Ou alors, est-ce que l’on vous a donné un nom précis ? Je ne suis pas trop au courant, je rentre de vacances depuis peu alors… » Marmonnai-je faiblement en souriant en peine. Je ne supportais déjà pas cette situation… Regardant autour de moi, j’allais chercher une chaise avant de la mettre à côté de la mienne. Je ne supportais pas ce nouveau programme, ou l’on devait recevoir des hommes ayant été violents avec leur conjointe… Comme si j’allais accepter Bradley par exemple. Manquerait plus que cela tiens. « Alors… Ben, vous allez rester avec moi, hum… si jamais ça ne va pas, n’hésitez pas à le dire, d’accord ? » Marmonnai-je doucement en le regardant du coin de l’œil.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Lun 28 Mai - 0:47

Le cycle de la vie avait fait que j’étais tombé dans la mauvaise période. En effet, je pense que mes parents, entre guillemets, n’avaient pas décidé de me féconder au bon moment. Peut-être était-ce la raison de cette vie minable que je menais. J’en avais foutrement marre de me lever tous les matins et constater avec pertes et fracas que j’étais toujours bel et bien vivant, toujours aussi prisonnier de cette vie merdique. C’en était trop. Personne ne devait vivre de cette façon, avec le regret d’être en vie, avec l’envie de vouloir en finir, pour de bon. Les choses devaient s’améliorer, tout devait aller mieux pour que mon frère puisse grandir dans de bonnes conditions. Je voulais qu’il ait un métier stable, une vie de famille, des enfants, une femme, un mariage grandiose et une belle retraire. Je voulais qu’il ait tout ce que je n’ai jamais eu et tout ce que je n’aurai jamais. Je me prenais souvent pour son père, ce qu’il ne manquait pas de me signaler mais c’était plus fort que moi. Je savais que de quoi j’avais manqué et je savais de quoi il allait avoir besoin alors je pouvais le conseiller, lui interdire des choses et en autoriser des autres. J’étais son tuteur, son meilleur ami, son frère, son… tout. Du moins, c’est ce qu’il était pour moi donc du coup, j’imagine que je représentais cette même chose pour lui, enfin… je l’espérais. Ma foi, sans mon petit frère je n’étais plus grand-chose et je pense que malgré le fait qu’il ne voulait pas l’avouer, il dépendait de moi. Bien que mes tableaux, ceux que je dessinais dans la rue, ne se vendent pas excessivement bien, ils étaient le seul moyen que j’avais de payer notre maigre loyer. L’État nous aussi beaucoup, mais je ne le disais pas à mon frère, je ne voulais pas qu’il me voit comme un faible qui n’est pas capable de payer ne serait-ce qu’un loyer. Je le lui cachais mais il était grand maintenant et peut-être pourrait-il travailler un peu pour aider le financement de l’appartement… C’est vrai que tout était tellement plus facile quand nous vivions chez mon ancienne petite-amie… Quand bien même notre relation n’était absolument pas saine, j’avais développé des sentiments pour elle, depuis bon nombre d’années où nous entretenions une relation amoureuse. Notre amour était peut-être trop destructeur pour que nous puissions prétendre rester longtemps ensemble, voire passer notre vie à deux. Nous étions amoureux l’un de l’autre, pour sûr, cependant, c’était un amour impossible. Je n’arrivais pas vraiment à faire confiance aux femmes. Tout cela à cause de ma mère, tout comme je n’arrivais pas vraiment à avoir d’amis hommes à cause de mon père. La vie était foutrement compliquée et ces temps-cis, j’avais l’impression que mes problèmes s’étaient décuplés. Cependant, je gardais la tête hors de l’eau, avec pas mal de choses qui tentaient de m’attirer au fond, mais je persistais et les choses commençaient à s’éclaircir. Je pouvais apercevoir un bout du soleil, ses rayons éclairaient mon visage. C’était le bout du tunnel, c’était bientôt la fin de mon calvaire, du moins, je me persuadais que ça l’était. Peut-on vraiment prétendre qu’une personne, qui n’a connu que des mauvaises choses depuis le début de sa vie, peut renverser les choses et devenir vraiment heureux ? Oui, c’est possible. Je voulais croire que tout pouvait s’arranger, peu importe le milieu duquel on vient, peu importe les erreurs faites. Je voulais dire oui au bonheur et lui faire face, au lieu de lui tourner le dos et croire que je n’y avais pas le droit. J’avais aussi le droit d’être heureux, comme tout le monde sur cette Terre. Sourire au lieu de pleurer, aimer au lieu de détester. J’étais en train de me métamorphoser. Peut-être que cette visite au sein de l’association pour aider les femmes battues m’aiderait. Peut-être allais-je devenir beaucoup plus calme et allais-je réaliser mes erreurs.

Debout devant cette grande bâtisse, j’avais longuement hésité avant de rentrer. Je ne sais pas vraiment pourquoi, j’étais anxieux. J’avais peur du monde qui se trouvait probablement au sein de ces locaux. J’avais peur du jugement que toutes ces personnes me porteraient. Je me sentais prêt depuis ma convocation au commissariat jusqu’à ce jour, mais maintenant que mon entrée dans le bâtiment se faisait imminente, j’avais la boule au ventre, j’avais peur. Je tentais de me rassurer en me disant que le regard des gens ne changerait rien à qui je suis et que je devrais affronter la pensée des gens ainsi que mes erreurs, au lieu de ne pas assumer et d’approuver les critiques. Je savais que cette journée allait être éprouvante, longue et que j’allais sûrement en prendre plein la gueule mais je pense qu’après quelques bonnes minutes de réflexion et de remise en question, j’étais enfin paré et prêt à rentre dans le bâtiment. Aux premiers regards, il ne semblait pas y avoir grand monde. Les femmes battues ne se précipitaient sûrement pas toutes ici, j’imagine qu’elles préféraient rester discrètes et appeler de chez elles, tout comme mon ex copine l’avait fait… Déception. Malgré le fait que je reconnais volontiers ma culpabilité, je m’étais senti trahi. Je ne comprenais pas pourquoi elle avait appelé au lieu de parler du problème avec moi. Je n’étais pas vraiment moi-même lorsque je l’avais ruée de coups. Je ne sais même pas pourquoi j’avais fait cela et je restais sans explications quant à ces actes qui relèvent pour moi de barbarie. Ma foi, j’étais peut-être devenu quelqu’un d’inhumain avec le temps. Peut-être étais-e un de ces monstres qui ne le savent même pas. Ou bien était-il aussi possible que je sois devenu un homme aux multiples personnalités ? Non j’étais bel et bien conscient de tout ce qui s’était passé donc j’étais bien seul dans ma tête, malheureusement… e préférais encore me dire que je n’étais pas violent mais schizophrène. S’avouer des choses de la sorte n’était vraiment pas évident, vraiment pas. Arrivé devant la jeune femme et après m’être présenté, elle sursauta car ne m’avait pas vu. Je souris discrètement. Elle prit une grande inspiration avant d’humidifier ses lèvres d’un bref coup de langue. C’était un signe. Elle semblait assez perturbée par ma personne. Je ne veux pas paraître prétentieux, mais elle avait juste été surprise et semblait un peu perdue, ne savait pas trop ce qu’elle devait faire. Elle me regarda et sourit. Elle semblait nerveuse. Elle me répondit, après quelques secondes. « Oui, bonjour Ashleigh ! Moi c’est Ana-Soranà, hum… Eh bien, je vais m’occuper de vous. Ou alors, est-ce que l’on vous a donné un nom précis ? Je ne suis pas trop au courant, je rentre de vacances depuis peu alors… » dit-elle alors d’une voix presque inaudible et de façon incompréhensible. De plus, elle ne semblait pas vraiment enchantée par notre rencontre, le sourire qu’elle me présentait était comme obligatoire. Elle ne voulait pas me sourire et semblait déjà me détester. Elle tourna la tête pour regarder autour et partit me chercher une chaise qu’elle mit à côté de la sienne. Elle se réinstalla puis reprit. « Alors… Ben, vous allez rester avec moi, hum… si jamais ça ne va pas, n’hésitez pas à le dire, d’accord ? » marmonna-t-elle à nouveau, me regardant du coin de l’œil, comme si elle n’osait pas. Je dirigeai alors mon regard vers le sien, tournant mon siège afin d’être en face de la jeune femme. « Écoutez… ce n’est vraiment pas simple pour moi d’être là non plus, croyez le ou non je préférerais être chez moi à peindre au lieu d’être ici. Je préférerais ne jamais avoir eu de copine ou bien avoir eu une vie meilleure. Je ne veux pas prendre ma vie de merde comme prétexte mais je pense que ça a du provoqué quelque chose en moi. En attendant, je veux juste que vous sachiez que je ne suis pas à l’aise avec la situation, pas du tout. » je souris péniblement avant de baisser la tête, signe de timidité. Je m’étais peut-être trop dévoilé d’un coup, tant pis. J’avais franchement besoin de signaler que je n’étais pas bien du tout avec cette situation. Elle semblait avoir peur de moi et je ne voulais vraiment pas qu’elle croit que je suis quelqu’un de violent.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Jeu 21 Juin - 22:45

