“I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.”
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 “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.”

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MessageSujet: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Sam 2 Juin - 14:09



Abandonner, baisser les bras. Ça avait été tellement plus facile que de me battre. Je n’avais jamais été le genre de garçon à foncer tête baissée droit dans le mur. Bien que les mots ne sortaient pas par milliers de ma bouche, je réfléchissais beaucoup, peut-être trop certes. Cela m’a sûrement porté préjudice quelques fois mais ça m’a plus aidé qu’autre chose, la plupart du temps. En effet, trop réfléchir peut parfois ne pas être bénéfique. Des fois, rarement certes, il faut simplement foncer et ne pas réfléchir. J’avais préféré baser ma vie sur de la réflexion, être sûr de mes choix afin de ne rien regretter. Je savais que des gens préféraient ne pas se poser de question et faire ce que bon leur semble, quand ils le veulent, où ils veulent. J’aurais pu aussi, mais je ne regrettais aucun de mes choix, pour l’instant.

Quand j’étais parti de chez ma mère, du moins, celle qui avait collaboré avec un inconnu à ma naissance, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait. Jamais je n’avais imaginé que ce choix allait être le plus important de ma vie. Voir que je devais payer un loyer, travailler pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent, et quelque chose de bon et qui correspond à mon régime végétarien, en plus de cela. En plus de cela, je devais m’occuper de mon petit frère. Bref, c’était devenu un véritable enfer, mon quotidien était un enfer. Un bel enfer malgré tout. J’étais fier d’avoir sorti mon frère de cette situation dans laquelle un enfant n’avait pas le droit de se développer. Je n’aurais jamais dû grandir dans une famille comme celle-là, sans présence paternelle, avec une mère qui n’en fait qu’à sa tête, qui ne va vendre son corps aux yeux des hommes uniquement pour se payer sa dose de drogue. Personne ne devait avoir à vivre cela. Alors ma foi, partir et ne jamais plus revenir. J’aurais pu partir seul, j’aurais sûrement une vie légèrement plus aisée, même si je ne roulerai jamais sur l’or avec mes peintures, mais je ne pouvais pas être égoïste comme cela. Mon frère était ma seule et unique famille, je l’aimais vraiment.

Bien que j’aime mon frère, j’avais du mal à aimer d’autres personnes. Je n’avais pas confiance en l’espèce humaine. Je trouvais les gens bien trop sûrs d’eux, bien trop confiants quant à leur vie. Je pense que je suis né dans la mauvaise époque. Ce qui m’attirait, c’étaient les gens gentils, souriants, les artistes de rues, les films en noir et blanc et toutes ces choses qui datent des années soixante-dix. Malheureusement, j’étais tombé dans un monde où l’électronique avait tout emporté sur son passage comme un tsunami emporte la vie de milliers d’humains. Tout le monde se contentait de subir l’évolution, je voyais les Hommes (comprenant les femmes) totalement dépendants de leur machine. Que ce soient les ordinateurs, les téléphones et tous ces réseaux sociaux qui en fait ne faisaient que détruire la vie sociale, ces personnes ne savaient plus vivre, ils étaient comme des drogués, voire pire. Je n’avais pas forcément assez d’argent pour me payer un téléphone et un forfait, mais je n’en voulais pas. Si quelqu’un voulait me voir, alors il viendrait me voir pendant que je peins à mon endroit habituel ou dans un café ou chez moi. Je ne voulais pas devenir complètement abruti par une machine. Je trouvais que c’était tout bonnement honteux, c’était comme donner du crédit aux robots qui étaient déjà sur le point de prendre notre place.

C’est donc comme toujours en méditant fortement que je me réveillais, ce matin. La météo était clémente, le soleil bien présent à travers mes volets. J’étais pressé de laisser les rayons prendre place sur ma peau. J’avais besoin, envie, de sortir, marcher, réfléchir à tout et à rien, besoin de peindre. Comme tous les jours, j’allais me rendre dans un parc ou quelque part pour peindre quelque toile. J’aimais la nature et elle semblait m’apprécier aussi. Les personnages qu’elle me livrait en tête étaient toujours drôles, dégageaient une certaine émotion captivante. La peinture était devenu un véritable plaisir lorsque j’avais découvert les bienfaits qu’elle me provoquait quand je n’étais encore qu’au collège. Mon professeur m’a toujours encouragé dans cette voie. Cela avait le don de me calmer, de me rendre complètement vide. Je ne pensais plus, je crois même qu’il est possible pour moi de dire la peinture m’enlève hors de mon corps. C’est plutôt bizarre, d’ailleurs. Lorsque j’ai fini un tableau, je reviens soudainement à moi, et je ne me souviens pas du pourquoi, ni du comment j’ai peint ce qui est le résultat final. Toujours est-il que le soleil était vraiment chaud aujourd’hui et les rayons pénétraient ma peau pour ainsi lui enlever cette pâleur qui ne tarderait pas à revenir, ayant laissé placer à un léger teint halé quelques jours. Je marchais sur les sentiers qui ornaient la grande étendue d’herbe, où les enfants trouvaient le temps de s’ébrouer, jouer, rire, tout ça sous l’œil attentif et aimant de leurs parents. J’étais jaloux de ces enfants qui avaient deux parents qui donneraient leur âme au diable pour eux, s’il le fallait. Je souris alors, m’attardant sur ces âmes pures, avant de m’asseoir sur un banc et de sortir une toile. Les peindre allait être ma principale occupation aujourd’hui. Je ne voyais plus les gens passer, j’étais concentré dans ma toile, je relevais la tête de temps en temps pour dessiner les visages de façon précise. Je voulais vraiment le réussir.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Mer 6 Juin - 18:34

Ash & Zéph
« DUCON !!! Ducon c’est l’heure de te réveiller. Ouvre tes yeux l’abrutis. T’es attenduuuuu. J’suis sûr que t’es … »

D’un revers, j’envoyai mon téléphone voler à travers la pièce. Et je regrettais aussitôt ce geste. Catastrophé, je me levai en hâte, avec l’intention de lui porter les premiers secours. Mais apparemment, c’était moi qui allais avoir besoin de premiers secours. Debout, je me pris les pieds dans mon drap et m’écroulai sur le dos. Fort heureusement, c’était côté pile et non pas face. De l’autre côté, je me serais fais bien plus mal, c’était évident. Malgré tout, je gémis de douleur et restais ainsi un long moment. Finalement, je me redressai avec peine, en lâchant un nouveau gémissement de douleur et tendis le bras pour récupérer mon téléphone. Les trois parties de mon téléphone, pour être plus précis. Côté écran, coque arrière et batterie. Je les emboitai à nouveau et rallumai mon téléphone, ravi de constater que tout allait bien. Il n’était pas encore mort ! Quant à la sonnerie de mon réveil, je compris bien vite pourquoi elle était si idiote. Je pouvais remercier Ryan pour ça. Il suffisait que mon téléphone reste cinq petites minutes en sa présence, pour qu’il en ressorte changé. Pauvre petit téléphone ! Rapidement, je changeai toutes les sonneries, qui avaient été changées par les soins de ce cher Ryan. Adieux la chanson interprétée par ses soins, aux douces paroles. « Y’a la bombasse qui t’appelle, décroche vite » pour Nymphéà, « S’tu m’réponds pas dans les plus brefs délais, j’viens t’faire la tête au carrée » pour lui-même. Et tant d’autres encore ! Je soupirai doucement et un peu plus à chaque découverte que je faisais dans mon téléphone. Il s’était même prit en photo avec diverses grimaces, toutes plus stupides les unes que les autres. J’aurais sans doute mieux fait de ne pas trop boire à cette foutue soirée. Je n’aurais pas oublié mon téléphone ainsi. Au lieu de ça, je lui avais donné le champ libre sur celui-ci, pour y faire toutes les conneries rêvées. J’allais devoir trouver une solution pour me venger, comme il se devait !

Ce fut sur ces bonnes pensées, que je trouvai le courage de me lever. Le dos encore endolori par la chute de mon lit, je m’étendis pour faire craquer mes vertèbres, avant de laisser échapper un long gémissement de bien être. Enfin, j’abandonnai ma chambre pour me rendre dans la salle de bains, porte voisine. Une bonne douche chaude et revitalisante, était nécessaire, pour achever de me réveiller. Serviette autour de la taille, je retournai ensuite dans ma chambre, pour trouver des vêtements que j’enfilai sans attendre. Pantalon blanc près du corps et débardeur large et ouvert sur les côtés, avec écrit « I ♥ Paris ». Super original, oui. C’était tout moi ça. Ce n’était pas pour rien si je travaillais dans la mode après tout. J’avais tendance à adorer porter des vêtements que personne d’autre ne se voyait enfiler, pour quelle que raison que ce soit. Trop colorés, trop moulants, trop sombres, avec une coupe trop surprenante etc. Bref, un tas de raisons pour lesquelles il n’y avait que moi qui pouvais porter de tels vêtements. Et puis ça m’allait bien quand même, il fallait le reconnaître et dire ce qu’il en était véritablement ! Mais là n’était pas la question. Il était temps de se bouger. Début d’après-midi, il était tard pour un réveil. Mais rien de bien choquant si l’on considérait le fait que nous étions en week-end. Le temps de prendre un grand petit-déjeuner, j’eus le temps de songer que je n’étais pas d’humeur à voir qui que ce soit. C’était un jour sans, apparemment. Le genre de journées où il était préférable que je reste en retrait et loin de tout le monde, pour ne pas montrer la détresse dont j’étais souvent victime. Constamment en réalité. Sauf que je ne le montrais généralement pas, préférant garder tout ça pour moi. Je ne supportais pas l’idée que certaines personnes puissent me prendre en pitié. Je n’étais pas du genre à avoir besoin d’autant d’attentions et de je-ne-savais-trop-quoi, pour pouvoir vivre. Au contraire. Etre considéré comme une personne tout à fait normale –ce que j’étais !- m’allait parfaitement et même plus que ça encore.

Je ne méritais pas que l’on ait pitié de moi et que l’on change de comportement avec moi, par rapport à ce que j’avais pu vivre dans le passé et vivais encore malheureusement. Mais c’était ainsi. La vite était faite de hauts et de bas et actuellement, elle connaissait de véritables bas. Très bas. Je finis par me décider à me bouger. Si je restais chez moi, je risquais de sombrer. Et pour ça, soit j’allais simplement chialer, soit j’allais vouloir me saouler la gueule seul, soit j’allais me coucher et dormir pour le reste du week-end. Ce qui finirait par alerter les personnes qui me connaissaient assez, pour savoir que ce n’était pas dans mes habitudes. Autant dire que c’était justement là, ce que je ne voulais surtout pas ! Ainsi, je rangeai mon petit déjeuner puis quittai mon appartement, à grands pas. Histoire de ne pas être accosté par qui que ce soit. Une fois à bord de ma voiture, je démarrai et filai sur la route, sans savoir où je pouvais bien aller. Et puis ce fut finalement en passant devant un parc de la ville, que je décidais de m’arrêter. Choix étrange, si l’on considérait le fait que c’était l’endroit favori de toutes les familles des environs, qui adoraient se rendre là avec leurs mioches. Mais pas tant surprenant que cela dans le fond. Ma famille adoptive me manquait fortement et le fait de la voir se disloquer peu à peu, avait le don de me détruire de l’intérieure. Je soupirai doucement et abandonnai ma voiture dans le parking, avant d’entrer dans le parc sans trop prendre le temps de réfléchir. J’aurais tout le temps de regretter ma présence ici plus tard, si tant est que ça devait arriver. Après avoir parcourut plusieurs mètres dans le parc, je finis par apercevoir une personne que je commençais à connaître que trop bien. L’un de mes amis. Sans un mot, je finis par le rejoindre. Mais bien conscient qu’il n’apprécierait sans doute pas que je le dérange en pleine concentration, je m’installai tranquillement sur le banc, à distance respectable. Moi-même, je ne supportais pas d’être dérangé quand je travaillais. Alors je gardais la bouche close et ramenai mes pieds sur le banc, cuisses contre le torse et enroulai mes bras autour de mes jambes ainsi pliées. Ashleigh était l’une des très rares personnes, de qui je n’avais pas besoin de me cacher, concernant mes baisses de moral, violentes.




Mon déguisement pour Halloween ? Celui que je suis vraiment.


Dernière édition par S. Zéphyr O'Maley le Mer 20 Juin - 15:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Jeu 7 Juin - 11:57

On dit souvent que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. C’était peut-être vrai, je n’ai pas la prétention pour dire que ce fut vrai dans mon cas, ça ne l’est toujours pas, soit dit en passant. Malgré toutes les choses à travers lesquelles je suis passé, je ne peux pas dire que j’en suis ressorti plus fort, c’est même tout le contraire. Je n’en suis sorti que clairement plus affaibli. Quand bien même j’ai appris des choses, quand bien même j’ai su grandir et m’affirmer à cause – ou grâce ? – à mon histoire, la vie m’aurait paru beaucoup plus belle et mon cœur aurait paru plus jeune si j’étais né dans une famille aisée. Bien que l’argent ne m’attire pas vraiment, je dois bien avouer qu’il facilite clairement les choses, qu’il rend la vie plus simple, plus belle. Il ne fait pas le bonheur, c’est indéniable mais il y contribue beaucoup. Une vie de sacrifice n’est pas vraiment l’image que je garderai de mon passage sur Terre lorsqu’il sera temps pour moi d’être enfermé dans une boîte jusqu’à mon entière décomposition. Je garderai de belles images. Certaines plus sombres que d’autres, mais toutes aussi agréables. Bien que j’adorerais oublier le passage de ma vie chez ma mère, il m’est impossible de le faire alors il faut apprendre à vivre avec les choses qui nous rendent comme nous sommes aujourd’hui. Je dois bien avouer que si je suis aussi peu proche de l’argent maintenant, c’est parce que je n’en ai jamais vraiment eu. Je n’en veux pas. Je vois les gens proches de leur argent, je vois la façon qu’ils ont de montrer leur richesse, les marques de leurs vêtements, le prix de leur montre ou de leur paire de boucles d’oreille. Ces gens me font mal au cœur. Ils n’ont que leur richesse qui attire leurs amis. Dans les milieux aisés, il n’y a pas vraiment d’amitié, de sincérité. Ce que je recherche par-dessus tout, c’est une personne en laquelle je peux avoir confiance. Je ne veux pas avoir des amis sur lesquels il m’est impossible de compter. L’idée m’était insupportable. La main sur le cœur, je pensais souvent à tout ce que j’avais déjà traversé malgré mon âge. Il est vrai que les gens de mon âge n’ont pas tous vécu des choses comme celles que j’ai vécues. La pauvreté, l’absence d’un père, des études inachevées et un travail dans la rue. Toutes ces choses additionnées avec le manque d’argent, le manque d’amour, une mère strip-teaseuse. Beaucoup auraient sûrement amené la mort contre leur tempe et auraient appuyé sur la détente. Moi j’avais décidé de réussir, malgré tous les handicaps accumulés. J’avais décidé que j’y arriverais.

