Dans le creux de tes bras je peux dire que l'éternité existe. Sören.
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Dans le creux de tes bras je peux dire que l'éternité existe. Sören.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage




avatar


☂ Age : 25
☂ Nombre de cartons : 1372
☂ Loyers payés : 7162
☂ Je me trouve : Dans ma chambre ou chez mon frère
☂ Je suis : Barmaid, Danseuse & Etudiante en musique
☂ Mon humeur est : perdue


Appart 406

MessageSujet: Dans le creux de tes bras je peux dire que l'éternité existe. Sören. Sam 20 Oct - 0:06


SÖREN & NYMPHÉA
Son visage éclairé par la lune... ses yeux brillants comme les étoiles... A cet instant... le temps n'existe plus. Nous sommes seuls... et ce moment semble éternel. Nous sommes surement persuadés que l'éternité existe.



Dis, petite sœur, me vois-tu ? M’entends-tu ? Entends-tu mes pensées ? Es-tu dans cette pièce ? Les fantômes existent-ils réellement ? Dit, sœurette, tu crois qu’un jour j’arriverai à retrouver le sourire ? L’ais-je déjà eu seulement ? Dit Lila, tu crois qu’un jour je trouverai le bonheur ? Que fais-tu là où tu es ? Le paradis existe-t-il ? Lila… Ma chère Lila, j’aurai aimé que l’on s’entende mieux, mais dans un sens, si nous avions étaient fusionnelles comme de vraies jumelles auraient dû l’être peut-être qu’aujourd’hui je ne connaitrais pas ces sentiments qui m’envahissent… Peut-être que ça serait pire ? Mieux ? Je n’en sais rien. Je ne regrette pas d’avoir était ton souffre-douleur, ou quand bien même de t’avoir haït à certains moments de ta courte vie. Pour rien au monde je ne veux rien changé, car sans cela, tout serait différent. Ces pleurs, ces crises de jalousie, ces moments où on était proche à se câliner et à dormir ensemble pour qu’au petit matin, tu me haïsses encore plus… Lila, es-tu heureuse dans ton nouveau monde ? Soit heureuse pour moi, car moi je meurs doucement et je n’ai pas l’envie de me battre. Lila, je veux mourir.

Ouvrant doucement les yeux, allongée sur le sol de mon salon, je fixe doucement le plafond, dans la nuit noir de Friendswood. Les volets ne sont pas fermés, et les étoiles et la lune me permettent de voir les reflets de la nuit dans mon appartement. J’inspire profondément, comme pour chasser les mauvaises pensées qui m’envahissent, mais surtout, pour ne pas pleurer. Zut, j’ai beau respirer lentement rien ne fait, une larme coule sur ma joue. Une autre l’accompagne, ça y est, je pleure, je ne peux pas me contrôler, c’est même horrible. Je me mords la langue, me pince les lèvres, je me mords même l’intérieur des joues mais non, c’est pire, je pleure encore plus. Ma gorge se noue, j’éclate carrément en sanglot, incontrôlable, j’ai envie d’hurler, d’évacuer la douleur qui sommeille en moi et qui me bouffe la vie. Je veux extérioriser, pourquoi je n’y arrive pas ? Si je cri, en pleine nuit, mes voisins vont surtout me prendre pour une folle. Ou croire qu’un tueur ou un violeur est entré chez moi. Bref, je ne peux pas. Quand bien même je pourrais, je crois que je n’y arriverais pas. Je me recroqueville, position du lotus, et je m’entends sangloter alors que mes ongles griffent le parquet dans un infime espoir de m’accrocher à quelque chose. Pourquoi suis-je seule ? Pourquoi personne n’est là ? Aidez-moi, est-ce que quelqu’un m’entend ? Je me le demande. Mes joues sont humides, mon nez coule et je me mets à renifler. Je me fiche d’être immonde à voir, je me fiche d’être idiote à pleurer autant tous les jours, mais je suis au bord du gouffre. Non, je suis tombée loin dans le gouffre, le néant m’enivre, le néant est en moi, je suis foutue. La maladie m’emporte, je ne lutte plus, à quoi bon ? Je ne rêve que d’une chose, mourir le sourire aux lèvres. Un doux rêve irréalisable. Aidez-moi… Pitié… sous un brusque sanglot, je griffe le parquet et me casse un ongle. Je lâche un faible cri de stupeur puis la douleur se glisse en moi. Suis-je folle ou la douleur a comme un gout de satisfaction ? Je regarde mon ongle cassé, comme fasciné alors que mes larmes coulent encore sans que je ne puisse les arrêter. L’espace d’un instant, l’idée de me faire du mal m’envahit. Non, je n’ai pas le droit. Je ne peux pas. Et pourtant, je ne sais comment, je me retrouve debout dans ma salle de bain, face au miroir le rasoir entre les mains. Suis-je si désespérée que cela ? Il faut croire que oui. Alors machinalement, comme si je l’avais fait toute ma vie, je glisse cette lame contre ma peau douce et blanche, presque cadavérique et je ressens une satisfaction que je n’avais jamais ressenti auparavant. Un sentiment de délivrance. Lila, vois-tu comme à cette instant je me sens bien ? Lila, je souris.