Bosser, j’avais ce mot en tête depuis que j’avais repris le boulot cette semaine. J’avais tout de même était bien sans le boulot la semaine dernière. Mais malheureusement fallait bien reprendre le boulot… Reprendre car je n’avais pas non plus autant de congés que j’aurais bien voulu avoir. Même s’il allait l’avouer, cette semaine de vacances n’avait pas été de tout repos, entre les retrouvailles avec Bradley et la rencontre avec Luka… autant dire que je n’avais pas chômé loin de là. Mais que faire quand le passé nous rattrape ? Je n’en savais rien, j’avais tout fait pour m’éloigner de Brad, j’avais porté plainte, j’avais tout fait pour quitter New-York, et autant dire que le Texas n’était pas la porte à côté ! Alors comment… Comment avait-il fait pour me retrouver ? Je ne laissais pourtant pas beaucoup de trace de mon passage… Mais il l’avait fait et même s’il était soit disant malade, je ne pouvais tout de même pas croire qu’il avait changé du tout au tout… Impossible. J’avais encore tout en tête, et même si c’était vrai qu’il était bipolaire, je ne pouvais pas le pardonner aussi aisément. Quand j’y pensais, j’avais comme l’impression encore de recevoir les coups, comme si c’était normal. Alors que je savais parfaitement que ça ne l’était pas. J’en cauchemardais, j’en avais peur… Et maintenant qu’il était sorti de prison, autant dire que je ne dormais pas sur mes deux oreilles ! Mais au moins, là où il ne pourrait pas me trouver c’était bien mon lieu de travail. Même si j’y allais aujourd’hui à reculons. L’envie d’y aller n’était pas là, de toute façon, qui aime aller bosser ? On préfère tellement rester chez soi… Me secouant rapidement la tête pour me changer les idées, je me laissais trainer au bureau, dans une envie folle de faire demi-tour. Mais je ne le fis pas. J’aurais surement dû quand je compris ce que j’allais devoir faire aujourd’hui. M’occuper d’un homme et cet homme était déjà là, avec moi, m’expliquant le pourquoi du comment il était là. Je me fourrais toujours dans des situations qu’il ne fallait pas moi… Lui installant une chaise à mon bureau, je m’installais dessus, avant de le regarder faire, tout en lui expliquant plus ou moins qui j’étais, et s’il avait des questions c’était le moment ou jamais. « Écoutez… ce n’est vraiment pas simple pour moi d’être là non plus, croyez-le ou non je préférerais être chez moi à peindre au lieu d’être ici. Je préférerais ne jamais avoir eu de copine ou bien avoir eu une vie meilleure. Je ne veux pas prendre ma vie de merde comme prétexte mais je pense que ça a dû provoquer quelque chose en moi. En attendant, je veux juste que vous sachiez que je ne suis pas à l’aise avec la situation, pas du tout. »

S’il savait à quel point je n’étais pas à l’aise moi non plus dans cette situation, c’était loin d’être facile tout de même… Se retrouver avec un homme qui avait été comme Bradley, qui avait battu une femme, qui avait fait couler du sang et peut-être même plus, je n’en savais rien, et je ne voulais pas savoir dans un sens. Mais tout ce que je savais c’était que là, tout de suite, j’étais mal. J’aurais mieux fait de rester en vacances moi ! Oui, chez moi, enroulée dans un plaid et regarder la télévision, ou lire un livre, ou faire du ménage ! N’importe quoi qui puisse m’occuper mais ne pas me retrouver avec un homme violent à mes côtés. Le regardant, je me mis faiblement à sourire, qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Je n’avais pas le pouvoir ici, j’étais une simple employée, je n’étais rien d’autre que ça, et je doutais que le boss puisse me faire une faveur… s’il l’avait laissé venir ici c’était bien qu’il ne voulait pas le faire repartir…Soupirant longuement, je me laissais tomber dans le fond de mon fauteuil en regardant alors l’écran de mon ordinateur en mordillant mes lèvres. Que la vie était complexe… « Ne vous inquiétez pas… Ce n’est pas grave, mais j’aurais juste aimé être prévenue que nous allions devoir accueillir maintenant des… Hommes comme vous pour les sensibiliser et tout ça. Je ne sais pas si ça va réellement marcher d’ailleurs. » Marmonnai-je doucement en croisant mes jambes me rapprochant alors de mon bureau. « Bon… Je vais vous annoncer le programme, il n’est pas bien compliqué de toute façon. Alors, quand j’aurais branché mon téléphone, on aura des appels, pas non-stop, parfois, y’en a très peu, enfin, ça dépend des périodes… Et là, faut écouter les femmes qu’on a au bout du fil. Les consoler, leur dire des choses… Qui leur fasse plaisir. Et quand elles sont plus ou moins en confiance, faut faire en sorte de leur faire porter plainte contre leur conjoint… » Marmonnai-je doucement en plissant lentement le nez. Tapotant lentement mes doigts sur le bois du bureau, je fixais le téléphone avant de me tourner faiblement vers lui. Vu sa carrure, jamais, je ne me serais doutée qu’il aurait pu frapper une femme. Comme quoi les apparences sont toujours trompeuses. « Vous avez des questions avant que je ne branche le téléphone ? » Demandai-je doucement en plongeant alors mon regard dans le sien.