Mon passé restait une chose sensible sur laquelle je n’aimais pas m’étaler. J’avais pensé à ouvrir les portes de mon esprit, à dire tout ce dont je manquais soit l’amour de deux parents, l’attention qu’ils auraient du me porter et d’autres choses encore. Malheureusement, je n’arrivais pas à libérer ma langue, à laisser les choses sortir d’elles-mêmes. Il m’était impossible de me confier, c’était la dure réalité. Je n’arrivais pas à aller à l’encontre de mon cerveau qui refusait de se livrer. J’allais donc passer plusieurs années encore, à subir la mal-être, à puer la tristesse et les échecs. En effet, je voyais ma vie comme un véritable échec, un immense et gros raté. Malgré tout, j’avais quelques amis sur lesquels je pouvais compter. Ils n’étaient pas nombreux mais je n’en voulais pas des dizaines, les compter sur les doigts d’une main me paraissait être une bonne chose. Très rares étaient ceux qui connaissaient tout mon passé. Je ne sais même pas si certains le savent. J’ai déjà sous-entendu des choses, glissé des petites confessions dans les discussions, cependant, je n’ai jamais voulu épiloguer sur le sujet. C’était encore trop fragile. Ce n’était pas une simple fêlure, c’est une véritable douleur, j’avais l’impression d’être à vif, de ne plus avoir de peau, nulle part. D’être ouvert, de partout, seule la chaire serait visible. C’était une image insupportable, l’image du malheur. Bien que j’aime mon frère, j’en voulais à ma mère de l’avoir mis au monde. Elle ne voulait pas vraiment d’un enfant, elle n’en avait jamais vraiment voulu, nous n’étions que deux magnifiques accidents pour elle. Mon frère était le plus beau cadeau qu’elle m’ait, il était, à vrai dire, le seul cadeau qu’elle m’ait fait. Même si j’avais conscience que le fait de partir sans parents, mon frère serait plus épanoui lorsque nous ne vivrions que tous les deux. Il avait effectivement déjà dit qu’il préférait la vie avec moi. Le fait est qu’il allait avoir des soucis à se rendre intéressant pour que notre mère le remarque et entende parler de lui. Nous n’avions pas emménagé dans une ville différente de celle où nous avions grandi, je ne voulais pas qu’il soit trop perturbé. Le simple fait de ne pas avoir de père, d’avoir une mère inexistante ne l’ayant pas vu et étant en plus strip-teaseuse était déjà trop pour un jeune adulte comme lui.

Notre petite vie à tous les deux sans parents, durait déjà depuis quatorze années. Le temps passait foutrement vite, trop vite, depuis que nous n’étions plus que lui et moi. Je n’étais pas là pour jouer le rôle qu’un père et une mère doivent prendre en main, je ne voulais pas m’amuser à lui interdire de sortir, d’avoir des amis, de les ramener à la maison et tout cela, mais depuis quelques temps, il n’en faisait qu’à sa tête et faisait tout pour m’énerver. Il jouait le rebelle et semblait essayer de m’envoyer un message, je n’arrivais juste pas à savoir ce que j’avais fait. Je l’avais sorti de la misère, je lui avais offert ce qu’il n’aurait jamais eu avec elle, de l’amour, de la nourriture saine, un foyer digne de ce nom, une vraie chambre à lui seul mais il me ramenait plus bas que Terre. Je ne comprenais vraiment pas ce qu’il reprochait. Peut-être le fait de l’avoir arraché à sa mère trop tôt. J’avais pensé faire la meilleure chose en l’enlevant avec moi. La preuve est immense, elle n’avait même pas cherché après nous. Les premiers jours, j’avais pensé à la visite des flics chez nous mais il n’en fut rien, ils n’étaient pas venus, elle ne les avait pas appelés, elle n’avait pas bougé le petit doigt pour nous retrouver. J’avais bien fait et ne m’en voulait pas du tout ce l’avoir enlevé de chez nous. Il le méritait amplement. Je ne voulais pas être trop envahissant et l’atmosphère qui s’installait chez nous ces derniers temps m’était impossible à supporter. Je peignais de plus en plus et ajoutais des notes dramatiques voire très sombres à mes tableaux, ce que je ne faisais jamais. En effet, mes tableaux n’étaient pas toujours l’idéale représentation de l’art concret, ils s’approchaient clairement plus de l’art abstrait. Cependant, ces temps-ci, je me perdrais à peindre des choses concrètes et effrayantes, sombres. Il fallait que tout rentre dans l’ordre, que je reprenne en main mes tableaux. Après tout, ils étaient mon seul revenu mensuel, même si je calculais plus à la journée qu’au mois. Ce parc où les enfants et familles entières et heureuses se rassemblaient tous, semblait être la bonne aubaine pour moi. Peindre sous ce beau soleil allait être une véritable partir de régalade. N’étant pas ami avec beaucoup de monde, je ne risquais, en plus, pas de voir quelqu’un que je ne connais, je serai donc tranquille. J’avais commencé à peindre alors que quelqu’un s’asseya à côté de moi. J’étais assez pudique quant à mon travail, j’aimais que mes tableaux ne soient vus qu’une fois terminés. Au début, mes peintures n’étaient pas forcément jolies et pouvaient ne pas faire envie. Malgré tout, je ne dis rien et dirigea mes yeux discrètement vers le visage de cette personne afin d’y voir Zéphyr. Mon plus proche ami masculin. Ne décrochant pas les yeux de ma toile, tout en naviguant rapidement sur les visages que j’avais décidé de représenter en action, j’engagea le dialogue avec mon ami. « Toi, dans un parc ? Tu vas bien ? » dis-je avant de rire de façon enfantine et taquine.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Ven 22 Juin - 16:43

Ash & Zéph
Ce n’était pas une dépression. Ce n’était pas non plus un nouveau coup dur, qui venait s’ajouter à la liste déjà longue. C’était simplement des pensées sombres, qui remontaient à la surface et que j’avais peine à chasser de mon esprit. Parce que j’étais seul et que dans ces cas là, je me laissais sombrer lentement mais sûrement, dans une déprime de laquelle il était difficile de se sortir. Dans ces moments là, je ne voulais voir personne. Parce que personne n’était au courant de cette face cachée de ma personne et que je tenais à ce qu’il en demeure ainsi. Non pas que j’étais heureux à cacher cette part importante de moi. Mais je ne supportais pas d’inspirer la pitié à qui que ce soit. Alors je demeurais de la sorte tout simplement. Heureux, joyeux, souriant et totalement fou, devant toute personne qui était proche de moi ou pas du tout, même. C’était un costume avec masque, que j’enfilais sans trop de difficulté. Sans doute parce que j’avais pris le coup depuis le temps. Dans tous les cas de figure, j’étais habitué à être de la sorte. Ca ne me demandait donc plus le moindre effort. C’était devenu faussement naturel. Et c’était bien pour cela d’ailleurs, que personne ne se rendait compte de rien. Pour mon plus grand soulagement. Bon acteur ou simplement habitué à me comporter de la sorte, dans les deux cas j’y parvenais haut la main. Et c’était bien la seule chose qui comptait. Savoir faire semblant était tout un art et il semblerait que je le maitrisais à la perfection. J’osais croire que j’étais capable de faire durer cela, de la sorte, sans que qui que ce soit ne puisse s’en rendre compte. Bien sûr, il y avait quelques personnes tout de même –fort rares, insistons bien sur ce point-, qui connaissaient la vérité sur ma vie et qui savaient donc qu’elle était loin d’être toute rose. Pour autant, ces mêmes personnes ignoraient que je ne le vivais pas si bien que ça et que je jouais la comédie quand je souriais, riais et faisais le con à tout bout de champ. Ainsi, même ceux qui étaient au courant de toute la vérité sur moi et mon passé, n’avaient pas la fâcheuse tendance à me prendre en pitié, puisqu’ils ne savaient pas que j’avais sans doute besoin de soutiens pourtant, dans le fond. C’était là ce qui était le plus étrange, dans cette situation. Le fait que j’aurais bien besoin d’un soutien et de quelqu’un pour m’écouter. Mais je fuyais les personnes susceptibles d’avoir un tel rôle dans ma vie, comme la peste. J’étais un paradoxe à moi tout seul. Je ne parvenais pas moi-même, à comprendre la complexité de mon esprit et de mes envies et besoins. Quelqu’un d’autre serait-il capable de me décrypter ? J’en doutais.

S’il avait fallut faire une liste de toutes les choses qui faisaient que, dans ma tête, ça n’allait pas fort, ça m’aurait pris la journée. Pour ne pas dire plus encore. Cela allait de ma naissance à aujourd’hui. Et en dehors de Nymphéà, la meilleure chose qui m’était arrivée, c’était mon adoption. Pour bien des gens, c’était là une étape qui avait plus –selon eux- gâché leur vie qu’autre chose. Mais si l’on considérait le fait que j’avais eus une mère biologique violente, qui avait été à deux doigts de me tuer à mainte et mainte reprises, on ne pouvait que penser que c’était un bon point, que je me sois fais adopter. Pour moi, l’adoption avait donc été une très bonne chose. Je le pensais, le disais et le répétais encore et encore, car je le pensais sincèrement. Mais tous les problèmes maintenant, résidaient dans la maladie, qui était en train de m’ôter celle que je considérais comme étant ma vraie mère. Cette maladie qui, du coup, faisait voler ma famille en mille éclats. Une famille qui avait pourtant été toujours très soudée, dans les bons moments comme dans les mauvais. Une famille modèle, au grand cœur. Il suffisait de voir que leurs quatre enfants avaient été adoptés malgré de gros soucis chez chacun d’eux, pour le comprendre d’ailleurs. A commencer par l’ainé, qui était né de parents alcooliques et drogués. Le suivant était trisomique et donc, souvent impossible à gérer. Moi, j’étais arrivé dans cette famille après avoir subit sept longues années de violence et était arrivé dans un état lamentable. Mon corps était marqué, quelques os à réparer, une brûlure mal guérit sur une cuisse et j’étais même sur le point de perdre la vu, à cause de certains faits de ma mère et son manque d’intérêt flagrant, pour ma santé. Ma petite sœur quant à elle, avait été abandonné le jour même de sa naissance, par une mère qui se foutait royalement de cet enfant. Bref, il ne fallait pas avoir fait des études supérieures, pour comprendre que mes parents avaient la bonté, la gentillesse et la générosité en eux. Comment le nier ? C’était impossible, à moins d’en arriver à mentir sans la moindre gêne, bien entendu. Le tout, en sachant qu’ils n’avaient jamais été extrêmement riches non plus. Bien entendu, ils avaient de l’argent. Suffisamment pour qu’à notre départ du domicile familiale, nous ayons largement de quoi subvenir à nos besoins, en cas de coup dur de la vie. Et durant tout le temps que nous avions vécut chez eux, nous n’avions jamais eus de quoi nous plaindre de notre vie, bien entendu. On avait connu le pur bonheur avec eux. Et c’était d’autant plus difficile et douloureux, maintenant que nous avions perdu tout cela. Passer de tout à rien du jour au lendemain, avait de quoi faire un très gros choc.

Et c’était avec toutes ces pensées douloureuses en tête, que je me levais ce jour là. Dans cet état psychologique lamentable, je ne désirais pas voir qui que ce soit. Mais dans un même temps, j’étais conscient du fait que rester seul chez moi, n’était pas du tout une bonne idée. Je n’allais que plus encore, déprimer. Et ça n’avait rien d’intéressant comme programme, de toute façon. Alors je pris le temps de me préparer, avant de quitter mon appartement. Je traversai l’immeuble, tête rentrée dans les épaules, tant je n’avais pas l’envie d’être vu ainsi, par qui que ce soit. Et une fois dans ma voiture, je ne pris pas plus le temps de réfléchir à quoi que ce soit. Je préférai quitter de suite le parking et filer rapidement sur la route, en direction d’un parc quelconque, où je pourrais me poser bien tranquillement. Ce n’était pas dans mes habitudes, que de fréquenter de tels lieux. Mais quand le moral était aussi bas, c’était le mieux à faire dans le fond. Ainsi, je ne prenais pas le risque d’être ennuyé par qui que ce soit, que je connaissais. Du moins, je l’espérais. Et quand, en arrivant dans le parc, je reconnus l’un de mes amis, je songeai qu’il était l’un des rares, que je pouvais aller voir en étant dans l’état dans lequel j’étais, sans trop de souci. Je n’avais pas honte de ne pas aller bien devant lui. Sans doute parce que lui-même semblait avoir son lot de soucis et de malheurs. Il savait donc parfaitement ce que je vivais. Même si nous ne traversions pas les mêmes problèmes, bien entendu. Ce fut donc sans la moindre hésitation, que je le rejoignis et m’installai à ses côtés, sur le banc. Toutefois, je n’engageai guère la conversation. Il était perdu dans la contemplation de ce qui nous entourait et tentait de retranscrire ces scènes là, sur son tableau. Et je savais combien la tranquillité et le silence, étaient de mises, dans une telle situation. « Toi, dans un parc ? Tu vas bien ? » Un sourire léger de ma part, accueillit ces questions. Je comprenais parfaitement sa surprise, bien entendu. Mes jambes qui, jusqu’alors, étaient repliées devant moi et entourés de mes bras, se retrouvèrent bientôt sur le banc lui-même, alors que je m’asseyais en tailleur. Mains croisés sur mes jambes, je posai un vague regard sur mon ami. « Comme quoi, tout arrive … » Répondis-je sur un ton vaguement amusé, avant de hausser les épaules. « Il n’y a pas de raison pour que ça n’aille pas. Non ? C’est vrai … Il fait beau … Le soleil brille, les oiseaux chantent et tout le tralala. Et les gens sont heureux. C’est bien, ça ! » Je soupirai doucement et haussai les épaules. J’abandonnais les faux semblants.



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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Sam 30 Juin - 1:28

Ce n’était pas parce que j’allais mal que je devais me laisser aller. Je n’avais pas le droit. Je n’étais pas seul dans cette vie, je n’étais pas seul et me laisser couler au fond de l’océan serait baisser les bras, montrer le mauvais exemple à mon petit frère, en somme, tout ce que je ne voulais pas. Il était vraiment trop important pour moi, malgré tout ce qu’il me faisait comme merde en ce moment. Je ne voulais pas être le mauvais exemple, j’imagine que ma mère, enfin, notre – mauvaise – mère avait bien endossé ce rôle-là, tellement bien que je ne pouvais pas faire pire qu’elle, malgré tout ce que je pouvais penser de mes choix. Ces derniers-temps, j’avais l’impression de déconner, de faire n’importe quoi, mais rien de bien, en tout cas. Je ne savais pas ce qu’il fallait faire quand on vit avec un adolescent qui n’a pas connu son père et qui n’a pas de mère. Je ne savais pas ce qu’il fallait faire et il me le montrait bien. Il ne me disait pas que je m’en sortais bien, et j’en souffrais. J’avais tout fait pour qu’il ait tout ce dont un garçon de son âge a besoin, mais je devais faire mal. Durant toute mon enfance, j’avais dû lutter contre des choses abominables, tellement de choses que j’avais pris la décision d’emmener mon frère. J’avais bien vu qu’il était malheureux. Je le sentais, et cette mère indigne ne méritait pas d’avoir un enfant tel que lui. Il était réellement tout ce que j’avais de plus cher et je n’aurais jamais voulu le perdre, en aucun cas. Son père l’avait abandonné, tout comme le mien m’avait abandonné. On avait ça en commun, même si j’aurais préféré qu’il n’ait pas cette chose en commun avec moi. Aujourd’hui, malgré son âge plus avancé que lorsque je l’avais enlevé du domicile de notre mère, il agissait comme un enfant. Il me faisait voir son mécontentement, du moins, c’est comme cela que je traduisais sa méchanceté gratuite et ses conneries à répétition. Je savais que nous étions proches, si proches que ça en devenait souvent conflictuel mais c’était arrivé à un tel point que je ne pouvais plus le supporter. Mon cœur n’était pas fait pour supporter de tels coups. Ces coups que ma mère m’avait mis, ces coups qui avaient fait de mon cœur une machine incapable d’aimer, incapable de recevoir de nouveaux coups. J’avais reçu la charge maximale, possible de recevoir, ce n’était plus possible de me blesser sans m’amener vers de cruelles conséquences. C’est pour ça que j’avais frappé cette ancienne copine, c’est pour cela que je m’étais montré violent. Pourquoi ? Je n’en ai pas la moindre idée, à vrai dire. Je ne sais même pas pourquoi j’avais levé la main sur elle, peut-être était-ce le fait de voir qu’elle se montrait trop directive avec moi, ou encore le simple fait que j’avais besoin de prendre ma revanche sur les femmes. À vrai dire, ma mère avait le don de me dégoûter des humains du sexe opposé, alors oui, j’avais besoin de revanche, j’avais besoin de me sentir plus fort, indestructible. Cependant, je n’avais pas pu m’empêcher de pleurer, une fois les coups mis, je n’avais pas pu. Je m’étais écœuré, comme jamais… Je m’en voulais et j’avais envie de changer. Je m’étais rendu compte que c’était me ramener au niveau minable de ma mère que de détester toutes les femmes. Elle était la seule et unique responsable.