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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Sam 23 Juin - 16:40

Me remettre en cause ? Je ne faisais que cela. Depuis toujours. Déjà étant enfant, je me reprochais d’avoir été le gagnant dans la course pour la naissance. Je m’en voulais d’être né, je m’en voulais d’avoir rendu ma mère malheureuse. Cependant, j’avais compris que ce n’était pas moi le fautif. Les fautifs n’étaient personne d’autre que mes parents. Pourquoi avaient-ils voulu faire un enfant, pourquoi alors qu’ils devaient sûrement savoir intérieurement qu’ils n’étaient pas prêts. Mon père, bien que je n’apprécie pas le fait de l’appeler ainsi, était au courant qu’il était possible qu’un petit garçon naisse de leur union. S’il voulait une fille, pourquoi avoir pris le risque ? Je suis quasiment sûr que si mon père n’était pas parti, ma mère, mon petit frère et moi serions plus heureux qu’à l’heure actuelle. J’imagine que si mon père était resté, ma mère ne se serait jamais transformée en strip-teaseuse, je n’aurais jamais eu honte d’elle, et inversement. Je remerciais malgré tout mon père d’être parti. Il m’a évité de vivre une vie banale, au sein d’un cocon familial surprotecteur, et bien évidemment, s’il n’était pas parti, mon petit frère n’aurait jamais vu le jour. J’appréciais ma vie maintenant. Bien que je n’ai pas énormément d’argent, je m’en sors bien avec ce petit frère qui m’en fait baver comme il ne l’a jamais fait. Je ne comprenais pas vraiment ce qu’il me reprochait. Je pensais avoir bien fait en l’enlevant à cette mère qui pour moi n’avait pas pris conscience de tout ce que ce rôle impliquait. Je pensais avoir fait de son futur, une chose plus sûre. Ma foi, peut-être avais-je eu tord. Moi qui avais toujours été fier de cela je commençais à m’en mordre les doigts. Toutes les conneries qu’il faisait me revenaient en pleine gueule. Je commençais à comprendre tout ce qu’il semblait vouloir que je comprenne. Je partais de plus en plus de chez moi, je peignais de plus en plus, m’enfermais dans ma chambre. Oui, je l’évitais en fait. Personne ne pouvait me faire mal, personne ne pouvait fragiliser mon cœur, sauf mon frère. Je ne savais pas si je devais partir, lui laisser de l’argent, tout l’argent que j’avais et m’enfuir, le pousser à s’assumer et comprendre que sans moi, il était voué à l’échec dans une famille telle que la notre. Peut-être devais-je prendre des vacances ? J’étais perdu mais j’avais conscience que je ne pouvais pas m’en vouloir, j’avais fait ce qui m’avait semblé être le meilleur pour lui et pour moi. Ce que j’aurais pu éviter, par contre, c’était de lever la main sur cette fille. Bordel, je savais que cette femme qu’était ma mère allait détruire mon frère comme elle m’avait moi-même détruit. C’est pour ça que je l’ai enlevé à elle. Aujourd’hui, à cause d’elle, j’étais dans un centre de femmes battues, juste parce que j’ai perdu tout mon self-control et que j’ai levé la main sur cette fille que j’aimais, malgré tout. Cette jeune femme, en face de moi, semblait tellement mal, presque aussi mal que moi. Je lui devais des explications, après nous, nous allions passer la journée ensemble… « Écoutez… ce n’est vraiment pas simple pour moi d’être là non plus, croyez-le ou non je préférerais être chez moi à peindre au lieu d’être ici. Je préférerais ne jamais avoir eu de copine ou bien avoir eu une vie meilleure. Je ne veux pas prendre ma vie de merde comme prétexte mais je pense que ça a dû provoquer quelque chose en moi. En attendant, je veux juste que vous sachiez que je ne suis pas à l’aise avec la situation, pas du tout. » Ce que j’espérais en disant cela ? La détendre, lui montrer que je n’avais pas frappé cette jeune femme par plaisir mais parce que je devais fou dans ce monde de fou, tout simplement. Je n’avais aucune excuse, à vrai dire, je le savais, mais je ne voulais surtout pas avoir que ma mère arrivait à m’atteindre et me blesser.

Souriant faiblement, presque gênée et honteuse d’être avec moi, je sentais qu’elle n’osait pas franchement lancer la discussion avec moi, elle ne voulait pas avoir à faire à moi et je comprenais la chose… Je pouvais concevoir cela mais je n’arrivais pas à comprendre que l’on puisse me percevoir comme un criminel. Se laissant tomber salement sur son fauteuil, elle soupira avant de plonger son diriger son regard vers son écran d’ordinateur, se mordillant les lèvres. Elle entreprit malgré tout le dialogue. « Ne vous inquiétez pas… Ce n’est pas grave, mais j’aurais juste aimé être prévenue que nous allions devoir accueillir maintenant des… Hommes comme vous pour les sensibiliser et tout ça. Je ne sais pas si ça va réellement marcher d’ailleurs. dit-elle de façon presque inaudible, avant de croiser ses jambes afin de se rapprocher de son bureau, pour enfin reprendre. Bon… Je vais vous annoncer le programme, il n’est pas bien compliqué de toute façon. Alors, quand j’aurais branché mon téléphone, on aura des appels, pas non-stop, parfois, y’en a très peu, enfin, ça dépend des périodes… Et là, faut écouter les femmes qu’on a au bout du fil. Les consoler, leur dire des choses… Qui leur fasse plaisir. Et quand elles sont plus ou moins en confiance, faut faire en sorte de leur faire porter plainte contre leur conjoint… » chuchota-t-elle très doucement avant de faire quelques mouvements avec son nez. Je souris, comme un enfant face à cette chorégraphie nasale. Ses doigts s’écrasaient doucement contre son bureau, son regard lui, était figé vers le téléphone. Je dois bien avouer que cet outil me faisait plutôt peur. Ce qu’elle venait de me dire m’avait jeté un sacré coup. Je n’imaginais pas que des gens appelaient ce numéro, que beaucoup de femmes se faisaient frapper. J’étais écœuré par l’espèce humaine. « Vous avez des questions avant que je ne branche le téléphone ? » Je la regardais, amenant mon regard honteux au sol. « J’commence à me sentir mal là… J’ai pas envie d’entendre ces femmes parler de ça, j’l’ai déjà dit, j’suis pas quelqu’un de violent, j’pensais pas que j’en arriverais là… Je sais pas c’que j’fais ici, si j’ai frappé celle… enfin, celle que dont j’étais amoureux, c’est parce que c’est dans ma tête que quelque chose disjoncte, c’est pas que j’aime frapper. J’suis pas violent… J’ai besoin d’avoir votre confiance pour me sentir à l’aise, j’ai besoin que vous me disiez que vous me croyez. » dis-je alors avant de redresser mon regard vers le sien, toujours dirigé vers moi.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Mar 10 Juil - 8:34

Bosser dans ce genre de métier était un fait. Mais bosser avec quelqu’un qui avait déjà levé la main sur une femme en était un autre. Et autant dire que ça me rendait dingue. Dingue dans le sens où il pouvait très bien s’énerver à présent et se mettre à me frapper. Après tout une simple pulsion, un simple énervement et le tour était joué non ? Non pas que je n’avais pas confiance en lui mais… Enfin, si, je n’avais pas confiance en lui, et malgré le fait qu’il puisse chercher à me rassurer ce n’était pas non plus très facile pour moi. Mais au moins ces paroles avaient le don de me rassurer, c’était déjà ça. Il n’avait pas l’air si méchant que cela, il avait l’air plus perdu qu’autre chose. Il était peut-être comme Loukà ? Il avait surement un problème et tentait de se soigner. Foutu maladie, c’était tout de même assez bizarre non ? Pourquoi ces maladies touchaient-elles plus les hommes que les femmes ? Il y avait tellement peu de femmes qui touchaient les hommes, qui les blessaient… « J’commence à me sentir mal là… J’ai pas envie d’entendre ces femmes parler de ça, j’l’ai déjà dit, je ne suis pas quelqu’un de violent, je ne pensais pas que j’en arriverais là… Je sais pas c’que j’fais ici, si j’ai frappé celle… enfin, celle que dont j’étais amoureux, c’est parce que c’est dans ma tête que quelque chose disjoncte, ce n’est pas que j’aime frapper. Je ne suis pas violent… J’ai besoin d’avoir votre confiance pour me sentir à l’aise, j’ai besoin que vous me disiez que vous me croyez. » Il était bien plus mal à l’aise que moi je ne l’étais envers lui. C’était d’ailleurs assez fou de voir que cet homme pouvait presque avoir peur, alors que c’était quand même plutôt à moi d’avoir peur non ? Les rôles seraient-ils en train de s’inverser ? ça me faisait tout de même bizarre, mais j’avais comme un sentiment en moi qui me disait de ne pas avoir peur de lui et au contraire de ne pas le juger. Après tout Loukà aussi avait eu des soucis, il était bipolaire, d’où le fait qu’il m’ait frappé à de nombreuses reprises… Peut-être que c’était pareil pour lui ? Qu’il avait quelque chose qui générait en lui une sorte de pulsion, une envie de frapper et j’en passe. C’était tout de même hallucinant de constater que ce sont toujours les hommes qui agissent ainsi. Oh il y avait bien des femmes mais tellement peu contrairement aux hommes. C’était à la fois surprenant et assez énigmatique…

La situation devenait de plus en plus embarrassante, et je ne savais pas quoi faire. Peut-être parler de moi ? Non et puis quoi encore ? Je n’allais quand même pas parler de moi… C’était personnel et je n’allais pas lui dire tout ce qui m’était arrivé… Soupirant faiblement, je me mordis lentement les lèvres avant de détourner le regard, fixant alors l’ensemble de la pièce. Les autres bossaient déjà, certains curieux, nous regardaient, se demandant qui étaient cet homme inconnu pour nous. Il fallait que je l’aide, que je ne le laisse pas seul… Nous étions tous les deux dans des positions assez délicates. Lui parce qu’il avait déjà frappé une nana et moi parce que j’étais une femme anciennement battue. « Ecoutez… je ne veux pas vous mettre mal à l’aise ou tout autre chose de ce genre, loin de là. Mais nous sommes tous les deux dans une position délicate. Je peux parfaitement comprendre que vous n’ayez pas envie d’entendre ces femmes. Mais vous savez, moi j’aurais aimé ne pas m’occuper de vous, car… je fais partie de ces femmes, j’en ai fait partie plutôt. Je comprends, je comprends que quelque chose n’aille pas dans votre tête et je vous crois. Il y a des cachets pour ça, des remèdes, et je suis sûre que vous suivez une thérapie, pas vrai ? » demandai-je doucement en le regardant bien droit dans les yeux. C’était loin d’être facile, autant pour lui que pour moi. Et pourtant quand on le voyait de vue d’œil, jamais, non jamais on ne se douterait qu’il puisse frapper quelqu’un. Mais s’il avait une maladie ou un quelconque truc de ce genre, on ne pouvait pas contrôler. Peut-être qu’il était comme Brad ? Peut-être oui, je n’en savais trop rien pour le coup, mais je ne savais pas si c’était mon droit de le savoir. Soupirant faiblement, je passais lentement ma main dans mes cheveux pour les tirer en arrière, le regardant alors longuement avant de détourner le regard vers le téléphone. « Vous voulez boire quelque chose ? Vous savez, si c’est trop dur pour vous, je reprendrais le téléphone, je n’aime pas trop non plus ce que l’on vous inflige…sachez le… » marmonnai-je doucement en le regardant de façon triste. Mais il ne fallait pas que je déprime, non ce n’était pas le moment ! Claquant faiblement ma langue contre mon palet, je fixais le téléphone dans l’espoir qu’il sonne avant que ça soit le cas. Surprise, je décrochais en sortant ma phrase habituelle, « sos femmes battues, Ana à votre écoute. » Et aussitôt dit, que la femme au bout du fil se mit à pleurer. Ce qui était normal dans un sens. Je regardais mon voisin en me demandant ce qu’il ferait s’il entendait la femme pleurer et parler… Prenant un casque pour lui, je le branchais au téléphone et lui donna le casque pour qu’il le mette.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Lun 16 Juil - 0:05

Comment aurais-je pu me développer tout en restant un garçon tout à fait normal, compte tenu du milieu duquel j’étais issu ? Tout était déjà tracé alors que je n’étais qu’un bambin. Étant né au sein d’une famille peu riche, pour ne pas dire pauvre, avec pour cœur et seul cœur une mère qui s’en fichait totalement, je ne pouvais pas savoir ce qu’était l’amour. Je ne cherchais pas vraiment à me trouver des excuses quant aux violences causées par ma propre personne, sur mon ex petite-amie, celle dont j’étais fou amoureux… Cependant, je savais que je n’avais rien d’un garçon dangereux. Je n’étais pas ce genre d’hommes, que je qualifiais à l’aide de termes d’autant plus vulgaires habituellement, qui battaient leur femme ou leurs enfants par plus plaisir. Je trouvais ça tout bonnement horrible, ce n’était pas digne de l’espèce humaine. Alors oui, j’avais déjà été violent dans mon passé, une fois, une seule fois… celle de trop. Je m’en voulais honnêtement et continuellement de cet acte que je n’avais pas contrôlé. Que pouvais-je faire d’autre à part m’en vouloir ? Il y avait ce stage, entre guillemets, au sein de cette société qui vise à aider les femmes battues, mais que pouvais-je faire d’autre ? N’étant pas un homme violent, je ne savais même pas ce qui pouvait m’avoir poussé à agir de la sorte… Me soigner deviendrait donc une chose compliquée. « J’commence à me sentir mal là… J’ai pas envie d’entendre ces femmes parler de ça, j’l’ai déjà dit, je ne suis pas quelqu’un de violent, je ne pensais pas que j’en arriverais là… Je sais pas c’que j’fais ici, si j’ai frappé celle… enfin, celle que dont j’étais amoureux, c’est parce que c’est dans ma tête que quelque chose disjoncte, ce n’est pas que j’aime frapper. Je ne suis pas violent… J’ai besoin d’avoir votre confiance pour me sentir à l’aise, j’ai besoin que vous me disiez que vous me croyez. » Si je commençais à me sentir mal ? Je ne me sentais pas bien du tout, pour être honnête. Ma tête était un chantier, un vrai bordel que je ne contrôlais plus. Des milliers, des centaines de milliers de questions se développaient à la vitesse de la lumière dans mon cerveau et pourtant, une seule me frappait assez pour que je la perçoive clairement. Pourquoi ? C’était la seule unique question qui était valable et qui méritait réponse. C’est vrai… Plus j’y pensais, plus mon mal de tête s’intensifiait. Pourquoi avais-je fait ça ? Étais-je malade ? Est-ce que l’intégration d’un hôpital psychiatrique me serait recommandée à la suite de ce stage ? Tant de questions pour aucune réponse. Malgré la présence de la jeune femme, je me sentais seul et je me retrouvais exposé à mes erreurs. Du moins, je me retrouvais face à la plus grave de toutes les erreurs commises par ma personne. Chaque problème a sa solution comme on dit souvent. J’avais décidé que cette solution, ce serait ce stage de sensibilisation, organisé par la police elle-même. J’avais décidé de me déculpabiliser et de blanchir mon image grâce à ça. Je n’étais pas dangereux et cette journée allait me le prouver, nous le prouver, à tous.