Dans ma tête, il y avait énormément de choses qui se battaient, tellement de choses qui prenaient forme et qui ne voulaient pas s’en aller, me laissant avec un énorme tourbillon d’idées qui broyaient mon esprit. Je me sentais impuissant face à toutes ces choses que je créais moi-même, en réfléchissant trop à ma vie, à mon passé et mon futur. Le présent ? Je n’y pensais pas, voire jamais. Je constatais les progrès que j’avais faits par rapport au passé et j’étais effrayé quant à mon futur, mais aussi par rapport au futur de mon petit frère. J’étais inquiet pour lui, mais là n’était qu’un de mes nombreux soucis. Parmi toutes ces questions, il y en avait certaines qui retenaient particulièrement mon attention. En effet, je me demandais sans cesse, à chacun de mes gestes, pourquoi je faisais cela. Pourquoi étais-je aussi malchanceux, pourquoi avais-je élu domicile au sein de cette famille qui ne voulait pas de moi, à vrai dire. Je me demandais pourquoi je n’avais pas le droit à une vie heureuse, pleine d’amour, avec un travail tout à fait normal et non artistique. Pourquoi est-ce que je n’étais pas issu d’une riche famille, me conduisant tout droit à une vie sans soucis, ou alors minimes. Je ne comprenais pas pourquoi j’avais été puni et mis dans la difficulté alors que je n’étais que dans le ventre de ma mère. Toutes ces difficultés avaient eu le don de forger mon caractère, de me rendre plus fort et dur que les autres enfants. Cependant, j’avais malgré tout des faiblesses et je pense en avoir plus que les autres, étant donné que j’ai plus de plaies non pansées. Je ne savais pas vraiment si je devais me sentir plus fort du fait de toutes ces épreuves à travers lesquelles j’étais passé. Bizarrement, je retenais plus facilement les malheurs provoqués par ma mère plutôt que ma maladie qui m’habitait depuis des années durant. Je ne voyais pas la maladie comme un risque. À vrai dire, je croyais plutôt à toutes les histoires qui disaient que tant que notre heure n’était pas arrivée, nous ne partirions pas de cette Terre. Je voulais croire que même la maladie ne pouvait pas me mettre dis pieds sous terre. Si ma mère ne le pouvait pas, la maladie ne le pouvait pas non plus.

J’avais trouvé, dans ce monde de brut où les gens ne pensent qu’à eux et leur argent, une passion. Une seule et unique chose qui me faisait me sentir bien, me sentir apaisé et prêt à attaquer de nouvelles batailles. J’étudiais les comportements des gens, je regardais leurs regards qui se portaient sur des choses sans intérêt. Je ne comprenais pas comment il était possible d’ignorer telle ou telle chose. Il y avait bien des choses que je ne comprenais pas, mais à vrai dire, deux choses m’importaient, juste deux choses. Il y avait mon frère, bien évidemment, je pense l’avoir assez dit, enfin je crois ? Et il y a la peinture. Cet art qui peut paraître compliqué et inutile mais qui s’avère guérisseur pour moi. Je suis calme, si calme que j’en oublie tous les soucis qui m’entourent au quotidien. Dans ce parc, je me sentais comme dans mon élément, comme un poisson dans l’eau. Je savais que cet instant serait de courte durée, il serait vraiment trop court et que la réalité reprendrait vite fait le dessus. Ma foi, je profitais de ce petit moment de bonheur. Quand bien même mon plus proche ami était arrivé, je restais concentré sur mon tableau. J’étais étonné de le voir ici, lui styliste, dans un parc paumé. « Comme quoi, tout arrive … » me répondit-il, l’air vachement amusé. Je ne décrochais pas mon regard de ma peinture, toujours absorbé par les mouvements de cette famille que je peignais. En général, la présence de personne à mes côtés ne me dérangeaient pas, mais je ne connaissais jamais les personnes pour lesquelles je peignais, ni même celles qui me regardaient faire dans la rue. Ma foi, là je connaissais bien Zéphyr et je n’étais pas habitué à peindre devant lui. Je savais cependant qu’il serait le dernier à me juger, qu’il n’était pas de ce genre et c’est bien pour cela qu’il était mon ami, d’ailleurs. « Il n’y a pas de raison pour que ça n’aille pas. Non ? C’est vrai … Il fait beau … Le soleil brille, les oiseaux chantent et tout le tralala. Et les gens sont heureux. C’est bien, ça ! » Je souris. Bien évidemment, je ne cru pas un mot de ce qu’il venait de dire. Je m’arrêtai de peindre, j’avais pris ce qu’il m’avait dit comme une demande d’aide, comme s’il voulait me parler, se livrer. Moi aussi, à vrai dire, j’avais besoin de vider mon sac, cela aurait pu être d’un grand secours, pour lui, comme pour moi. « Je sens tellement de mensonges dans c’que tu me dis, dis-je alors avant de me reculer contre le dossier du banc, amenant mon regard vers le sien, puis repris, écoute, tu peux me parler, tu sais que tu peux avoir confiance en moi. Tu le sais, hein ? Enfin, moi aussi j’aimerais parler, mais bon, si j’te disais que j’ai fui de chez moi à 18 ans, que j’ai enlevé mon petit frère, que mon père m’a abandonné, que j’ai battu mon ancienne copine, que ma mère m’a jamais aimé et que j’t’avouais tout ce qui se passe dans ma vie, j’risquerais de pleurer comme un gosse alors j’vais rien dire. » dis-je alors, espérant obtenir des confessions de Zéphyr, qui pourraient le libérer un peu.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Mar 3 Juil - 1:49

Ash & Zéph
Apprendre à vivre au jour le jour avec une vie et/ou un passé difficile, ce n’était pas chose aisée. Il y avait ces pensées obsédantes, ces souvenirs omni présents, qui semblaient vouloir me ronger de l’intérieur. C’était douloureux et destructeur. Pourtant il fallait faire face. Parce que je n’étais pas seul dans la tourmente. Nous étions deux. Et ne serait-ce que pour Veronika, je me devais de supporter ce fardeau et le porter sur mes deux épaules, de façon sûre et solide. Je me devais de ne jamais flancher, de ne pas craquer et de continuer d’avancer. Certain choisissaient la solution de facilité, en se laissant sombrer dans une dépression toujours plus vorace et profonde. Moi, je voulais faire tout le contraire. Et pour ça, quoi de mieux que de jouer un rôle ? Celui du gars super bien dans sa peau et sans problème aucun. C’était un rôle que je jouais, oui. Mais ce n’était pas que cela. Du temps où j’avais été heureux avec toute ma famille adoptive au grand complet, j’avais été cet homme que je prétendais maintenant être. J’avais été souriant, joviale, ultra sociable et j’en passe. Si maintenant j’étais obligé de me rappeler intérieurement à l’ordre, pour ne pas oublier d’enfiler le sourie et le rire de circonstance, c’était uniquement parce que ma vie avait à nouveau prit un sale tournant. Perdre tout ce qui était cher à nos yeux, était une chose de laquelle il était vraiment difficile de se relever. Pour ne pas dire impossible. Jusqu’à quand la vie allait-elle continuer à me tourmenter ainsi ? C’était une question à laquelle j’aurais aimé avoir une réponse. Mais je ne voulais pas tomber assez bas, pour avoir recourt à une quelconque soit disant voyante. Ces choses là m’avaient toujours parut hautement stupides et évidemment fausses. Raison pour laquelle je n’étais jamais arrivé à une telle extrémité. Pas même quand la roue avait commencé à tourner, une nouvelle fois, en ma défaveur. Même si j’étais toujours de bonne humeur et à faire le con, ça ne voulait pas dire que j’étais un naïf. Loin de là même. Les pieds sur terre contrairement à ce que j’aimais à laisser paraître, je savais faire la part des choses entre la réalité et les rêves. Même s’il fallait reconnaître que je savais aussi vivre la tête dans les nuages. C’était sans doute le côté artiste qui ressortait dans ces cas là. Parce qu’il fallait reconnaître que les artistes étaient des personnes qui étaient bel et bien dans leur monde et non pas totalement sur la terre ferme. C’était en tout cas mon point de vue. Nous aimions avoir notre propre vision des choses, des gens et du monde tout simplement. C’était ainsi et il n’y avait pas de réelle raison à ça dans le fond. C’était ça avoir un esprit artistique.

Au final, j’avais plutôt trois personnalités différentes, plutôt que deux. L’une était dépressive, quand je me laissais aller à la déprime qui menaçait toujours de me submerger. Plus ou moins subitement et plus ou moins fortement. Cette part là de ma petite personne, n’était connue que de bien peu de monde. On aurait pu penser que j’étais ultra sélectif et que je jugeais peu de gens, dignes de savoir toute la vérité sur moi. Mais ce n’était pas tout à fait la raison qui m’animait dans cette direction là. C’était plutôt le fait qu’une des personnes était, elle aussi, toucher par cette tragédie, puisque ce n’était autre que ma sœur. Et la seconde personne passait tant de temps avec moi, qu’il était logique qu’elle soit au courant de tout, ou presque. En plus d’être mon frère de cœur, il était aussi mon confident. Le seul sans doute, dans le fond. Je me serais bien confié à Nymphéà aussi. Parce que j’étais dingue de cette fille et parce que j’avais assez confiance en elle, pour pouvoir lui faire toutes sortes de confidences à mon sujet et au sujet de ma vie. Mais j’avais peur qu’elle soit du genre à me prendre en pitié et à changer de comportement avec moi, vis-à-vis de vie passée et actuelle. L’idée qu’elle puisse penser que j’étais faible et avais besoin d’un soutien moral plutôt que de toute autre chose, ne me plaisait pas vraiment. Je voulais qu’elle continue de s’imaginer que j’étais simplement un gars simpliste qui riait pour un oui ou pour un non et qui était capable de se réjouir des choses les plus simples et idiotes de la vie. C’était déjà un peu le cas dans le fond, d’ailleurs. C'est-à-dire que je prenais toujours autant de plaisir à contempler un couché ou un levé de soleil, entre autres. Des choses tout à fait simples que bien peu de gens prenaient la peine de contempler. Chose que je ne comprenais pas vraiment d’ailleurs. Mais chacun était comme il était. Et mes parents m’avaient apprit à accepter chaque personne de ce monde, telle qu’elle était. D’ailleurs, ils m’avaient apprit beaucoup de choses bien. Le fait qu’ils avaient eux même toujours été des personnes bien, y était pour beaucoup bien entendu. Peu de gens pouvaient se vanter d’avoir autant de valeurs, de bonté et de générosité, que ceux que je considérais comme étant mes vrais parents. Mes vrais et uniques parents, devrais-je même dire. Tout simplement parce que je n’en n’avais pas d’autre, selon moi. Il suffisait de voir d’où je venais pour comprendre pourquoi je ne désirais pas considérer mes géniteurs, comme étant mes parents. De façon proche ou lointaine d’ailleurs.

En même temps, je ne doutais pas que personne n’aurait pu considérer ma mère biologique, comme étant une mère pour qui que ce soit. Femme violente qui avait faillis me tuer, moi qui étais son fils … Non, décidément, ce n’était pas une vraie mère. Elle n’était même pas humaine en fait. Et c’étaient toutes ces choses là, qui faisaient que ma vie était un véritable enfer selon moi. J’avais bien du mal à toujours faire face à tout ça, sans laisser paraître un profond mal être. Et ce jour là, j’avais décidé de me laisser sombrer. Du moins mon humeur ne m’avait pas laissé le choix. Et c’était dans un parc comme tant d’autres, que je me rendis pour passer le temps et tenter de me poser tout simplement. Je n’avais pas vraiment prévu d’y trouver Ashleigh, qui n’était autre qu’un excellent ami. Comme il semblait très occupé et accaparé par sa peinture, je m’installai à ses côtés sans un mot. Je ne voulais en aucun cas le déranger, raison pour laquelle je demeurai silencieux. Ce fut finalement lui qui prit la parole et je lui répondis sans hésiter. Même si mes mensonges eurent bien du mal à passer pour de la pure vérité, tant j’avais du mal à mentir dans ces moments là. Ce n’était même plus priorité pour moi, de faire croire mes mensonges. Et puis en présence d’Ashleigh, je ne jouais pas toujours la comédie. Parce que lui-même en avait traversé des vertes et des pas mûres. Par conséquent, je savais qu’il n’allait pas me prendre en pitié pour un coup de mou ou autre connerie de ce genre. « Je sens tellement de mensonges dans c’que tu me dis » Je plissai le nez et haussai vaguement les épaules. C’était si rare que j’accepte de baisser la garde, que ça me faisait étrange d’être aussi facilement percé à jour. Même si c’était l’évidence même que ça arrive, puisque je n’avais pas fais d’effort pour faire passer mon mensonge. « écoute, tu peux me parler, tu sais que tu peux avoir confiance en moi. Tu le sais, hein ? Enfin, moi aussi j’aimerais parler, mais bon, si j’te disais que j’ai fui de chez moi à 18 ans, que j’ai enlevé mon petit frère, que mon père m’a abandonné, que j’ai battu mon ancienne copine, que ma mère m’a jamais aimé et que j’t’avouais tout ce qui se passe dans ma vie, j’risquerais de pleurer comme un gosse alors j’vais rien dire. » Regard posé sur lui, je l’observai durant un moment sans parler, avant de soupirer doucement et détourner le regard. Je venais d’en apprendre plus sur lui, que je n’en savais déjà depuis tout le temps que nous nous connaissions. De façon tout à fait désinvolte et simpliste, il venait de me faire un résumé de sa vie. « Et si moi je te dis que j’ai été battu jusqu’à mes sept ans par ma mère biologique, que j’ai été adopté par des gens fabuleux qui m’ont offert une vie parfaite mais que ma mère atteinte d’Alzheimer a oublié mon existence, que mon père s’est fait la malle, que l’un de mes frères et dans le coma et l’autre en hôpital psychiatrique … Je risque de pleurer aussi ... » C’était assez facile finalement, de faire des confidences, de cette façon là. Une fois que j’eus retrouvé mon souffle après cette longue tirade, je pris un air penaud et reposai mon regard sur Ashleigh. « A ton tour … Confidence suivante … »



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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Lun 9 Juil - 0:09

Nous étions tous comme des moutons préconçus dans ce monde. J’avais l’impression que le monde était fait pour accueillir des tonnes et des tonnes de copies de la même personne, du même style. Je ne voulais pas faire partie de ces copies, je voulais être moi et ne ressembler qu’à moi. Ma mère m’a très vite fait comprendre que j’étais un moins que rien et que je le serais jusqu’à la fin de ma vie. Je souffrais des remarques qu’elle me faisait, étant petit, j’en souffrais d’ailleurs toujours. Cependant, j’avais appris à plus ou moins agrandir la puissance de ma carapace. Je savais, par rapport aux remarques qu’elle avait pu me faire par le passé, qu’il me faudrait des protections beaucoup plus solides que la maigre toile qui me protégeait de ses remarques. Bien trop attristé à chaque fois, j’étais foutrement trop affaibli pour lutter. Cette lutte sans merci dans laquelle elle nous avait emmenés, cette lutte dans laquelle je ne me sentais pas bien, cette lutte que je voulais gagner mais que je perdais et perdrais. Je m’étais engagé dans cette lutte sans merci, cependant, j’avais gagné, bien que je ne pensais pas en être capable. J’avais gagné en lui mettant un couteau dans le dos, je ne l’avais pas battue en face à face. Peut-être que vous me prenez pour un lâche, mais pour ma défense, je dirais plutôt que c’est l’instinct de survie qui m’a sauvé. Sinon ? Sinon je serais encore en train de subir les coups qu’elle pouvait me mettre, les insultes que je recevais à longueur de journée. C’est pour ça que j’ai toujours voulu partir, que je n’ai jamais voulu me développer dans ce milieu que je pensais et savais hostile à ma santé. Les vulgaires batailles dans lesquelles ma mère et moi nous mettions nous achevaient, petit à petit. Nous nous tuions un peu plus chaque jour. Elle s’en fichait, sa vie ne l’intéressait pas, elle était minable et savait à quel point sa vie était minable aussi. Aucun diplôme en poche, un métier vulgaire qui lui enlevait toute la fierté qu’elle aurait pu ressentir d’être une femme, elle ne méritait pas de m’avoir ni même d’avoir mon petit frère. Nous aurions pu former une famille heureuse si elle ne m’avait pas tenu pour responsable de la fuite de celui qui était son mari et donc mon père. Complètement dévasté quant à la situation familiale dans laquelle je devais me développer, j’avais préféré subir la vie, plutôt que de la vivre. Subir, je n’avais fait que ça depuis le début. J’avais senti que j’allais devoir me débrouiller seul, à peine avais-je été mis au monde. Cette Terre n’avait pas voulu de moi, personne n’avait voulu de moi en tant qu’être vivant. Les gens s’étaient tous contentés de m’ignorer ou de me renier. C’était comme cela depuis toujours et certainement pour toujours. Je ne pouvais pas me résigner à obliger les gens à m’aimer, je me fichais d’être aimé, je voulais simplement vivre ma vie, je voulais simplement être moi et vivre pour moi.