Elle soupira avant de se mordiller la lèvre, doucement. Je la regardais, laissant mes yeux naviguer peu partout, anxieux et effrayé rien qu’à penser aux appels qui allaient être imposés à mes oreilles délicates n’appréciant que l’amour et la musique. Je la regardais, attendant une quelconque réaction. Le temps se faisait long. « Écoutez… je ne veux pas vous mettre mal à l’aise ou tout autre chose de ce genre, loin de là. Mais nous sommes tous les deux dans une position délicate. Je peux parfaitement comprendre que vous n’ayez pas envie d’entendre ces femmes. Mais vous savez, moi j’aurais aimé ne pas m’occuper de vous, car… je fais partie de ces femmes, j’en ai fait partie plutôt. Je comprends, je comprends que quelque chose n’aille pas dans votre tête et je vous crois. Il y a des cachets pour ça, des remèdes, et je suis sûre que vous suivez une thérapie, pas vrai ? » Me demanda-t-elle alors très doucement, laissant son regard s’implanter dans le mien. Je ne savais pas quoi faire, ni-même quoi répondre. Je me contentais de baisser la garde, d’amener mes yeux attristés au sol. Elle, une femme battue ? Comment pouvait-elle faire ce métier désormais ? Je me retrouvais alors à une femme qui devait sûrement me détester. J’avais pensé à cela dès le début, après tout, un homme ayant été violent se retrouvant confronté à une femme s’occupant des histoires de femmes battues, ne pouvait pas m’apprécier, c’était une question de logique. J’osais malgré tout, du coup, espérer qu’elle avait reconnu la partie brillante de mon âme, la partie pure. Malgré mon passé et mon immense connerie, je n’étais pas quelqu’un de foncièrement méchant, pour ne pas dire que j’étais une personne trop gentille, en fait. « Vous voulez boire quelque chose ? Vous savez, si c’est trop dur pour vous, je reprendrais le téléphone, je n’aime pas trop non plus ce que l’on vous inflige…sachez-le… » Me demanda-t-elle alors doucement et gentiment. Je ne savais plus parler, ma gorge me faisait mal et tout mon corps semblait paralyser. Qu’est-ce qui m’arrivait ? Peut-être que les remords se montraient plus cruels et sadiques qu’à leur habitude. Peut-être qu’ils avaient besoin de se montrer, de prouver à cette jeune femme que je n’étais pas cet homme cruel et violent avec ses copines. Le regard de la jeune femme se porta sur le téléphone et celui-ci se mit à sonner. Elle décrocha, accueillant la personne appelant de façon agréable. « Sos femmes battues, Ana à votre écoute. » Elle redressa alors son regard vers moi, me tendant un casque, après l’avoir branché à son téléphone. Je le pris et l’amena à mes oreilles. Des sanglots, des larmes, je voyais cette jeune femme pleurer toutes les larmes de son corps. Sentant la terreur qui s’emparait d’elle, je ne pouvais plus supporter cela une minute de plus. Une larme le long de ma joue, je me levai et parti, laissant le casque pendre dans le vide, toujours branché au téléphone. Assis devant cette machine à café, je n’osais pas y retourner, j’étais effrayé. Je me sentais sale, honteux, cruel. Je ne me sentais plus humain. Profondément touché par l’appel, je commençais à réaliser ce qu’avaient été mes gestes, les conséquences qu’ils avaient eu… Me sentant de plus en plus, je commençais à me sentir mal et un café aurait été le meilleur de remèdes. Sans plus attendre, j’en commandai deux à la machine avant de retourner au bureau de la jeune femme. « Euh… j… j’suis vraiment désolé. C’était violent l’appel… j’suis vraiment désolé pour votre passé. J’imagine que vous devez avoir envie d’me cramer dans un immeuble rempli d’hommes violents. » dis-je alors avant de plonger mes yeux bordés de larmes elles-mêmes bourrées de honte et de regrets, dans ses propres yeux.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Mer 19 Sep - 17:24

J’étais loin d’être prête et c’était bel et bien le cas de le dire ! Je n’étais absolument pas prête à m’occuper de quelqu’un dans mon travail. Qui plus est, un homme qui avait déjà battu une femme. C’était comme me faire souffrir à moi, comme si l’on me demandait de retourner dans le passé pour vivre encore cet enfer dont j’avais du mal à m’occuper. C’était comme si l’on me demandait de m’occuper de Brad qui m’avait frappé pendant tant d’années. C’était un peu le même genre. Oui, que ça soit lui ou un autre, ça revenait au même, le passé refaisait surface, comme si j’avais besoin de ça en ce moment. Même à un autre moment, je ne voulais plus que mon passé refasse surface, j’en bavais assez depuis pour que tout me hante à nouveau. De plus le fait de lui infliger les appels téléphoniques n’était surement pas une bonne chose. Et j’en eu bien la confirmation une fois que le premier appel se fit. La panique l’envahit et je pus le voir de seconde en seconde se décomposer puis partir presque en courant de la salle. Je n’allais bien évidemment pas le rattraper, j’étais au téléphone et je n’allais pas abandonner cette femme. Alors je fis comme si de rien était, comme tous les autres jours, je la rassurais, je tentais de mon mieux de la calmais et de lui faire comprendre qu’elle devait porter plainte. Elle le devait pour son bien-être. Mais je ressentais bien qu’elle ne voulait pas, elle avait peur et je pouvais comprendre, moi aussi j’avais eu peur lorsqu’il était question de cela. La preuve c’était ma cousine qui l’avait fait à ma place. Je ne pouvais pas la forcer et encore moins par téléphone. Soupirant quelque peu, je la rassurais un peu plus de mon mieux avant qu’elle ne doive raccrocher car il rentrait à la maison. La pauvre, elle allait surement se faire frapper encore et encore. Raccrochant à mon tour, je ne bougeais pas. Je ne voulais pas aller le chercher, ce n’était pas mon job, il reviendrait non ? Posant un coude sur la table, je fixais le téléphone comme dans l’attente d’un second appel. « Euh… j… j’suis vraiment désolé. C’était violent l’appel… j’suis vraiment désolé pour votre passé. J’imagine que vous devez avoir envie d’me cramer dans un immeuble rempli d’hommes violents. » Fronçant les sourcils, je le détaillais longuement avant de soupirer quelque peu. Je n’étais pas non plus sadique à ce point. Je ne voulais pas cramer les hommes violents comme il venait de le dire. Même si je devais tout de même avouer, j’avais déjà eu envie de tuer mon ex et pas qu’une fois. Mais ça s’était différent, c’était lui qui m’avait frappé, et même si j’en voulais à tous ceux qui avaient pu lever la main sur une femme, je n’avais pas forcément envie de les tuer. Je n’étais pas comme eux, et je ne voulais pas le devenir. Je n’étais pas en droit de faire quoi que ce soit. Tapotant lentement le bureau de mes doigts, je baissais le regard pour soupirer quelque peu. Je n’aimais pas voir les gens de la sorte, encore moins quand on pouvait voir leurs larmes dans les yeux, prête à tomber, signe de peur, de tristesse, signe de faiblesse. J’avais envie de lui dire, qu’il n’avait pas le droit de pleurer, c’était trop tard pour cette fille qu’il avait frappé, mais le faire ne ferait que le rendre encore plus triste et ça je m’en rendais bien compte. Je n’étais pas en droit de le lui dire. Je ne voulais surtout pas qu’il me tape une crise aussi. « J’ai pas envie de vous cramer, loin de là, hum. Asseyez-vous, et essayez de contrôler vos humeurs… Dans la vie, faut faire face à pas mal de soucis ! Ça ne sert à rien de fuir, le mal est fait et vous ne pourrez jamais retourner en arrière. » soufflai-je doucement avant de me caler au fond de mon fauteuil. Le regardant tenir les deux cafés dans sa main, j’en pris un l’air de rien avant de rire faiblement. Essayer de ne pas penser à ce qu’il a fait, et faire comme s’il s’agissait d’une personne normale, oui. « Asseyez-vous, avant de devenir une statue… Et merci pour le café, fallait pas… » soufflai-je doucement en tenant le gobelet dans mes mains, sentant la chaleur se répandre le long de mes bras. Regardant les autres travailler, les téléphones ne sonnant pas de trop aujourd’hui, je fermais quelque peu les yeux en penchant ma tête en arrière pour réfléchir. Le prochain appel il fera surement le même coup, il ne supportera pas d’entendre une femme pleurer et de raconter son histoire, ses soucis actuels. Portant le gobelet à mes lèvres, j’en bus une faible gorgée avant de le poser sur mon bureau. « Le prochain appel, vous pouvez le prendre entièrement ? Ou vous ne vous en sentez pas capable ? »
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Sam 22 Sep - 23:47

C’était dur, beaucoup trop dur. Je n’arrivais pas à comprendre ce qui m’était passé par la tête ce jour-là. Pourquoi cet excès de violence ? Pourquoi cette crise de démence ? Je ne comprenais pas comment cela avait-il pu se passer. Étant totalement contre toute sorte de violence, qu’elle soit morale ou physique, je n’avais toujours pas trouvé ce qui avait provoqué toute cette rage en moi. Il est vrai que beaucoup de choses m’avaient rendu irritable au possible lorsque j’étais en couple avec cette femme, soit, mais elle n’en demeurait pas moins adorable, gentille et douce. De plus, pour la première fois de ma vie, hormis le jour où j’ai sauvé mon frère des griffes de cette mère satanique, je m’étais senti vivant. Il n’avait pas été question de relations sexuelles entre elle et moi, c’était purement sentimental. Je ne prenais le sexe comme une évidence. Bien évidemment, il fallait que ça arrive à un certain moment de la relation, mais je ne l’attendais pas avec impatience, je voulais attendre. Sur ce point, elle et moi étions vraiment semblables. Il est évident que d’autres choses nous rapprochaient l’un et l’autre, mais d’autres nous éloignaient. Le simple fait qu’elle gagnait plus d’argent que moi, ayant un travail normal entre guillemets, me rendait foutrement mal à l’aise. J’avais l’impression de me faire entretenir et je ne supportais pas cette sensation. J’avais toujours su me débrouiller seul, j’avais même réussi à construire quelque chose pour mon frère et moi, à partir de rien, juste de la bonne volonté. Je ne donnais pas à mon frère tout ce dont il avait besoin mais j’estimais lui donner le plus important, l’amour. Oui, j’aurais adoré avoir un grand frère comme je l’étais, consacrant sa vie entière à son frère cadet, étant prêt à tout pour lui rendre la vie plus belle. Je crois que si tout avait dérapé, c’était aussi en partit à cause de mon frère. Pendant que j’étais avec elle, mon frère et moi étions foutrement proches et je le protégeais énormément, voire le surprotégeais et elle en était devenu jalouse. Je crois que c’est d’ailleurs cela qui m’avait mis en colère, m’avait rendu violent. Bien sûr que je m’en veux maintenant, bien sûr que je regrette, surtout quand je vois la relation que mon frère et moi entretenons désormais. Parfois je me dis que je me suis trop battu pour lui et que j’ai perdu cette fille que j’aimais à cause de lui, alors que j’aurais peut-être dû penser à moi au lieu de réfléchir à lui avant.

« Euh… j… j’suis vraiment désolé. C’était violent l’appel… j’suis vraiment désolé pour votre passé. J’imagine que vous devez avoir envie d’me cramer dans un immeuble rempli d’hommes violents. » Je n’avais pas contrôlé mes émotions. Entre cette jeune femme témoigner sa peine au téléphone m’avait détruit. J’avais imaginé mon ancienne copine en faire de même au téléphone. J’avais très vite compris, grâce aux quelques mots que j’avais entendus, la souffrance à travers laquelle ces jeunes femmes passent. Je n’avais pas pu encaisser ces aveux qu’elle faisait, j’étais beaucoup trop attristé par son chagrin qui traversait les fils téléphoniques et qui venaient directement en moi. J’avais beaucoup trop honte. C’était ça, clairement, je me sentais foutrement trop honteux des actes que j’avais osés faire. J’avais été un véritable idiot, j’avais fait n’importe pas. J’étais allé me calmer, m’isolant dans un couloir où une machine à café se trouvait. Mon addiction au café m’avait poussé à en acheter deux. J’avais imaginé que celle qui devait s’occuper de moi aujourd’hui apprécierait une boisson chaude. J’étais retourné vers le bureau de la jeune femme, après quelques minutes d’attente. « J’ai pas envie de vous cramer, loin de là, hum. Asseyez-vous, et essayez de contrôler vos humeurs… Dans la vie, faut faire face à pas mal de soucis ! Ça ne sert à rien de fuir, le mal est fait et vous ne pourrez jamais retourner en arrière. » dit-elle calmement avant de s’installer dans le fond de son siège, s’appuyant contre son dossier avant de me prendre un café des mains, ayant compris qu’il y en avait un pour elle. Je souris avant d’entourer le gobelet brûlant de mes mains afin de me réchauffer. « Asseyez-vous, avant de devenir une statue… Et merci pour le café, fallait pas… » Je buvais mon café bien chaud alors que je venais de m’asseoir sur ma chaise. Je regardais la jeune femme qui semblait vraiment mal à l’aise. Je me sentais aussi mal qu’elle, voire pire peut-être. Elle pencha sa tête et ferma les yeux. Je ne disais rien, j’attendais. « Le prochain appel, vous pouvez le prendre entièrement ? Ou vous ne vous en sentez pas capable ? » m’avait-elle alors demandé. Je me sentais honteux d’avoir fui. Je n’étais pas à plaindre, du moins, je n’étais pas le plus à plaindre, à côté de ces jeunes femmes qui vivent un enfer et qui se font taper dès que leur tyran rentre à la maison. « Je pense que cet appel m’a fait réfléchir. Il faut que je prenne conscience, je ne pourrai pas revenir en arrière. Je dois juste apprendre à me pardonner, du moins, si c’est possible. En tout cas oui, je veux prendre ce prochain appel. Ce sera sûrement dur et plein d’émotion mais j’y arriverai, j’ai été plus fort que ça. » dis-je alors, pris d’un excès de confiance en moi et d’une envie soudaine d’aller mieux.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Dim 7 Oct - 21:04