Toutes ces plaies non pansées me laissaient perplexe. Je m’étais toujours promis de ne pas me laisser atteindre par ma mère, j’avais toujours juré à mon frère que notre mère ne me tuerait pas avec ces mots. Et pourtant… pourtant je sentais la peine un peu plus chaque jour, alors qu’elle ne faisait même plus partie de ma vie. Je faisais tout pour ne pas montrer au monde extérieur que je souffrais et que je m’affaiblissais chaque jour. Malheureusement, certaines personnes avaient su déceler le mensonge dans mes yeux, ainsi que la tristesse et le mal-être. Rares étaient ces personnes, et c’était beaucoup mieux comme ça. Je ne supportais pas qu’on me prenne entre quatre yeux pour me demander de déballer ma vie, pour me faire comprendre que je fais pitié et que les gens étaient prêts à m’aider. Tout ce dont je n’avais pas besoin. Je ne voulais pas qu’on me prenne pour une cause perdue, je ne voulais pas que les gens me croient dans le besoin et démuni. Pourquoi ? Tout simplement car je n’étais pas dans le besoin. Les seules choses dont j’avais besoin ne m’avaient jamais été données et ne pouvaient m’être données. L’amour maternel était impossible pour moi. Celle qui m’avait conçu ne m’aimait pas et ne me voulait toujours pas. J’imaginais et osais imaginer qu’un jour, elle se rendrait compte de l’erreur qu’elle avait fait et qu’elle regretterait de m’avoir abandonné. En vérité, ce n’étaient que des foutaises, et je le savais parfaitement. Elle ne se rendrait jamais compte du fait qu’elle avait abandonné son enfant, le bébé qu’elle a elle-même mis au monde. Ma foi, ce n’était pas si grave que ça. Après toutes ces années, j’avais su accuser le coup et me faire une raison. Même si la douleur était omniprésente, elle n’en demeurait pas moins invisible. Je faisais mon possible pour éviter la pitié et les remarques des gens qui me mettaient plus bas que terre. Maintes et maintes fois j’avais pensé à la mort… par la mort je veux dire ma propre mort. Malheureusement, il y avait des gens qui comptaient et par conséquent m’empêchaient de me tuer, une bonne fois pour toute, plutôt que de sentir la mort s’emparer de moi un peu plus chaque fois. Des gens ? Mon frère, en fait. Il était le seul pour lequel je laissais mon cœur me brûler et me blesser à chacun de ses battements incessants. Il était la seule personne pour laquelle j’acceptais de souffrir un peu plus que la douleur habituelle. Lui n’avait pas subi toute la violence morale et physique que ma mère m’avait infligée. Lui ne savait pas tout ce qu’elle m’avait fait. J’étais quelque peu jaloux de sa naïveté et de son innocence. Je ne lui avais pas vraiment raconté les pires choses que cette génitrice m’avait faites, je ne voulais pas, bizarrement, qu’il ait une mauvaise image d’elle. Cette femme n’en demeurait pas moins sa mère, malheureusement. Moi je l’avais reniée, je ne voulais pas qu’il la voit. J’étais son tuteur légal désormais, j’avais le droit de l’en empêcher mais était-ce le meilleur des choix ? J’en doutais de plus en plus. Il me le faisait payer, je le sentais lorsque son regard noir se posait sur la tendresse qui reposait dans mes yeux. Je souffrais de cette guerre qui se voyait insistante et désormais continue. Lui semblait plus m’en vouloir à moi qu’à elle. J’étais donc seul, définitivement.

Ces temps-ci, je m’étais un peu renfermé sur moi-même, quitte à ne plus voir personne, j’avais éprouvé le foutu besoin de me couper du monde, pensant vulgairement que j’apportais des embrouilles à tout le monde. Il n’en était rien, à vrai dire. Si les gens avaient des ennuis, ils étaient le résultat d’une erreur faite quelque part. Je ne pouvais pas être la cause première et principale de toutes les erreurs produites dans le monde. Me couper du monde signifiait à vrai dire que je ne parlais plus vraiment, que je ne restais plus chez moi et que je m’isolais, faisant en sorte de ne voir personne qui pourrait me parler, m’apprécier ou même me sourire. Cela voulait aussi dire peindre, faire des dessins, m’isoler dans ce monde féerique qu’il m’est possible de reproduire en période de souffrance intense. Inconcevable pour moi de sortir sans prendre ne serait-ce qu’un carnet de dessin et un crayon de papier, je reste toujours persuadé qu’une scène magnifique et inoubliable me sera donnée, afin d’être retransmise par mes soins, sur papier. J’avais eu cette impression ce jour-là en sortant de chez moi. J’avais senti que ce jour allait être un nouveau départ pour moi, que quelque chose d’important allait se passer. Non pas que la famille que j’étais en train de perdre n’était pas intéressante, loin de là, mais plutôt les aveux que j’avais fait à mon ami qui se trouvait alors à mes côtés. Cette chose importante que j’avais sentie et crue être une œuvre à peintre n’était en fait que la délivrance que je m’offrais, délivrance quant à mes plaies non pansées, quant à mes inquiétudes et à mes regrets. « Écoute, tu peux me parler, tu sais que tu peux avoir confiance en moi. Tu le sais, hein ? Enfin, moi aussi j’aimerais parler, mais bon, si j’te disais que j’ai fui de chez moi à 18 ans, que j’ai enlevé mon petit frère, que mon père m’a abandonné, que j’ai battu mon ancienne copine, que ma mère m’a jamais aimé et que j’t’avouais tout ce qui se passe dans ma vie, j’risquerais de pleurer comme un gosse alors j’vais rien dire. » Avais-je alors dit, ne réfléchissant même pas aux mots qui sortaient de ma bouche. S’ils sortaient, c’est qu’ils n’en pouvaient plus d’être enfermés sans pouvoir laisser éclater leur signification et leur importance. Je ne m’étais jamais autant écouté. Laissant le regard de mon ami se poser sur moi, je sentais qu’il n’y avait pas de jugement en lui, quant à mon passé et à tout ce qui me chagrinait. Bien sûr, je n’étais pas prêt à parler de tout cela avec n’importe qui, je n’en étais pas capable et ne voulais d’ailleurs pas être capable d’une telle chose. J’avais apprécié la sensation du poids en moins lorsque mes mots s’étaient échappés, mais je ne voulais pas que ce soit une chose trop facile. Cela s’était montré bon parce que j’avais renfermé ces choses trop longtemps, parler tous les jours ne m’apporterait aucune sensation égale ou comparable à celle ressentie. Zéphyr resta quelque peu silencieux avant de lui aussi, se lancer dans une profonde inspiration, laissant la voie libre et l’oxygène suffisant pour un grand nombre d’aveux, eux aussi trop longtemps retenus en captivité. « Et si moi je te dis que j’ai été battu jusqu’à mes sept ans par ma mère biologique, que j’ai été adopté par des gens fabuleux qui m’ont offert une vie parfaite mais que ma mère atteinte d’Alzheimer a oublié mon existence, que mon père s’est fait la malle, que l’un de mes frères et dans le coma et l’autre en hôpital psychiatrique… Je risque de pleurer aussi... » Me reculant pour poser mon dos contre le dossier du banc, je gardais le pinceau entre mes mains et arrêta de peindre. Mon ami posa à nouveau son regard cyan sur moi, avant de me demander de retourner aux confessions. « A ton tour… Confidence suivante… » Je souris, ça en devenait presque un jeu, compte tenu de la manière avec laquelle nous échangions nos malheurs. « Si j’ajoutais que mon frère me déteste depuis quelques temps ne ferait qu’accroître la rougeur de mes yeux causée par les évènements que j’aurais pu t’avouer mais que je n’ai pas avoué… » dis-je alors, amenant mon regard vers mon pinceau qui voyageait dans mes mains tremblantes.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Jeu 12 Juil - 11:27

Ash & Zéph
C’était comme d’oublier de respirer. Arrivait forcément un moment où le souffle manquait. Alors on cherchait un peu d’air, on suffoquait, on priait pour être sauvé. Sauf que voilà … On trouvait rarement quelqu’un de capable de nous relever et nous aider à mieux nous retrouver. Alors on continuait à suffoquer, à manquer d’air, à vouloir en mourir … On se mettait à paniquer et le poids sur notre poitrine, n’était que plus fort et lourd encore. Peu à peu on perdait tout espoir de s’en sortir. L’espoir pouvait-il renaître ? Je n’en croyais rien. J’avais perdu tout espoir depuis bien longtemps. Pourtant j’étais toujours là. A bout de souffle, oui. Mais toujours là. Et je voulais croire que je retrouverais une respiration normale, tôt ou tard. Ce n’était qu’une question de temps, avant que le poids posé sur moi, ne s’allège. Pourquoi ne serait-ce pas le cas ? Peut-être parce que rien dans ma vie, non rien, ne voulait s’arranger. Ca allait même de mal en pis. Comment étais-je censé supporter de voir ma mère me regarder d’une façon qui démontrait clairement, qu’elle ignorait qui j’étais ? Quelle personne saine d’esprit, pouvait-elle se vanter de vivre avec ça sur la conscience, sans le moindre mal ? Aucune selon moi. Il était impossible de se sortir d’une telle vie, avec facilité et aisance. Il fallait être vraiment insensible pour parvenir à avancer en regardant toujours droit devant. Perdu dans cette vie qui était la mienne, j’ignorais comment m’y prendre pour aller bien. Alors je faisais semblant. Parce qu’il me semblait que c’était tout ce dont j’étais véritablement capable. Comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. La vie était belle, le temps clément, les gens … Fidèles à eux-mêmes. J’avais un emploi de rêve, un salaire qui frisait l’indécence et j’étais amoureux. Alors pourquoi, POURQUOI, est-ce que j’avais encore des coups de mou, comme c’était le cas ce jour là ? Pourquoi est-ce que le bonheur était donc si lâche, qu’il n’était pas réel pour moi ? Allait-il continuer encore longtemps à me fuir comme il le faisait avec tant d’application ? Je ne voulais plus lui courir après. Je voulais juste … Tout arrêter. M’abandonner à cette déprime qui était mienne depuis trop longtemps. Je voulais arrêter de chercher mon souffle. De combien de minutes avions nous besoin pour mourir d’asphyxie ? Combien de mois, d’années, avant que la vie ne nous tue pour de bon, sous un trop plein de soucis ? Etait-il possible de mourir de chagrin trop longuement refoulé ? Parfois, j’espérais que la réponse soit oui. Ainsi, je serais libéré d’un poids trop lourd à porter, pour moi. Je n’étais pas aussi fort que ce que je voulais bien laisser paraître. Je n’étais pas aussi doué que je le pensais, pour le bonheur. Ou du moins, celui-ci semblait vraiment ne pas vouloir de moi. Alors que faire ? Rien ? Oui, c’était sans doute le mieux. Parce que, de toute façon, je ne pouvais rien faire. C’était aussi simple que ça. J’étais faible contrairement à ce qu’on pouvait penser sur mon compte. J’étais faible et je sombrais chaque jour un peu plus, dans une abime sans fin, alors que mon comportement voulait faire croire tout le contraire.

J’étais un menteur, un hypocrite, doublé d’un lâche. Parce que je n’assumais pas mon malheur et que je n’avais pas le courage d’en parler à quelqu’un qui serait à même de m’aider. Mais m’aider à quoi ? A aller mieux ? A aller de l’avant ? Et si ce n’était juste pas fait pour moi ? Alors quoi ? J’allais continuer à tomber, tomber et encore tomber … ? Oui, c’était en bonne voie pour continuer de la sorte. Et je ne pouvais rien faire contre ça. Alors soit, je me laissais tomber. Je faisais croire que tout allait pour le mieux et je tombais pourtant, jour après jour. La seule chose dont j’avais véritablement envie, c’était de tomber pour de bon. Tomber et ne surtout pas me relever. A quoi mon faire cet effort après tout, quand tous ceux que j’aimais, n’étaient plus ou en pleine lutte vaine, pour leur survie ? J’avais bien Veronika … Mais dans le fond, elle avait sa propre vie et n’avait donc tout simplement pas besoin de moi. Nymphéà ? Je pensais sérieusement qu’elle serait mieux sans moi. Elle avait bien assez de choses à supporter dans sa vie, sans en plus avoir un petit ami toujours sur le bord du côté sombre. Au bord de la maladie mentale, d’une obsession étrange pour le bonheur et j’en passe. Quand j’étais d’excellente humeur, totalement déjanté et tout ce qui s’ensuit, là oui, je voulais croire que j’étais fais pour elle. N’avais-je pas été fais sur mesure pour elle ? Pour être celui qui lui rendrait sa joie et sa bonne humeur ? Je voulais sincèrement le croire, oui. Mais quand revenait l’obscurité, que mon sourire s’éteignait, tout espoir disparaissait avec. Je n’étais pas franchement stable et je me demandais trop souvent, si tout claquer n’était pas la solution. Mais tout claquer pour quoi ? J’avais une vie plutôt pas mal si l’on y regardait d’assez loin. J’avais de quoi être réellement heureux dans le fond. Même si j’avais un lourd passé et que ma famille s’éteignait lentement mais sûrement, à présent. Oui, à part ça, tout roulait ou presque. Alors pourquoi tout abandonner ? Si je venais à partir, il était évident que j’allais m’éteindre, que j’allais disparaître, fondre, disparaître … POUF, plus de Zéphyr. Et si c’était le mieux pour tout le monde ? Non, je ne le pensais pas vraiment. Il était impossible que ce soit ça le mieux. Parce que je savais rendre sa bonne humeur, à n’importe qui sur cette foutue terre. Enfin, j’aimais à le penser. Après, il y avait un pas entre ce que je voulais et ce qui était la réalité. La réalité n’était pas celle dont tout le monde pourrait rêver. Elle était sombre et traitre. Elle était horrible et insupportable. Invivable même. Elle était tout sauf un bonheur … Bref … C’était la vie quoi. Et bon sang, elle me tuait à petit feu. Bon ok, sale jeu de mot. La vie qui tue … Ahah. Bref, non, c’était certain, la vie n’était pas faite pour être toute belle et toute rose de toute façon. Le plus dur avait toujours été de vivre et ça je le savais bien. Chacun se devait de vivre avec les cartes qu’il avait en main et juste … Se taire et accepter. Dans ma main, j’avais eus droit à la carte « mère célibataire violente ». Suivit d’une carte « adoption réussie ». C’était bien beau d’avoir une aussi belle carte. Mais pourquoi avait-il aussi fallut que j’ai droit à « mère adoptive malade », « père lâche », « frère dans le coma », « femme de ma vie dépressive » et tout un tas d’autres cartes de cet acabit ? Eh bien parce que c’était la vie et que la vie n’était qu’un jeu dans lequel les cartes étaient distribuées au hasard. Ni plus ni moins ! A quoi bon vouloir trouver une explication à tout prix ? A part me faire du mal, ça ne me faisait aucun autre effet. Ca ne me réconfortait en rien. Bon sang, bon sang … Stop !