« Je pense que cet appel m’a fait réfléchir. Il faut que je prenne conscience, je ne pourrai pas revenir en arrière. Je dois juste apprendre à me pardonner, du moins, si c’est possible. En tout cas oui, je veux prendre ce prochain appel. Ce sera sûrement dur et plein d’émotion mais j’y arriverai, j’ai été plus fort que ça. » Ils disent tous la même chose dans le fond. Ce mec était comme mon ex, c’était même sur et certains. Il parait que quand on culpabilise, on se fait envahir par des émotions incontrôlable et qu’on ressent comme une sorte de peine, de pitié et dieu sait quoi. Peut-être que c’était le cas de cet homme ? Peut-être qu’il voulait se faire pardonner, et je pouvais aisément le comprendre. Pourtant, si j’étais à la place de la dite femme qu’il avait battu je ne pourrais guerre le pardonner. Après tout je n’avais pas pardonné à mon ex, alors dans tous les cas, qu’importe la situation ça serait pareille. Je pense. Bizarrement, je me surprenais à être un tantinet réfléchit, moi qui d’habitude parlait et faisait tout sans réfléchir. J’étais de nature spontanée je n’avais jamais pris le temps de réflexion. C’était mieux ainsi, franchise était mon ami… Posant un coude sur la table, je me mis à me tenir la tête de ma main en regardant dans le vide. J’étais perdu, loin dans mes pensées, j’avais qu’une envie c’était de changer de vie, de pouvoir oublier ma vie et de m’en créer une autre, comme dans les films. Etait-ce possible ? J’en doutais malheureusement. Pourtant lui, il était là assis à mes côtés plein d’espoir et prêt à changer de vie, a aller de l’avant, si vite, si tôt, alors que moi depuis des années je me cherche et je tente comme je le peux d’avancer et de pouvoir avoir une vie normale. Quand on voit mon passé, de jeune fille frivole et aguicheuse, on peut dire que je suis l’opposé aujourd’hui. Moi et ma peur des hommes… Elle m’agrippe elle m’enlace, elle me colle et me murmure de ne plus m’approcher des hommes et pourtant je rêve que d’une chose. Leur faire confiance. Un faible sourire se logea sur mes lèvres tandis que je baissais ma tête comme pour échapper à sa vue. Laissant mes cheveux me tomber sur les joues, je pris mon café dans ma main pour me redresser et en boire une longue gorgée. « Tu sais… Je me permets… » soufflai-je pour le tutoiement. « Tu as de la chance de pouvoir avoir cette envie-là. Je veux dire, moi je ne rêve que d’une chose, vivre une vie normale, pouvoir croiser le regard d’un homme et lui sourire, pouvoir avoir ce regard innocent et remplit de joie de vivre, j’aimerai pouvoir oublier la douleur des coups que j’ai reçu, j’aimerai carrément changé de vie, mais c’est impossible, j’aimerai oublié mais je n’y arrive pas. Alors je te souhaite du courage et de la chance pour pouvoir aller de l’avant. Je pense que dans les deux cas, battre ou se faire battre on est mal dans notre peau… » ajoutai-je doucement avant de pencher ma tête en arrière. Fixant le plafond, un long râle s’échappa de ma bouche avant de que je ne me morde la langue. C’était bien la première fois que je faisais preuve de réflexion dans mes paroles et que je ne m’emballais pas ou envoyais valser un homme, surtout un qui avait battu une femme. Le téléphone se mettant à sonner, je me redressais pour prendre l’appel en lui tendant son casque un sourire aux lèvres. « Sos femme battues, nous vous passons un conseillé dans quelques instants. » Appuyant sur un bouton pour qu’elle ait de la musique, je tournais le regard vers Ashleigh. « Je te laisse gérer… »
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Mar 23 Oct - 14:01

« Je pense que cet appel m’a fait réfléchir. Il faut que je prenne conscience, je ne pourrai pas revenir en arrière. Je dois juste apprendre à me pardonner, du moins, si c’est possible. En tout cas oui, je veux prendre ce prochain appel. Ce sera sûrement dur et plein d’émotion mais j’y arriverai, j’ai été plus fort que ça. » Si j’étais sincère ? Bien sûr que je l’étais. Tout ce que je voulais, c’était oublier, passer à autre chose et me sentir un peu plus vivant que je ne me sentais. À cause de cette histoire, je me sentais mal, j’avais la gorge nouée à longueur de journée. Je me sentais affreusement mal et je culpabilisais. Je culpabilisais tellement que j’en loupais ma vie. Je perdais tout. Je n’avais plus goût à rien. Dessiner, je n’y arrivais plus, sortir, je n’en avais pas envie, parler ? Encore moins. La vie n’était plus qu’un calvaire que je devais combattre. J’étais dans une épreuve constante de survie. Je me battais contre moi-même, et je m’efforçais, par-dessus tout, de ne pas me laisser couler. Je refusais de me laisser aller. Alors j’avais remercié le tribunal de m’avoir emmené ici pour que je réalise l’horreur de mes actes et les conséquences qu’ils ont sur les femmes. Je l’avais remercié parce que ça aurait l’effet désiré. J’avais été beaucoup trop humilié par ce procès qui ne m’avait pas emmené bien loin au niveau matériel. Je n’avais pas eu d’amende, je n’avais pas d’argent. En contrepartie, j’avais eu l’ordre de venir ici, de passer une ou deux journée ici afin de réaliser à quel point j’avais littéralement péter les plombs. Je commençais à comprendre quel débile j’avais été. Je commençais ? Non, ça, je l’avais déjà compris dès qu’elle était partie et que je m’étais retrouvé seul chez moi, la tête vidée de toute pensée positive, avec pour seul envie de mourir. J’avais voulu m’excuser auprès d’elle mais je n’avais pas trouvé les mots. J’avais eu envie de la voir, je voulais être sûr qu’elle s’était rétablie, qu’elle se sentait bien et qu’elle continuait à mener sa vie. Je priais chaque jour pour qu’elle n’ait pas été déformée ou quoi que ce soit. Jamais je n’aurais pensé devenir comme ça. Jamais. Cette journée était une thérapie que j’acceptais avec un immense plaisir. « Tu sais… Je me permets… dit-elle, avant de reprendre, tu as de la chance de pouvoir avoir cette envie-là. Je veux dire, moi je ne rêve que d’une chose, vivre une vie normale, pouvoir croiser le regard d’un homme et lui sourire, pouvoir avoir ce regard innocent et remplit de joie de vivre, j’aimerai pouvoir oublier la douleur des coups que j’ai reçu, j’aimerai carrément changer de vie, mais c’est impossible, j’aimerai oublier mais je n’y arrive pas. Alors je te souhaite du courage et de la chance pour pouvoir aller de l’avant. Je pense que dans les deux cas, battre ou se faire battre on est mal dans notre peau… » Ajouta-t-elle rapidement, avant de coller son dos au siège et de lever le visage au plafond. Je la regardais. Je me sentais mal, ma tête tournait et me disait des choses que je ne voulais pas entendre. J’étais comme un meurtrier. J’en venais même à regretter de ne pas avoir été puni plus que cela par la justice. Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter cette faveur. Je n’avais certes pas énormément d’argent – pour ne pas dire que j’étais pauvre à crever – mais je me sentais coupable. La dédommager aurait été la moindre des choses, j’imagine… Est-ce que l’argent aurait pu guérir ses angoisses et les mauvais souvenirs ? Je ne pense pas… L’argent n’est qu’une chose pourrie qui fait tourner la tête à certaines personnes. J’étais bien content de ne pas être riche à ne pas savoir quoi faire de mon argent. Le téléphone retentit alors, elle décrocha. Je savais que j’allais devoir parler cette fois… Une boule se forma dans mon ventre. Je crois qu’on appelle ça l’appréhension ou le stress. « Sos femme battues, nous vous passons un conseillé dans quelques instants. » dit-elle rapidement avant de mettre cette jeune femme sur attente avant de me dire ces quelques mots. « Je te laisse gérer… » « D’accord… je pris le combiné avant de reprendre, « Ashleigh Coleen à l’appareil, je vous écoute. » Inutile de dire que cet appel ne dit qu’accroître mes remords mais une fois le combiné reposé, j’avais les yeux pleins de larmes. Certaines étaient sur mes joues et coulaient jusqu’à s’effondrer violemment sur le bureau. Je souris. J’étais fier d’y être arrivé. « Ana ? dis-je alors, relevant mon regard pour le porter vers le sien.
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Dim 28 Oct - 15:16

Avoir un homme à mes côtés pour bosser c’était loin d’être le paradis, je devais bien l’avouer. Mais avec les minutes qui défilaient je m’habituais un peu plus à sa présence, je ne pouvais pas le nier tout de même. A tel point que j’avais même décidé de lui laisser le prochain appel. C’était peut-être un peu trop tôt mais j’avais un petit peu confiance en lui. Il avait l’air plus malade que dangereux. Même si sa maladie le conduisait à frapper. Prenait-il des cachets ? Surement. Je n’avais pas envie de m’aventurer dans son histoire pour le moment. Une fois que le téléphone se mit à sonner, je lui fis comprendre que c’était à lui de jouer. Il n’avait pas le choix. « D’accord… » Je le laissais alors gérer la conversation avec la fille à l’autre bout du combiné. « Ashleigh Coleen à l’appareil, je vous écoute. » J’écoutais à peine leur conversation, il fallait bien que je lui fasse confiance, puis de toute façon, si jamais il faisait capoter quelque chose je m’en rendrais compte, suffisait de voir comment il avait réagi lors de la première fois qu’il avait écouté une conversation. Il avait l’air perdu, totalement ailleurs, il avait l’air de fortement regretté ce qu’il avait pu faire à cette femme, la femme qu’il avait battu. Je ne voulais même pas savoir combien de temps cela avait duré et autre. C’était son problème. Pour ma part j’avais assez souffert avec Brad, et les histoires des filles qui appelaient, pour prendre le temps de savoir son histoire. Egoïsme ? Peut-être bien, mais je ne préférais pas savoir de quoi il était capable en fait. Puisque je devais bosser avec lui. Tranquillement je buvais mon café, histoire de faire passer le temps, tout en regardant les autres bosser. Les appels étaient bien trop nombreux à mon gout. Nous desservions plusieurs villes, encore heureux, car si tous ces appels n’étaient concentré que sur Friendswood, j’aurais beaucoup de souci à me faire sur le nombre d’homme dangereux dans la ville…