Enfin … Se dire stop mais commencer à faire des confidences à un ami, tout de suite derrière, ce n’était pas très judicieux dans le fond. Peut-être que ça aurait au moins pour effet, de me soulager un tant soit peu. Je n’y croyais pas trop … Mais qui ne tente rien, n’a rien. Alors je me confiais à lui. A cet ami qui semblait avoir tout autant de difficultés que moi à affronter la vie telle qu’elle arrivait et telle qu’elle nous était livrée. Je n’éprouvais même pas le moindre réconfort à constater que la vie n’était pas facile pour bien des gens, que je n’étais pas le seul à en subir les côtés les plus sombres qui soient. Non, ce n’était même pas drôle ni réconfortant. C’était juste … Blasant, dirons nous. Certains optimistes diraient que c’était ce qui faisait là le charme de la vie. Moi je dirais juste que … La vie c’était de la merde. Oui oui, vraiment de la merde. Et ce même si on connaît quelques rares personnes qui ne soient pas totalement dénuées d’intérêt. Ashleigh par exemple, était loin d’être dénué d’intérêt ! C’était même un mec tout à fait charmant, qui gagnait à être connu. Bref, c’était devenu un excellent ami. J’ignorais si ce n’était pas justement la raison pour laquelle j’étais devenu aussi proche de lui. Même s’il me semblait tout à fait instable et au plus bas ou presque. La seule chose dont j’étais tout à fait certain, c’était qu’il avait sombré du côté obscur depuis bien longtemps déjà et que je n’étais pas bien loin d’en être au même point. Alors nous en étions là … Là, dans ce parc, à nous confesser l’un à l’autre, sur le ton de la conversation. Pas une conversation franchement intéressante pour le coup, puisqu’il était question des moments difficiles de nos vies respectives. Ashleigh était intéressant, notez bien. Mais le côté sombre de nos vies n’était pas ce qu’il y avait de plus plaisant, bien entendu. Raison pour laquelle la conversation était si sombre et désagréable. Mais la seule chose que je voulais en ressortir, c’était le fait que déballer son sac, ça faisait vraiment un bien fou. C’était même un terrible euphémisme, pour décrire le plaisir que je ressentais à tout déballer, comme ça, juste … En mentionnant tous les épisodes difficiles de ma vie à la fois trop longue et bien trop courte encore. Une fois que j’en eus terminé avec mes propres confidences, je lui demandai d’en faire de même. Je ne voulais en aucun cas, que l’on s’attarde sur moi. J’en avais déjà bien trop dis sur mon compte, à mon goût. « Si j’ajoutais que mon frère me déteste depuis quelques temps ne ferait qu’accroître la rougeur de mes yeux causée par les évènements que j’aurais pu t’avouer mais que je n’ai pas avoué… » Je soupirai doucement et fronçai faiblement les sourcils en demeurant silencieux durant de longues minutes, le temps de trouver quoi ajouter. « Et je ne dirai jamais à qui que ce soit, surtout pas … Que je suis amoureux d’une fille qui ferait mieux de m’éviter pour son propre bien et sa propre santé mentale. Je ne dirai jamais, non plus, qu’un jour sur deux j’ai juste envie de tout plaquer et disparaître. » Marmonnai-je faiblement, alors que mon regard se perdait vers l’horizon. Je soupirai une nouvelle fois puis laissai tomber ma tête en arrière, pour regarder le ciel clair. « Pourquoi c’est pas plus simple de vivre et d'être heureux ? »



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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Sam 21 Juil - 3:57

C’était un monde plein d’amour qui s’offrait à nous. C’était un monde dans lequel tout était fait pour l’épanouissement de chacun. Oui, certes. Cependant, les quelques personnes qui devaient façonner notre vie, jusqu’à ce qu’on soit prêt à nous assumer seul, oublient parfois de faire quelques petites choses qui nous rendent après bien la donne, nous laissant dans une merde dans nom, nous livrant à cette vie, bourré d’handicap. J’étais donc arrivé dans cette vie, pensant que le monde était beau, les gens bons, et tout étant rose. Il n’en était rien, à vrai tout. Le choc fut monstrueux, dès les débuts. À vrai dire, je n’arrive pas à me souvenir un seul jour où j’ai souri, un jour où je me suis réveillé le sourire pendu aux lèvres, heureux d’être en vie, de m’être réveillé. Du moins si, c’est déjà arrivé… Le jour où mon frère et moi sommes partis de chez cette femme qui était ni plus ni moins qu’une génitrice… Le lendemain matin, on était alors dans la rue, nous n’avions pas d’argent, pas de logement, pas vraiment d’amis non plus, mais nous étions heureux, j’étais heureux. C’était bien. Depuis, beaucoup de complications s’étaient présentées à nous, mais qu’importe, j’étais heureux comme ça, sans parents, sans cette mère qui ne jouait même pas le rôle. Elle ne faisait aucun effort, c’était ça le plus blessant. Il y avait vraiment beaucoup de choses que je ne comprenais pas dans ce monde, énormément de choses, à vrai dire. J’avais longtemps cherché des réponses à mes questions, des années durant mais je m’étais résigné. La vie ne semblait pas coopérative, pas avec moi, en fait. Je n’étais apparemment pas le bienvenu sur cette Terre. Je n’avais rien demandé. Je n’étais pas le fautif. Sous le vent, je me posais d’innombrables questions. Je me demandais ce qu’aurait pu être ma vie si jamais j’étais né dans une famille riche, dans une famille aimante ou dans une famille de classe moyenne. Je m’amusais à réfléchir au caractère que j’aurais dans chacune d’entre elles. Finalement, j’en venais souvent à rêver d’une famille de classe moyenne, aimante plutôt qu’une famille riche bourrée de problèmes et de tabous. Je rêvais d’une vie simple avec des parents. C’était ma seule envie… Envie qui ne serait jamais réelle. J’imaginais. J’imaginais s’il n’y avait pas de paradis ni de bonheur. J’imaginais un monde sans bonheur et je préférais me voir comme la seule âme écorchée vive plutôt que de voir un monde rempli de larmes et de chagrin. Ce n’était pas facile de voir des gens tristes. C’était donc une grande épreuve pour moi, d’entendre mon ami me raconter ses malheurs de façon indirecte. Malgré tout, cela me faisait plaisir de voir qu’il me faisait assez confiance pour se livrer aveuglement à moi. J’étais touché, touché par sa vie, touché par son parcours, touché par sa force, touché par son témoignage d’amitié quant à la confiance qu’il me donnait, touché par ce que moi-même je disais. Je ne me savais pas aussi courageux pour me livrer comme cela. À vrai dire, je n’étais pas courageux, pas du tout. J’avais juste senti mon cœur prendre son envol, mon cerveau se connecter à mon cœur et ils se sont liés contre moi. Ils ont fait ce qui était le mieux pour moi, parler. J’avais besoin, depuis bien trop longtemps, de parler comme je le faisais avec mon ami Zéphyr. Je ne savais pas que ça me ferait autant de bien que ça. Mon esprit et mon âme semblaient soulagés, de plus en plus. À chaque mot prononcé, je sentais un poids en moins. C’était un réel plaisir. Un cruel plaisir.

Je ne savais pas vraiment pourquoi je n’avais jamais osé parler. J’avais sûrement beaucoup trop peur de ce que j’allais pouvoir trouver, ancré au fond de moi. J’avais peur des souvenirs enfuis, mes batailles perdues et enterrées. J’avais peur de tout ce qui était passé, de tout ce qui m’avait rendu aussi malade, de tout ce qui faisait mon malheur aujourd’hui. Je me demandais souvent si ma mère avait conscience du mal qu’elle nous avait fait, à mon frère et moi. Je ne savais même pas si elle-même était conscience de la torture qu’elle nous infligeait chaque jour. Sortir de ce qui était supposé être une chambre tous les matins, était une foutue épreuve. Tout mon courage avait disparu dans le passé, c’est pour cette raison que je n’arrivais plus à rien maintenant. Désormais, je concentrais mes efforts sur ce qui me semblait essentiel. J’avais défini les priorités et je ne gardais le regard que sur celles-ci. Je voyais que des gens réussissaient, réalisaient leurs rêves les plus chers et moi, je restais bloqué dans cette vie merdique dans laquelle je n’étais pas épanoui, pas le moins du monde. J’aimais peindre, c’était mon métier et j’en étais fier, mais je dois bien avouer qu’un peu d’argent en plus me ferait le plus grand bien. Je n’étais pas quelqu’un de matérialiste, j’étais loin d’être une personne amoureuse de l’argent. Si j’en avais besoin d’un peu plus, ce serait simplement pour vivre dans un appartement plus grand, peut-être partir et ne jamais revenir dans cette ville qui devait me maudire. Ce serait également pour assurer l’avenir de mon frère. Même s’il n’était plus chez moi, même s’il était partit, je continuais à mettre de l’argent dès que j’en avais, sur son compte. Je voulais qu’il ait un bel avenir, je voulais qu’il soit capable de réaliser ses rêves. La peinture était mon échappatoire, j’étais heureux quand j’étais en train de peindre. Je me demandais malgré tout si peindre était considéré comme un réel métier… Je savais que nombreux étaient les peintres qui n’étaient reconnus qu’une fois la mort venue les arracher, mais je ne voulais pas être reconnu, du moins, je ne voulais pas de la gloire. C’était étrange. Je ne rêvais pas de ce dont les gens de mon âge et les plus jeunes pouvaient rêver. Je me contentais de cette petite vie minable. Je m’y étais habitué, à vrai dire. Je ne cherchais plus vraiment à fuir cette ville à laquelle je semblais être relié, d’une manière ou d’une autre. Je continuais cette vie en faisant semblant, en mentant sur mon état, en n’étant pas moi-même. Rares étaient les personnes qui m’avaient vu dans l’état dans lequel je me trouvais à côté de Zéphyr. Pourquoi ? Peut-être parce que je n’avais pas vraiment d’ami, voire pas du tout, hormis Zéphyr qui était celui que je considérais comme mon meilleur ami, tant nous nous ressemblions… Peut-être aussi parce que je n’étais pas ce genre de personne qui aime se plaindre et raconter leur vie pour recevoir la pitié et la compassion des autres. Non, je n’étais pas ce genre d’homme et je ne voulais pas l’être. Je détestais que les gens me donnent leur pitié et leurs mots de soutien. Cela faisait, certes, très plaisir de se sentir soutenu, mais je préférais me sentir seul, je ne savais pas pourquoi. La solitude me faisait du bien. Je sentais que j’avais le temps de réfléchir, de prendre des décisions. Je sentais que personne ne pouvait me bousculer, que personne ne serait capable de me décevoir. C’était pour cette raison que j’étais seul aussi souvent. J’avais peur qu’on me plante un couteau dans le dos. Je détestais le goût de la trahison. Lorsque ma mère avait montré son vrai visage, je m’étais senti trahi. J’avais eu l’impression de me retrouver seul face à cette vie qui n’était qu’un immense monstre avec des dents acéré qui m’attendrait après chacun de mes choix pour savoir s’ils étaient les bons et si je saurais rebondir. J’avais toujours su retomber sur mes jambes mais je savais qu’un jour viendrait où je ne pourrais plus atterrir sur autre chose que ma mère et donc assurer ma perte.

Je savais que tout ce que je lui disais allait sûrement provoquer de la tristesse en moi. Cependant, cela me faisait un bien fou, cela me faisait tellement de bien que je ne pouvais même pas mettre de mot assez fort pour montrer à quel point cela me remontait le moral. Je ne comprenais alors pas pourquoi je n’avais pas pensé à me confesser, entre guillemets, avant. J’avais peur de l’inconnu et raconter mes malheurs relevait de l’inconnu étant donné que je ne m’étais jamais plaint auprès de quelqu’un. Bien qu’il le fasse aussi, j’avais l’impression de me plaindre, de lancer un appel à la compassion. Ce qui me motiva à continuer, c’était le fait qu’il le fasse aussi et qu’il ne me montre aucune pitié, qu’il ne me plaigne. Pourquoi, après tout, m’aurait-il plaint, alors que sa vie n’était pas plus rose que la mienne. Pourquoi ? « Si j’ajoutais que mon frère me déteste depuis quelques temps ne ferait qu’accroître la rougeur de mes yeux causée par les évènements que j’aurais pu t’avouer mais que je n’ai pas avoué… » Il soupira avant de laisser un long moment de silence s’installer. Je n’aimais pas ce genre de moments silencieux, je n’aimais pas le silence. Dur à croire étant donné que j’aime la solitude, mais quand je suis avec quelqu’un, je déteste les instants silencieux. Ces moments me forçaient à me replonger un peu plus dans mes inquiétudes, dans ces questions qui hantaient mon existence, dans ce cerveau en ébullition. « Et je ne dirai jamais à qui que ce soit, surtout pas… Que je suis amoureux d’une fille qui ferait mieux de m’éviter pour son propre bien et sa propre santé mentale. Je ne dirai jamais, non plus, qu’un jour sur deux j’ai juste envie de tout plaquer et disparaître. » Dit-il de façon presque inaudible, avant de se reculer au fond du banc pour laisser tomber sa tête en arrière. Je dirigeai alors mon regard vers lui, pour ensuite venir m’asseoir en tailleur, le corps dirigé vers lui. « Pourquoi c’est pas plus simple de vivre et d'être heureux ? » avait-il alors dit, le regard vers le ciel. C’était une question à laquelle je n’avais jamais trouvé de réponse. C’était pourtant inutile de dire que je me l’étais déjà posée, bon nombre de fois. « Tu sais que cette question, on se la pose tous et tout le monde se la posera un jour ou l’autre. Sache en tout cas que je n’ai toujours pas trouvé de réponse plausible… » dis-je alors avant de me rasseoir comme je l’étais précédemment, soit normalement. Je me reculais alors pour venir laisser tomber ma tête comme il l’avait fait précédemment. Le ciel avait tellement de chose à nous offrir. Je le regardais simplement et je réalisais une nouvelle fois que nous n’étions vraiment rien sur cette planète. Le soleil paraissait si petit mais brillait si fort. « Je ne sais vraiment pas pourquoi nos âmes sont vouées à vieillir tristement comme ça, repris-je alors, avant de relever la tête vers la famille que je peignais et qui s’en allait, mais j’imagine qu’on ne doit pas tous être heureux… Il doit sûrement y avoir un juste milieu… Avant que l’on naisse, il y a peut-être une sélection, genre lui… heureux, lui aussi, eux deux, non, hors de question. » Je souris nerveusement tant mon hypothèse était débile, mais je m’efforçais d’y croire, naïvement.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Ven 7 Sep - 14:08

Ash & Zéph
Refuser sa vie, ça revenait un peu à faire un véritable blasphème, quand on suivait une quelconque religion. Et le blasphème était, évidemment, la chose la plus horrible et abominable qui soit. La plus impardonnable. Si je suivais moi-même une quelconque religion ? Non, ce n’était pas ainsi que l’on pouvait qualifier les pensées et croyances qui m’animaient. Même si l’écart se creusait entre ceux qui n’avaient pas la moindre religion et ceux qui en suivaient une, de façon sérieuse et assidue, moi, j’arrivais encore à me trouver entre. Dans le fossé qui séparait ces deux mondes. Je n’étais ni d’un côté ni de l’autre. J’étais simplement moi. Parce que j’avais eus affaire aux miracles, quand je n’étais encore qu’un enfant. Mon état de santé ne faisait qu’empirer de jour en jour et mes parents qui étaient de fervents catholiques, avaient comptés sur le miracle de Lourdes. Non non, ce n’était en aucun cas une plaisanterie. Ils y avaient cru et à raison, puisque mes soucis de santé qui auraient finis par me coûter la vie, avaient totalement disparus. J’aurais aimé comprendre ce qu’il s’était vraiment passé. Mais j’avais finis par accepter l’idée qu’il pouvait tout simplement y avoir des miracles de ce genre là. Et les raisons de tout ça, pouvaient simplement ne pas être rationnelles. Parce qu’il n’y avait rien de rationnel qui pouvait expliquer ce qu’il s’était passé ce jour là, alors que nous nous trouvions à Lourdes, comme tant d’autres personnes en même temps que nous, avant nous et forcément après nous également. Bien entendu, tout ne s’était pas fait en un jour seulement. C’était peu à peu que ma santé était revenue, pour finalement me laisser retrouver une santé presque de fer. Maintenant, je ne gardais plus la moindre séquelle de mon enfance. Rien d’autre qu’une cicatrice de brûlure assez imposante mais qui était toutefois assez effacée par le temps et les opérations, sur une cuisse. Elle n’était pas horrible à voir du tout et au toucher, elle se sentait à peine. Autant dire que je n’avais vraiment pas de quoi me plaindre. Les seules douleurs qui demeuraient et ne semblaient pas vouloir me quitter, étaient du domaine du psychique. Parce que oui, il m’arrivait de cauchemarder. Je me réveillais parfois avec un sentiment d’étouffement et d’effroi, qui me laissait sans souffle et en sueur. Ce genre de réveil avait pour origine, le fait qu’elle s’était amusée à m’enfermer dans un placard aussi petit qu’un riquiqui mouchoir de poche. Bref, de quoi paniquer, suffoquer et se voir mourir à petit feu, bien sûr. J’avais eus droit à toutes les sortes de torture de sa part. Celle-ci était sans doute l’une des pires. J’avais développé une certaine claustrophobie. Par exemple, j’avais un grand mal à prendre l’ascenseur seul. Et quand c’était quand même le cas, il fallait que je m’occupe. Par exemple, avec mon téléphone portable. Sans quoi, je m’inquiétais et pouvais aisément paniquer. Il y avait d’autres petites choses comme ça. Des détails qui m’handicapaient quelque peu, dans ma vie de tous les jours.

Mais aussi difficile que cela soit, la vie continuait. Et pour moi comme pour ma sœur, je ne pouvais tout simplement pas baisser les bras. Alors je vivais parce qu’il le fallait et parce que, malgré tout, trop de gens comptaient sur moi, d’une façon ou d’une autre. Et je faisais souvent semblant d’être heureux, de rire, de sourire, de faire le con insouciant et j’en passe. Sérieusement … peut-être que je devrais me lancer dans la comédie. Pour que tout le monde autour de moi n’y voie que du feu, c’était que je devais forcément être un excellent comédien ! Mais en attendant, je déversais tout ce que j’avais en moi, en composant des chansons que peu de gens avaient pu entendre jusqu’à maintenant. Non par timidité ou crainte de jugement. Simplement pour conserver secrète, toute la peine et la douleur que je pouvais avoir en moi. Mais je présentais quand même certaines de ces chansons, quand elles n’avaient pas l’air de parler de moi et se contentaient de mentionner de vagues ressentis plutôt qu’autre chose. Ces chansons là, je les présentais dans des bars quelconques, certains soirs de week-end. J’étais payé pour ce genre de prestations alors pourquoi me priver, alors que j’aimais évidemment ça ? Ce n’était pas ma passion première bien entendu. Sinon j’en aurais fais mon premier et sans doute même unique, métier. Ce qui était loin d’être le cas justement. J’étais styliste et fier de l’être ! Pour rien au monde je ne changerais de métier. Le point commun entre ces deux professions, c’était le fait qu’elles entraient dans le domaine de l’art. A mes yeux, il n’y avait que ça de vrai. L’art … C’était une chose que j’aimais terriblement. C’était ma raison de vivre même ! Dans l’art, on pouvait se noyer sans crainte. L’art était un exutoire parfait, une chose inégalable. Ca permettait de laisser parler ce qu’on éprouvait à l’intérieur. Quelle personne ne touchant pas à l’art, pouvait se vanter d’être aussi heureux et comblé –du moins un minimum-, qu’un artiste ? Aucune, bien sûr. A moins que ça ne soit une personne qui s’épanouisse totalement et entièrement, dans son emploi, quel qu’il fut. Ca pouvait arriver ça aussi, bien sûr. Mais étant moi-même un artiste qui ne vivait que pour et par ses passions, j’avais presque du mal à imaginer comment faisaient « les autres ». Bien sûr, à mes yeux, l’art touchait à bien des choses. Un architecte était un artiste. Un cuisinier également. Et j’en passais tant et tant encore. En même temps, j’étais assez large là-dessus. A mes yeux, toute personne ayant une âme réelle et de compassion, était un artiste, à sa façon. Et les enfants étaient tous des artistes au départ. C’était finalement la dureté de la vie, qui en rendait certains, totalement insensibles à tout ça. Et selon moi, c’était bien dommage. L’art permettait de développer la personnalité, de l’aiguiser, de la rendre intéressante et différente à bien des aspects. L’art, c’était une façon d’être et de vivre …

Et l’art permettait des rencontres. Par exemple, j’avais rencontré Ashleigh. Il était rapidement devenu un excellent ami. L’une des rares personnes à connaître tout autant mon côté sombre, que le côté constamment heureux et enjoué. Et c’était bien pour cette raison là, que ce jour là, je ne cherchais pas à faire semblant devant lui. Il connaissait cette part importante de moi et je n’avais donc pas de gêne à la dévoiler devant lui. Finalement, c’était quand même un avantage, de ne pas dissimuler ce genre de détails sur notre propre petite personne, et de pouvoir se livrer entièrement. Ce que nous étions justement en train de faire. Parce que de son côté également, il n’avait pas eut droit à une petite vie toute parfaite et bien rangée. Loin de là même ! Alors se confier l’un à l’autre, venait tout naturellement et vraiment facilement. Raison pour laquelle nous étions justement en train de le faire. Parler permettait de se libérer d’un poids certain. Et alors que je venais de finir mon tour, je demandai pourquoi tout n’était pas plus simple. Pourquoi la seule chose qui semblait facile, c’était le fait de respirer ? Et encore, certains n’avaient même pas cette chance. Alors, pourquoi ? Pourquoi certains avaient tout et d’autres, rien. Pourquoi le passé pouvait-il encore faire autant de mal, au présent ? Comment se sortir de tout ça sans trop se faire mal ? Etions-nous donc voués à vivre dans la peine, la détresse ? Je voulais me sortir de tout ça. Je voulais enfin vivre et avoir au moins l’impression d’être heureux et de pas juste faire semblant. En présence de Nymphéà, ce n’était plus du faux. Je me sentais vraiment heureux et entier. Mais comment accepter l’idée de lui faire endurer mon passé qui se répercutait grandement dans ce que j’étais, en réalité, aujourd’hui ? Je ne voulais pas l’entraîner avec moi, dans une spirale infernale, de laquelle elle ne ressortirait probablement pas en l’état. Mais n’était-elle pas en droit d’en décider, plus encore que moi ? Peut-être que je me trompais juste en fait. « Tu sais que cette question, on se la pose tous et tout le monde se la posera un jour ou l’autre. Sache en tout cas que je n’ai toujours pas trouvé de réponse plausible… » Je soupirai faiblement et tournai le regard vers lui. A vrai dire, je ne m’étais pas attendu à ce qu’il ait de réponse de son côté. Malheureusement, personne n’en n’avait. Du moins, je ne pensais pas. La seule chose que je savais avec certitude … C’était que, merde, vivre pouvait parfois être sacrément chiant et emmerdant ! « Le premier qui trouve a gagné … » Plaisantai-je faiblement, bien qu’aucun réel amusement, ne soit là pour appuyer mes dires. Parce que non, ce n’était vraiment pas drôle du tout. C’était plus irritant qu’autre chose finalement.

« Je ne sais vraiment pas pourquoi nos âmes sont vouées à vieillir tristement comme ça, mais j’imagine qu’on ne doit pas tous être heureux… Il doit sûrement y avoir un juste milieu… Avant que l’on naisse, il y a peut-être une sélection, genre lui… heureux, lui aussi, eux deux, non, hors de question. » Cette fois ci, je laissai apparaître un sourire sincèrement amusé. Oui, son hypothèse était totalement idiote et abracadabrante. Mais après tout, c’était une idée comme une autre. Et aucune idée n’était à jeter. Il se passait en ce bas monde, des choses vraiment très étranges et surprenantes. Je n’imaginais pas que cela puisse ne pas en faire partie. Surtout pas ça à vrai dire ! Mais quelle que fut la raison de tout ça, les faits étaient là. Et c’était diablement agaçant et triste. Oui, triste … « Tu veux dire qu’on nous a foutu en l’air avant même notre naissance ? » Plaisantai-je vaguement, une fausse grimace déçue, accrochée aux lèvres. Je soupirai et reposai mes pieds à terre, avant d’étendre mes jambes loin devant moi, le regard revenant devant moi, pour observer les gens qui allaient et venaient, s’installaient seuls ou à plusieurs. Des gens qui semblaient presque heureux. Mais tous n’avaient-ils pas des secrets inavouables, également ? Des plaies cachées au plus profond de leurs cœurs ? « Personne ne peut décider pour nous ! » Finis-je par lâcher d’un ton résolu, en reposant le regard sur mon ami. Nous n’avions pas le droit de laisser le bonheur se faire la malle de façon définitive. Nous ne pouvions pas accepter qu’il ne puisse nous revenir. C’était un droit après tout. Enfin, plus ou moins. Pas un droit officiel. Il n’était pas noté quelque part « chaque être humain a droit au bonheur ». Enfin, pas que je sache. Parce que c’était, dans le fond, une évidence imparable ! « Pas mêmes les plaisantins qui font le tri avant de nous laisser voir le jour. » Plaisantai-je en souriant de façon totalement enfantine et faussement innocente. « C’est vrai après tout … Pourquoi on n’aurait pas le droit d’être heureux ? Parce qu’on n’est pas nés dans la bonne famille et que ça a foutu en l’air notre passé ? Parce qu’on a du vivre des choses que d’autres n’ont pas eut à subir pour qu’ils en soient là maintenant ? » Sans doute parce que nous n’étions tout simplement pas capable de faire fi du passé et d’avancer à grand pas, vers l’avenir, sans doute …



[HJ : hmmm désolée pour le retard.]



Mon déguisement pour Halloween ? Celui que je suis vraiment.
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Jeu 20 Sep - 22:55

Peu à peu, je me rendais compte que depuis le début de ma vie, je ne faisais qu’une chose, m’empêcher de vivre. Je me préoccupais de choses desquelles je ne devrais pas me préoccuper. Je prêtais trop d’importance à la puissance des sentiments, au bien être de ma famille, qui n’est autre que mon frère, et je ne faisais rien d’autre. J’avais vécu une histoire d’amour, oui, une seule, qui s’est, pour le coup, horriblement mal terminée. Je n’aime pas revenir sur cette histoire qui demeure un mystère pour moi. La violence n’était vraiment pas ce que je prônais pour régler les problèmes, et pourtant, j’avais usé la violence pour régler mes soucis internes, qui n’avaient absolument rien à voir avec cette jeune femme de laquelle j’étais amoureux. Je n’arrivais toujours pas à comprendre ce qu’était l’amour. Il est vrai que j’avais des sentiments pour elle, des sentiments forts qui faisaient que je me sentais lié à elle, je ne voulais pas qu’elle et moi vivions séparément mais quelque chose m’empêchait de vivre pleinement notre aventure. Voir toute cette affection qu’elle pouvait dégager à mon égard et ne pas pouvoir la lui rendre était une chose particulièrement frustrante. En effet, j’aurais aimé pouvoir la cajoler, les raconter mes malheurs, partager avec elle mes joies et mes peines, mon excitation et mes angoisses, mais j’en étais foutrement incapable. Je n’arrivais pas à partager ce genre de choses avec les gens, je préférais tout garder pour moi. C’est sûrement ce qui a engendré cette violente dispute qui a abouti à des actes de violence de ma part, envers cette pauvre petite jeune femme. Depuis ce jour, j’avais beaucoup de mal à regarder les femmes. Je me sentais coupable dès que mon regard se jetait vers l’une d’entre elles. J’avais beaucoup trop peur de les blesser, de redevenir violent. Du coup, je me condamnais à être cet homme solitaire, sans projets pour le futur si ce n’est qu’assurer l’avenir de son petit frère. Bon nombre de fois, j’avais pensé à partir. Partir pour mieux revenir, bien évidemment. Cette ville m’était chère. Elle était la principale source d’inspiration pour mes tableaux et mes dessins. Rares étaient les personnes qui pouvaient comprendre la douleur que j’endurais chaque jour. Me lever était un véritable défi. Je n’avais envie de rien, jamais. Une fois que j’étais hors de mon lit, ma journée me semblait un peu moins noire. Allongé, les yeux rivés vers la fenêtre, je regardais tout ce monde se précipiter vers son travail, heureux, souriant et prêt à retrouver l’amour de leur vie. Je regardais ces âmes pures et innocentes qui n’imaginent pas une seule seconde que dehors, là où ils sont, c’est une jungle. La pire des jungles. Peut-être que je m’en faisais trop, que je réfléchissais trop à tout. Je voulais trouver comment me pardonner moi-même. Je vivais, ou plutôt survivais, hanté par les démons de mon passé. Je n’arrivais pas à vivre heureux parce que le passé était beaucoup trop présent. Pourquoi moi ? Pourquoi le sort semblait-il s’acharner sur moi. Je n’avais rien pour moi, hormis la peinture. J’avais bien évidemment conscience que je n’étais pas le plus à plaindre sur cette Terre. Je savais qu’il y avait des gens bien plus malheureux que moi, mais je n’arrivais pas à oublier ces gens heureux, beaucoup plus heureux que moi je ne l’étais. Malgré tout, j’étais à blâmer. Je ne faisais rien pour oublier, j’essayais mais je baissais les bras. Oui, je pense que le passé peut aider à avancer. On dit souvent qu’on apprend de nos erreurs. Pour apprendre de ses erreurs, il ne faut pas les oublier, sinon on les commet à nouveau, n’est-ce pas ? Pour être plus fort, je gardais ce passé collé au présent, pour ne jamais oublier la cruauté humaine et ne jamais plus me laisser avoir par une quelconque personne.