C’était tellement puéril et pathétique de voir à quel point nombre d’humain pouvaient sombrer dans le vice ou dans le nant et en venir à faire des choses si sales, si immonde à mon gout. Si désolant, si triste, ça me donnait beaucoup de pitié envers ces gens-là, tout simplement. J’avais une forte envie de clope rien que de penser à tout cela, mais il était interdit de fumer dans les bâtiments, il fallait que j’attende ma pause alors. « Ana ? » Relevant la tête vers Ashleigh je m’aperçus qu’il avait fini la conversation. J’étais carrément à l’ouest, heureusement qu’il n’avait pas eu besoin de mon aide quand même… « Hum, oui ? »[/color] Demandai-je surprise, me demandant ce qu’il allait me demander. Je me rendis compte qu’il était en train de pleurer. Pourquoi ? Car la conversation lui avait fait froid dans le dos ? Je ne savais pas trop, et j’étais on ne peut plus mal à l’aise pour le coup. Pourquoi il se mettait à pleurer ? Je ne savais pas quoi faire là… C’était insensé, il ne devait pas se mettre dans cet état pour si peu. Il en verrait d’autre. Peut-être qu’il réalisait tout le mal qu’il avait pu faire en frappant son amie. Il n’avait pas besoin de parler avec elle pour le savoir, mais de voir comment une femme se sentait lorsqu’on l’a frappé. Attrapant un paquet de mouchoir dans le tiroir de mon bureau, j’en sortis un du paquet pour le lui donner. Il devait sécher ses larmes et pourquoi, pas se mucher, après tout pleurer ça faisait couler le nez. Fallait pas qu’il se mette dans des états pas possible j’allais craquer moi. Je n’aimais pas voir les gens pleurer. Je pleurais assez pour supporter la vue des autres à chialer… J’étais surement horrible de penser de la sorte, mais c’était une sorte de protection envers moi-même… « Sèche tes larmes, et mouche toi un coup aussi… » C’était plus un ordre qu’un conseil, même si le ton de ma voix était douce. J’avais surement ça dans la peau. Depuis mon épisode avec Brad, il était hors de question que je me laisse marcher sur les pieds. Même si j’avais du mal avec les hommes…
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MessageSujet: Re: you can't judging me for what I done because you don't know me, neither my story. Lun 12 Nov - 0:48

Travailler ici en tant que prisonnier, en quelque sorte, c’était une chose avec laquelle je n’étais pas vraiment à l’aise. Je devais faire bonne figure, essayer de combattre mes émotions pour ne pas qu’elles me dépassent et m’achèvent, tout en montrant que j’avais compris la leçon pour ne pas faire interner ou je ne sais quoi. Malheureusement, j’avais échoué à presque toutes les étapes. Mes remords m’avaient détruit, massacré. Je me sentais inhumain, je n’étais plus vraiment un homme, j’avais l’impression de n’être qu’un vulgaire objet. L’objet de mes angoisses, de mes inquiétudes, des choses que je regrettais. Je ne vivais plus ma vie, mais ma vie me vivait. C’était plutôt étrange, je ne me sentais plus moi-même, j’étais à part et je détestais me sentir aussi peu moi-même, au final. Malheureusement, c’était une épreuve à travers laquelle je devais passer pour pouvoir me sentir mieux dans ma peau et dans ma tête. Je savais que j’aurais énormément de mal à passer au-dessus de cela, mais je ne pourrais pas y arriver tant qu’on ne m’aurait pas dit que j’étais un homme bien et que ce n’était pas de ma faute. Le fait est qu’il est impossible que l’on me dise ceci parce que oui, c’est de ma faute, et je ne peux pas me voiler la face, je ne peux pas mentir, ni aux autres personnes, ni à moi-même, c’est impossible, je suis celui qui a levé la main sur celle qu’il aimait, ce n’est pas l’inverse, c’est donc ma faute et je dois endosser ce rôle d’homme fou de qui les gens, plus particulièrement les femmes, auront peur… Ce qui me fait peur à moi-même. Ce n’est pas du tout l’image que je voudrais qu’on ait de moi, mais qu’importe maintenant, je ne pourrai plus rien y faire. « Ashleigh Coleen à l’appareil, je vous écoute. » avais-je alors dit, lorsque le téléphone se mit à sonner et que je dû répondre. J’étais plutôt paniqué à l’idée de passer ce coup de téléphone, du moins, de devoir écouter cette femme me raconter ce que son homme lui avait fait. C’était horrible et je me sentais de plus en plus mal, mais je n’y pouvais rien, je devais l’écouter et la conseiller, lui dire ce qu’elle devait faire.

Au final, je me rendais compte qu’il n’y avait pas que moi sur cette Terre, mais qu’il y avait des centaines… que dis-je ? Des milliers d’hommes qui battaient leur femme, des millions même, mais au final, combien le regrettait et combien ne prenaient pas de plaisir en les frappant ? Moi, ça ne m’était arrivé qu’une seule fois, une seule fois de trop. Je plongeais alors mon regard dans le sien, mon regard humide et attristé. Le coup de fil était terminé. « Ana ? » Avais-je alors dit, relevant ma tête pour amener mes yeux dans les siens. Elle semblait plutôt occupée et n’avait pas réalisé que mon coup de téléphone s’était terminé. Il faut dire qu’il avait duré pas mal de temps et qu’elle avait sûrement eu le temps de s’évader dans ses pensées. « Hum, oui ? » M’avait-elle alors répondu, amenant elle aussi son regard vers le mien. Je vis la surprise dans son regard lorsqu’elle vit mes larmes. « Sèche tes larmes, et mouche toi un coup aussi… » Me dit-elle alors que mes larmes glissaient le long de mes joues. Je ne devais pas me laisser aller, ce n’était pas moi cet homme. En fait si, c’était tout à fait moi. Je n’arrivais pas à intérioriser ce que ressentais pour ne pas montrer ma frustration. Ce que je ressentais à ce moment précis ? De la tristesse, mais surtout, surtout énormément de honte et de culpabilité. J’avais peut-être brisé une vie. Peut-être que mon ex petite-amie n’a plus confiance du tout en la race masculine. Peut-être qu’elle n’aura plus jamais de vie de couple, ou bien peut-être qu’elle est écœurée de la vie. J’aimerais beaucoup avoir de ses nouvelles mais j’imagine que c’est impossible. Puis une idée me vient en tête. Tu as raison, il faut que j’intériorise tout ça, mais j’y arrive pas. Avoir de ses nouvelles m’aiderait… Tu crois que tu pourrais avoir ça dans vos dossiers ? C’est plausible, non ? » demandai-je alors, espérant comme un enfant que c’était la solution que je cherchais et qui marcherait. J’en doutais, mais pourquoi pas, j’y croyais.
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