Il est vrai que j’exagérais parfois un peu. L’Homme n’était pas qu’un tas d’os et de chair qui passe son temps à gâcher la vie des autres, non. Des gens biens existaient, des gens pleins de bonnes intentions et rempli de l’envie d’aimer et d’être aimé. Je ne comprenais pas comment on pouvait attendre l’amour de gens, toute sa vie. Je n’arrivais pas à cerner les gens amoureux, ils étaient beaucoup trop influençables et beaucoup trop modifiés intérieurement par l’amour. Ce que je recherchais, avant même de penser à trouver l’amour, c’était de l’amitié. Quand je parle d’amitié, je parle de la vraie, la pure, celle qui fait que vous pouvez vous confier aveuglément à votre ami(e) sans avoir à vous demander s’il va tout répéter ou bien se moquer de vous. Quand je parle d’amitié je pense notamment à Zéphyr qui est l’une de mes plus belles rencontres. Toute ma vie je m’étais dit que je n’aurais jamais vraiment ce genre d’ami dont je rêve depuis petit. Avant de pouvoir me plaindre, je voulais d’abord être sûr d’être compris. Il faut l’avouer, témoigner de son mal-être et de ses malheurs n’est pas une chose aisée et facile. Pour se faire, il fait se montrer courageux, et en avoir envie, sans ça, aucun son ne sortira de votre bouche. Je n’aimais pas sentir toute cette force qui existait en moi et qui était malheureusement contre moi. Cette force, je ne pouvais pas la contrôler, je n’y arrivais pas, c’était beaucoup trop fort, beaucoup trop puissant pour pouvoir être contrôlé. J’aurais voulu me montrer plus combattif et savoir vaincre tout ce qui existait en moi. En Zéphyr, j’avais su trouver cet ami qui me comprenait et qui avait même vécu les mêmes – ou presque – choses que moi. Je blâmais le fait qu’un homme comme lui ait eu à vivre de telles choses. Je le trouvais tout à fait respectable, charmant, très gentil. J’aurais pu lui administrer bon nombre de compliments. Bien évidemment, j’imagine que moi non plus je ne méritais en aucun cas de vivre tout ce que je vivais et avais vécu mais je me disais que lui avait tout fait pour s’en sortir. Il avait un boulot formidable, du moins, il avait un métier, un vrai, contrairement à moi. J’étais très fier de mon travail mais parfois, je me disais que si j’avais la sûreté de l’emploi, je vivrais beaucoup mieux et cela se ressentirait sur ma dose de stress qui me rendait la vie impossible, jour après jour.

Il est vrai que l’art permettait de libérer les esprits. L’art est une chose que tout le monde possède en soi mais malheureusement, certaines personnes, pour ne pas dire qu’elles sont très nombreuses, perdent ce don qui ne devrait jamais être perdu. C’est pour cela que j’ai toujours eu peur de grandir. Je ne voulais pas parce que j’avais peur des conséquences que cela aurait sur moi. Je savais que le fait de grandir signifiait la perte d’un bon nombre de choses. Je savais que grandir signifiait pour beaucoup l’arrêt des rêves. Une fois, alors que je peignais tranquillement dans la rue, une vieille dame passait et m’avait alors demandé si j’arrivais à gagner ma vie de cette façon et si je n’en avais pas marre de peindre tous les jours. La réponse ? Non. Pour les deux parties de sa question soit dit en passant. Non, je ne gagnais pas ma vie, je ne pouvais pas la gagner en vendant quelques toiles à la journée. De plus, le prix de mes toiles n’était pas faramineux parce que je partais du principe que l’art était une chose qui devait être partagée et qui de plus, devait être accessible à tous. Je ne comprenais pas les gens qui osaient vendre des toiles et des peintures à des prix exorbitants, oubliant même que les familles les plus pauvres avaient aussi le droit d’aimer l’art et de posséder des œuvres d’art chez eux. Ma foi, le peuple, le monde avait fait que tout était beaucoup trop cher. Me retrouver avec Zéphyr et parler avec lui n’avait pas de prix. De plus, ce petit moment me détendait beaucoup et me faisait me sentir bien. Je ne savais pas pourquoi, je sentais toute la pression qui m’envahissait s’évader discrètement petit à petit. « Tu sais que cette question, on se la pose tous et tout le monde se la posera un jour ou l’autre. Sache en tout cas que je n’ai toujours pas trouvé de réponse plausible… » Non, personne n’avait de réponse à cette question. Malheureusement d’ailleurs. Pourquoi vivre ? Pourquoi être heureux ? Et pourquoi faire les deux en même temps ? C’était une question existentielle d’après moi. On ne pouvait pas faire plusieurs choses à la fois, nous les Hommes. On imagine tous que le bonheur se trouve au bout de telle ou telle chose, mais non, il n’y est pas. Le bonheur n’est qu’une course qui nous oppose tous les uns aux autres. Bien évidemment, comme des cons, tous assoiffés de joie de vivre et de bien-être, on fonce tous, tête baissée dans cette course en pensant qu’elle en vaut vraiment la peine et qu’on sera heureux un jour. Certains ont compris la leçon et sont heureux maintenant. Je pensais avoir compris, il fallait juste arrêter cette course, il fallait en sortir, abandonner et le bonheur viendrait nous chercher, seul. Je pense que le bonheur est une chose qui ne veut pas être cherchée, il veut saisir ses proies, seul, se pensant mauvais mais étant délicieux. « Le premier qui trouve a gagné… » dit-il sur le ton de la plaisanterie. Je souris. Il était préférable d’en rire et de se dire que ce n’était que l’histoire de quelques années…

« Je ne sais vraiment pas pourquoi nos âmes sont vouées à vieillir tristement comme ça, mais j’imagine qu’on ne doit pas tous être heureux… Il doit sûrement y avoir un juste milieu… Avant que l’on naisse, il y a peut-être une sélection, genre lui… heureux, lui aussi, eux deux, non, hors de question. » Il est vrai que ma théorie était quelque peu abracadabrante, mais j’y croyais. Du moins, je me laissais y croire. Après tout, je n’avais aucune hypothèse valable. Je ne savais pas pourquoi lui et moi étions si malheureux. Du moins, nous l’avions été mais je ne savais pas si maintenant nous n’étions pas un peu plus épanouis dans nos vies désormais. Oui, maintenant que j’étais éloigné de ma mère et que j’avais pris mon frère sous mon aile, j’avais l’impression que j’avais tout pour être heureux. « Tu veux dire qu’on nous a foutu en l’air avant même notre naissance ? » Plaisanta-t-il alors. Je souris. Il est vrai que cette théorie relevait carrément du surnaturel mais je commençais à me dire qu’il n’y avait que cette solution qui se montrait plausible. Pourquoi lui et moi étions si déçus de nos vies ? Pourquoi semblions-nous être les seuls à rester bloqués dans le passé et à ne pas pouvoir avancer, aller de l’avant ? « Personne ne peut décider pour nous… Pas mêmes les plaisantins qui font le tri avant de nous laisser voir le jour. C’est vrai après tout… Pourquoi on n’aurait pas le droit d’être heureux ? Parce qu’on n’est pas nés dans la bonne famille et que ça a foutu en l’air notre passé ? Parce qu’on a dû vivre des choses que d’autres n’ont pas eu à subir pour qu’ils en soient là maintenant ? » Il est vrai que personne n’avait le droit de décider pour nous, cependant, nous, nous pouvions choisir notre destin, nous pouvions décider d’être heureux et d’arrêter de vivre bloquer dans le passé. « Tu veux que j’te dise ? J’crois que t’as raison. On n’a pas le droit d’écouter les gens qui nous disent des conneries. On n’a pas le droit se laisser faire. On doit faire ce qui nous plaît, quand ça nous plaît et où ça nous plaît. Si t’as envie d’être heureux, ça ne tient qu’à toi. J’crois qu’on doit faire table rase du passé et recommencer une nouvelle vie. »
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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Lun 8 Oct - 0:12

Ash & Zéph
C'était le soir ... Le soir que je me laissais aller à la déprime qui menaçait tout au long de la journée. C'était comme d'ouvrir les vannes et de laisser l'eau déferler avec une violence non contenue. Ca me faisait exactement le même effet. Toute la vérité sur ma vie, semblait me tomber droit sur la gueule ou m'exploser en plein visage. Dans les pires soirées, je me mettais à suffoquer et à faire de véritables crises de panique. Le corps luisant de sueur, la respiration haletante et saccadée, la tête comme enfermée dans un étau ... J'avais bien du mal à me remettre de ce genre de prise de conscience, bien trop douloureux et soudain pour mon pauvre petit esprit. D'autant plus que c'était bien le soir que j'étais le plus vulnérable. Quand je n'avais plus rien pour m'occuper l'esprit. Bien entendu, je tentais de penser à tout un tas de choses, pour retarder le moment où allaient arriver les réflexions et la prise de conscience. Je pensais au travail, qui demeurait la plus belle chose que j'avais, l'unique que j'avais vraiment réussis selon moi. Je pensais à Nymphéà. Parce que même si notre relation semblait stagner depuis qu'elle avait prit comme sien, le devoir de me fuir, elle restait sans doute ma plus belle rencontre. Et la seule femme que j'avais su aimer à sa juste valeur. Sauf que, de toute évidence, elle ne tenait pas à ce que les choses se passent ainsi. Et quoi qu'elle décide, je serais là à attendre et à accepter sa décision. C'était complètement con, j'en étais conscient. Et plus encore, je sentais par avance, que rien n'allait se passer comme je le voulais. J'étais habitué ... La vie ne m'avait jamais fait de cadeau. J'étais juste là à continuer de subir ce qu'elle avait encore en stock, pour me faire souffrir. C'était à croire que ça ne s'arrêterait jamais. Et c'était peut-être bien le cas après tout. Je ne voyais pas de raison pour laquelle ça s'arrêterait maintenant, après tant de souffrance. J'étais là à subir, à encaisser ... Et pourtant je tenais debout, je continuais de me battre pour vivre et avancer, tant bien que mal. Je gardais le sourire pour n'alerter personne et pour être toujours là quand mes proches avaient besoin de moi. Je savais que ma famille comptait beaucoup sur moi par exemple. Surtout ma soeur qui, je le savais, ne pourrait pas supporter le poids de notre vie, si je venais à disparaître. Alors j'étais là. Je faisais comme si j'étais quelqu'un de fort. Je faisais comme si rien ne pouvait m'atteindre ni me blesser. Je faisais comme si tout allait au mieux dans mon monde alors que ... Alors que bon sang, je souffrais. Et tous les soirs, je subissais la morsure d'une vie foirée du tout au tout. Au vu de mes sept premières années sur cette terre, on pouvait se douter que c'était mal barré pour moi. J'avais quand même eus droit à de sacrés soucis de santé à cause des maltraitances de celle qui m'avait mis au monde. Et pourtant ... Pourtant j'étais à nouveau debout et en parfaite santé physique. Maintenant, je me mettais à me demander si ce n'était pas fait exprès et si je ne devais pas, justement, me préparer au pire. Peut-être que j'étais en parfaite santé, uniquement pour pouvoir encaisser les prochaines épreuves qu'allait m'infliger la vie. Je ne doutais pas que ça n'allait pas s'arrêter de sitôt. J'avais perdu tout espoir de ce côté là ... Mais j'étais là. Encore ... Et toujours.

L'une des seules choses de bien, que j'avais, c'était lui ... Cet ami qui avait prit beaucoup d'importance dans ma vie. Ashleigh était une personne qui me comprenait. Pas parce qu'il avait vécut la même chose que moi. Ce n'était pas utile pour me comprendre. Non ... C'était pour le fait que, tout comme moi, il intériorisait beaucoup de peine et de douleur. Et forcément, un lourd passé. De temps en temps, je découvrais de nouvelles choses sur son compte. Ce jour là ne faisait pas exception à la règle. J'en apprenais beaucoup sur lui et je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'en effet, il était psychologiquement aussi esquinté que moi. Sauf que nous ne réagissions pas de la même façon lui et moi, face à tout cela. Il était plutôt du genre à se renfermer sur lui même et à être un grand solitaire. De mon côté ... Je faisais semblant. De façon constante. Je n'y pensais même plus tant c'était devenu une habitude. J'avais un faux sourire qui était là, constamment accroché à mes lèvres. Je semblais être un jeune homme gentil, aimable et de confiance. C'était ce que je voulais être. Je voulais vraiment être une telle personne. Sauf que ce n'était peut-être pas tout à fait le cas. Oui, j'étais gentil et aimable. J'aidais les autres bien plus souvent que je ne m'aidais moi même. Je tentais d'aider ceux qui m'entourais, du mieux que je pouvais. Je donnais de ma personne, dans l'espoir de voir les autres sourire et pour me dire qu'il y aurait au moins quelqu'un d'heureux. Quant à moi ... Moi je ne l'étais pas forcément. Mais au moins j'étais capable de faire semblant et de donner le change. Il était peut-être idiot d'agir de la sorte. Mais je préférais ça, plutôt que de pleurer sur moi même et sur ma condition. Je n'étais qu'un foutu humain, qui en avait vu des vertes et des pas mûres. Mais je restais un humain parmi les humains. Alors je devais juste continuer comme je le faisais. Parce que d'une certaine façon, ça me rendait heureux ... J'étais heureux de ne pas attiser la pitié de qui que ce soit. C'était justement ça que je tenais tant à éviter. Et jusqu'à maintenant, ça avait toujours fonctionné à merveille, pour mon plus grand plaisir. Restait à faire en sorte que ça perdure de la sorte, tout simplement. Je savais que j'étais capable de ça. J'y étais parvenu pendant vingt huit ans. Ce n'était pas pour m'arrêter en si bon chemin.

La seule chose dans laquelle je laissais parler ce que j'avais véritablement au plus profond de moi, c'était sur mes créations. Le style de vêtements que je créais, était clairement excentrique, rock, déchiré, déchaîné ... Bref, de vraies créations d'un type qui en a gros sur le coeur. Quant à mes dessins, les traits étaient vifs et limite agressifs. C'était ma façon d'exprimer ce que je ressentais en réalité, au plus profond de moi. Quoi d'autre à ajouter ? L'on pouvait mentionner mes chansons aux paroles torturées et douloureuses. Je n'y racontais jamais ma vie, parce que je ne tenais pas à en parler à tout va. Non ... Ce que j'y racontais, c'était davantage les ressentis, les émotions, les douloureuses pensées que l'on avait à tel ou tel moment d'une vie difficile. Appels étouffés déchirants. SOS lancés au travers de quelques couplets. Refrains suant la douleur. Et malgré tout ça ... Personne ne se doutait du fait que je parlais en connaissance de cause et que je ne faisais rien d'autre que d'exprimer ce qu'il se passait dans mon esprit et dans mon coeur. Je souffrais. Et ma douleur était la seule chose que je gardais égoïstement pour moi. Ma soeur elle même, ignorait à quel niveau de douleur j'en étais. Elle ne se doutait pas du fait que je faisais encore des cauchemars à cause de la maltraitance de ma mère. Elle ne savait pas qu'il m'arrivait de faire des crises d'angoisse mais aussi de claustrophobie à force d'avoir été enfermé dans un placard, étant petit. Elle ignorait également que pour la même raison, j'avais peur du noir complet. Que j'avais toujours des stocks de nourriture d'avance, à cause de la malnutrition dont j'avais été victime. Bref, elle était loin de se douter de tout ce qui se passait dans mon esprit. Loin de pouvoir imaginer que je souffrais toujours autant, de tout ce qui avait pu m'arriver au cours de mes presque trente ans de vie. Et je faisais en sorte qu'elle n'en sache toujours rien, parce que je ne tenais vraiment pas à ce qu'elle souffre un peu plus encore et réalise combien tout ça était difficile pour moi. Plus qu'elle ne l'imaginait encore. Je préférais en parler avec Ashleigh qui n'aurait, de son côté, aucun intérêt à raconter ça autour de lui, à me juger ou quoi que ce soit d'autre. Il avait ses démons et j'avais les miens. Autant être là l'un pour l'autre et éviter d'être seul face à des problèmes qui perduraient et nous menaient la vie dure. Autant se soutenir du mieux que l'on pouvait. Parce que n'était-ce pas ça l'amitié finalement ? La vraie je voulais dire. Ryan et Ashleigh étaient mes seuls amis, au courant de toute ma vie, sauf erreur de ma part. L'un était comme un frère pour moi. Alors me confier à lui, ça se faisait tout naturellement. Quant au second, les raisons n'étaient plus à citer maintenant.

Envisager l'idée qu'un crétin choisissait avant même notre naissance, qui allait avoir droit au bonheur et qui n'aurait pas ce droit, c'était pour le moins étrange. Mais finalement, nous étions dans un tel état de détresse, que nous étions prêts à envisager toutes les possibilités, même les plus inattendues et abracadabrantesque. Et finalement ... Ca nous permettait de rire et de passer un moment un peu hors du temps. C'était tout ce dont nous avions besoin tous les deux, ni plus ni moins. D'oublier la douleur, au profit d'une conversation sur le sujet, qui ne nous atteignait pourtant pas tant que cela. Et puis mon bon sens me reprit. Personne n'était en droit de décider pour nous, si nous devions être heureux ou non. Personne n'était en droit de faire tourner notre roue de la vie, dans tel ou tel sens. Non, personne. Alors c'était à nous d'éviter ça du mieux que l'on pouvait. A nous de nous battre pour nous même tout simplement. Depuis quand des petits plaisantins, pouvaient-ils nous atteindre et décider autant pour nous ? Non, plutôt mourir que de laisser faire ça. « Tu veux que j’te dise ? J’crois que t’as raison. On n’a pas le droit d’écouter les gens qui nous disent des conneries. On n’a pas le droit se laisser faire. On doit faire ce qui nous plaît, quand ça nous plaît et où ça nous plaît. Si t’as envie d’être heureux, ça ne tient qu’à toi. J’crois qu’on doit faire table rase du passé et recommencer une nouvelle vie. » Contre toute attente, je souris. J'étais heureux de voir qu'il pensait également de la sorte et qu'il acceptait l'idée. Oui, il était temps d'aller de l'avant, d'oublier le passé ... Et d'être heureux tout simplement. Il était temps de commencer une nouvelle vie. Oui mais non ... Comment pouvais-je commencer une nouvelle vie alors que la vérité était toujours là, que le passé était ancré dans le présent ? Je ne pouvais pas commencer une nouvelle vie alors que mon frère aîné était dans le coma, que le second avait été placé dans un institut, que ma mère avait la maladie d'Alzheimer ... Et si j'avais pu commencer une nouvelle vie, je l'aurais fais avec Nymphéà. Sauf qu'elle avait elle même mit un frein à tout ce qui aurait pu s'apparenter de prêt ou de loin à une relation. Non ... Moi j'allais continuer de stagner et d'avancer comme un automate, qui n'a pas d'autre choix que de faire cela. « C'est exactement ça ... et pour commencer une nouvelle vie, il faut s'entourer de bonnes personnes. Et faire une liste de toutes les choses qu'il faudra faire pour être heureux ! Qu'est-ce que tu en penses ? » Demandai-je sur un ton enjoué malgré tout. Le sourire aux lèvres, je réfléchis un court instant. « Comme par exemple ... J'envisage sérieusement de faire un long voyage pendant mes vacances d'été ... »

[HJ : pour la dernière réplique, rappelons que le rp se déroule début juin x)]



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MessageSujet: Re: “I could be your worst enemy. But I would rather have friends then enemies, and I go to great length to make that the case. There’s much more reward in having friends.” Sam 3 Nov - 1:36

Chaque moment de la journée était une épreuve à travers laquelle je devais passer. Parfois, c’était un succès et je m’en félicitais parce que rares étaient ces moments. Bien évidemment, parfois que je me décevais et je me sentais mal, comme tout être humain me direz-vous. Et bien non. Pour être honnête, je sais que je suis souvent mal et que me sentir bien est une chose totalement inhabituelle pour moi. Quand bien même il m’arrive de sourire sans avoir à me forcer, tout est malgré tout minutieusement réfléchi et calculé. Certaines choses me font plaisir et je me retiens de le montrer. Je pense toujours aux conséquences que cela pourrait avoir si je montrais ce qui me fait du bien. Déjà que ces choses qui me font sourire sont rares, si en plus elles peuvent être une arme contre moi, je ne serais plus du tout capable de rire, de sourire. C’était une jolie danse avec la solitude que j’entreprenais depuis trop longtemps. Enfance difficile, adolescence tout aussi difficile, il n’y avait que l’âge adulte qui se montrait plus lumineux et plus heureux lorsque je regardais avec envie les années futures à venir. Assis seul sur mon lit à prier pour que ma mère ne vienne pas me ruer de coups à l’aide de son amant pour la soirée, je regardais le calendrier que je m’achetais chaque année, et je barrais chaque journée terminée avant de m’endormir. Grâce à ce petit rituel quotidien, je m’endormais avec un sourire un peu plus prononcé jusqu’au jour où je m’étais juré de partir de chez ma mère. J’avais fermé les yeux et avais dirigé mon doigt, au hasard, sur le calendrier. Cette date que je n’avais pas choisie, serait la date précise à laquelle je partirais de chez ma mère. Et comme promis, j’avais quitté l’appartement de ma mère, qui se rapprochait plus d’un taudis qu’un appartement mais passons, le jour prévu, emmenant avec moi cet enfant qui était mon petit frère. La fugue n’était peut-être pas le meilleur moyen, mais qu’importe, je ne voulais plus vivre de cette manière et je n’avais pas réfléchi. J’avais préféré partir et ne rien dire, j’avais préféré mettre mon petit frère à l’abri plutôt que de convoquer police, assistante sociale et tous ces gens qui nous auraient placés et surtout séparés. Je ne voulais pas que lui et moi grandissions séparément et que nous nous perdions de vue. Ce dont j’avais besoin, c’est d’une personne faisant partie de ma famille. Quand bien même nous n’avions pas le même père, nous nous en fichions, ce que je voulais, c’est qu’il prenne conscience que je ne l’abandonnerais jamais, qu’il ne serait jamais mis de côté mais plutôt qu’il était ma priorité. Je crois que j’avais vraiment endossé le rôle de père, plutôt que celui de frère et il est probable qu’il ait été déstabilisé par ce rôle que je jouais et qui n’était pas le mien. Je n’avais jamais eu de père, du moins, pas bien longtemps, parce qu’il avait fui comme un lâche, sous-estimant le rôle de père justement, tout en se prenant lui-même pour le meilleur de tous les hommes. Mes parents s’étaient vus comme des surhommes alors qu’il n’en était rien. Ils étaient juste des hommes qui ne méritaient rien de ce qu’ils avaient… Peut-être était-ce pour cela qu’ils n’avaient pas grand-chose, même si ce pas grand-chose était déjà de trop. Tout ce que je voulais, c’était la vie sauve et une vie de famille normale. Pourquoi étais-je celui, parmi tant d’autres malheureusement, sur lequel cette situation plus que détestable était tombée ? Pourquoi n’avais-je pas eu droit à une vie normale, avec des engueulades, des petites copines, des ennemis, des bagarres, des amis, un meilleur ami, des caprices, de la jalousie… Pourquoi avais-je seulement eu le droit à une mère qui ne m’aimait pas et me regrettait, qui se prostituait, qui se droguait et buvait, qui me battait, qui me nourrissait mal… Je ne comprenais pas pourquoi les enfants étant dans la même situation que moi et moi-même avions été poussé dans une vie comme celle que nous vivions…

Alors parfois on avait la chance de faire de belles rencontres. Fort heureusement, cela m’est arrivé, un nombre de fois totalement raisonnable puisqu’il devait se rapprocher du chiffre 3, me semble-t-il. Il y avait, avant tout, Zéphyr qui était celui qui s’approchait le plus du statut qu’on appelle statut du meilleur ami… Je n’ai jamais vraiment dit qu’il était mon meilleur ami parce qu’il est un ami, avant tout, mais pourquoi dire qu’il est le meilleur ? Mes amis se comptent sur les doigts de la main et c’est une fierté que de le dire. Je n’envie pas les gens qui ont des dizaines et des dizaines d’amis et qui, au final, à la première impasse, se retrouvent totalement seul, sans personne pour les soutenir, les épauler, les conseiller ou encore les rassurer. Moi, j’étais à peu près sûr que je ne serais pas seul dans une telle situation. Quand bien même je me retrouverais seul dans une situation difficile, je préférerais la solitude au fait d’être mal accompagné. Toujours. Malheureusement, il y a des gens beaucoup trop naïfs qui croient que tous les gens autour d’eux, qui prétendent être leur ami, sont là avec pour seule intention de les aimer. C’est pour ça que je dénigre les milieux du show-business, qui pour moi attirent plus d’hypocrites que de personnes honnêtes. Bien que certaines personnes puissent y venir avec de bonnes intentions, elles finissent toujours par changer. Je n’aime pas l’argent. C’est pour moi une merde qui fait changer les gens, les rend accroc, les rend fous, débiles et profiteurs. C’est comme cela que les femmes deviennent vénales et que les hommes perdent toute humanité. Malgré tout, je comprends que l’argent soit utile, parce que maintenant, un homme sans argent est un homme qui mourra de faim, de soif, ou qui mourra de froid car il n’aura pas de logement. L’argent est devenu plus important que manger ou boire. C’est regrettable, mais inchangeable, malheureusement.

Malgré tout, je me sentais de mieux en mieux dans ma vie. Pourquoi, je ne savais pas, mais je me sentais un peu mieux chaque matin, que le soir passé. Ma vie se voyait légèrement plus égayée, ensoleillée. Les gens semblaient plus souriants depuis quelques temps. Peut-être que l’arrivée des vacances d’été rendait les gens plus épanouis. Je m’amusais à peindre, chaque année à l’arrivée de l’été, les gens qui sourient, ce qui change brutalement des autres peintures que je peux faire, montrant la tristesse qui peut se lire à travers mes yeux, sur le visage des gens que je croise dans la rue. Mes toiles ne plaisent pas toujours parce que justement, elles représentent quelque peu, la moquerie de la race humaine. Ce que je n’apprécie pas, c’est l’égoïsme présent dans le caractère de chacun des êtres humains. Tous assoiffés de pouvoir et d’argent, ils ne réalisent pas qu’ils font couler du sang et qu’ils mettent des gens hors de chez eux, juste pour avoir un peu plus d’argent. Ce que je dénigre, c’est le manque d’humanité dans le sang des humains. On ne regarde pas ce que son prochain aura, on regarde ce qu’on n’a pas, sans prendre conscience de la chance d’avoir ce qu’on a déjà. C’est pour ça que je n’ai aucun ami qui est fier de montrer sa richesse juste pour faire des jaloux. Quand bien même Zéphyr n’a pas de soucis financiers comme je peux en avoir, il n’est pas le genre de personne à jouer l’égoïste prétentieux et à se montrer détestable. Ce que j’aime, c’est sa simplicité et surtout, le fait qu’il ne me jugera pas. Nous avons tous besoin d’ami comme lui, au moins un. Je dénigre le fait d’avoir pleins d’amis, vous l’aurez sûrement compris, mais être sans ami est une chose totalement horrible et invivable. Sans Zéphyr et les quelques amis que j’ai, qui, je le répète, se comptent sur les doigts de la main, je serais malheureux… Je pense même que je ne pourrais plus faire partie de ce monde sans personnes comme Zéphyr pour m’épauler, m’aider à me ressaisir, me faire partager sa vision des choses comme nous le faisions d’ailleurs actuellement, dans ce parc de la ville qui regroupait bon nombre de personnes tout à fait différentes de nous, d’un point de vue interne. Tous ces gens arrivaient au parc avec pour seule envie de manger ou bien de se reposer, au calme parce que les parents sont énervants ou parce que les enfants sont à l’école et épuisants. Chacune des visites que j’entreprenais ici était un cauchemar… Devoir affronter ces gens qui puent la bonne santé, l’argent et la joie de vivre me rendait fou, mais c’était une réelle source d’inspiration pour mes toiles. Malheureusement, seule la nature n’arrivait pas à me faire créer, j’avais besoin de personnages en mouvement pour pouvoir faire voir d’autres choses.

Il est vrai que personne ne pouvait décider de notre vie future avant même que nous soyons nés. C’est une sélection naturelle et il faut bien qu’il y ait des malheureux, la vie ne serait alors pas ce qu’elle est. Faite d’injustices, de différences sociales, il faut de tout pour faire un monde comme on le dit souvent. Il fallait donc des gens riches dépourvus d’humanité, des gens pauvres généreux et des gens normaux, qui travaillent pour payer leurs impôts et qui ont des enfants après s’être mariés. Parfois, pour ne pas dire toujours, les gens ne changent pas de milieu social quand ils grandissent. Je veux dire par là qu’il est foutrement rare qu’une princesse épouse un SDF alors qu’un ouvrier se mariera volontiers à une ouvrière. C’est même regrettable… Ça voudrait dire que je mettrais du temps à trouver celle qui partagera ma vie puisque je fais partie du milieu de la rue, même si je n’y vis pas. Je compris vite alors que ma théorie n’était peut-être pas aussi fondée que je ne le pensais. Après tout, qui pouvait endosser ce rôle… qui pouvait se permettre de donner le malheur à toute une famille sans même les connaître… C’est inhumain. « Tu veux que j’te dise ? J’crois que t’as raison. On n’a pas le droit d’écouter les gens qui nous disent des conneries. On n’a pas le droit de se laisser faire. On doit faire ce qui nous plaît, quand ça nous plaît et où ça nous plaît. Si t’as envie d’être heureux, ça ne tient qu’à toi. J’crois qu’on doit faire table rase du passé et recommencer une nouvelle vie. » J’aurais aimé continuer ma vie tout en ne sachant rien du passé. J’imagine que le passé a fait de moi la personne que je suis désormais et que je serais fortement différent sans cette mère droguée, alcoolique et prostituée, mais je me demande si j’aurais préféré ne rien savoir. C’est malgré tout, une partie de moi. La plus laide partie de moi, mais si on l’efface, il n’y a plus de passé, je ne suis plus moi. Il y a une phrase qui dit qu’il ne faut pas regretter ou dénigrer le passé parce qu’il fait ce que nous sommes à l’heure actuelle. Cette phrase, je l’ai entendue il y a quelques temps et c’est elle qui m’a fait prendre conscience de mon histoire et de la chance que j’ai de la connaître. Bien sûr, j’aurais préféré avoir une histoire plus belle et pourquoi pas plus féérique et la connaître également, il y a des gens qui n’ont même pas la chance de savoir qui sont leurs parents, où ils ont grandi, qui les a élevé… Moi je savais tout ça et c’est d’ailleurs tout cela qui a fait de moi ce grand homme triste à longueur de journée, qui ne sourit jamais. « C'est exactement ça... et pour commencer une nouvelle vie, il faut s'entourer de bonnes personnes. Et faire une liste de toutes les choses qu'il faudra faire pour être heureux ! Qu'est-ce que tu en penses ? Demanda-t-il avant de sourire. Je ne pus m’empêcher de faire pareil. Il reprit de plus belle afin de me dire ce dont lui avait besoin pour être un peu plus épanoui dans sa vie. Comme par exemple… J'envisage sérieusement de faire un long voyage pendant mes vacances d'été... » Un voyage ? Pourquoi pas, même si j’imagine que je partirais plus faire de l’humanitaire plutôt que d’aller visiter un pays qui n’a pas besoin de mes maigres économies. « J’pense que t’as raison, dis-je avant de faire une brève pause et de reprendre, je ne sais même pas de quoi j’aurais besoin. J’aimerais faire un voyage humanitaire afin d’arrêter de me lamenter sur mon passé… T’aimerais toi ? » dis-je avant de mener mon regard vers le sien.
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