Lorsque j’ouvre les yeux, je suis allongée sur mon lit, comment ? Je n’en sais rien. Mon dernier souvenir se passe dans la salle de bains. Ma mémoire met un temps fou à revenir, puis je regarde mon poignet. Il est faiblement couvert de sang. Mon nez se plisse à la vue, mais pourtant un faible sourire se loge alors sur mes lèvres. Je me lève, je regarde autour de moi et j’entends un faible couinement. Mars ? Je me lève et j’ouvre mon dressing. Il en sort en courant. L’ai-je vraiment enfermé là-dedans ? Il fallait croire que oui. Mais qu’ai-je fais hier soir ? Peu à peu mes souvenirs reviennent. Cachet, alcool, la dépression ne me réussit pas. Je file alors sous la douche et je prends tout mon temps. Une fois douchée, j’enfile un petit short d’intérieur et un débardeur avant d’entendre sonner à la porte. Surprise, j’hésite à aller voir qui sait. Sans un bruit je regarde rapidement par le fameux « œil de Judas » avant d’ouvrir en voyant qu’il s’agit de Sören, mon grand frère. Je suis heureuse de le voir ! Il n’a même pas idée… Une fois la porte fermée, je me jette sur lui et je le serre dans mes bras comme si ma vie en dépendait mortellement. Mes lèvres glissent dans son cou et je l’embrasse rapidement. Une coutume entre nous. Le bisou ! Le câlin ! Nous sommes tout de même proches et c’est surement pour cela que je suis toujours ici. Car Sören m’a toujours soutenu et a toujours été présent dans ma vie. Tout comme Shoshana et Yannis. Me détachant de lui, je souffle un faible coup. « Comment tu vas ? Je préfère que tu ne me retournes pas la question… » Je marmonne rapidement, comme pour lui dire, que moi, ça ne va pas. Une fois bien installé dans mon salon, sur le canapé plus précisément, collé l’un à l’autre, on se met alors à parler. A vrai dire, nous sommes deux déprimés dans la même pièce. C’est assez bizarre… Je crois que c’est de famille. Notre famille n’a pas le droit au bonheur, c’est une évidence même…

Pathétique. Et quoi de mieux pour digérer deux dépressions trop lourde à supporter ? De l’alcool. En ce moment je bois beaucoup mais je m’en fous. Tant pis. Alors on boit, on boit, le temps passe et on boit. A tel point que je me sens ailleurs, dans le même état que hier soir. Pourtant, la journée est bien avancée. A tel point que nous sommes déjà en fin d’après-midi. Totalement ancré sur le canapé tous les deux, je me redresse doucement, et me met à pleurer. Je n’en peux plus. Je ne peux plus rester ainsi. Je sens ses bras m’envelopper, sa chaleur me rassure, avec lui je suis moi, avec lui, je ne joue pas un jeu, je suis Lilo, je suis sa sœur, le seul à me connaitre entièrement. « Je n’en peux plus Sören. Je ne peux plus avancer. Cette vie je la déteste, pourquoi ? Pourquoi on souffre autant ? Tu peux me le dire ? J’ai l’impression que mon cœur est vide. Que je suis dans un corps qui ne m’appartient pas. Une coquille vide. Je suis morte de l’intérieur… Sören… » Je marmonne doucement alors que les larmes coule. Je le vois pleurer lui aussi. Je sais que ça le fait tout autant souffrir que moi. On se regarde, ses yeux bleus sont beaux, tellement beaux. Translucide. J’ai toujours été jalouse de ses yeux. Ne bougeant pas une seule seconde, ne vrillant pas nos regards, je le vois s’approcher doucement de moi. Sans prendre le temps de réfléchir, naturellement, je m’approche à mon tour, comme subjugué et curieuse. Mon cœur se met à battre la chamade et alors nos lèvres se rencontrent. J’ai l’impression que mon sang se glace en moi. J’ai déjà embrassé mon frère, sur la joue, dans le cou, sur le front, mais ce baiser sur les lèvres, comme une déclaration, me rend nerveuse et folle à la fois. Pourquoi je me sens bien. Nos lèvres se caressent doucement alors que nous ne nous quittons pas du regard. Il s’agit de mon frère et je n’ai aucune honte à ce que l’on s’embrasse. Baiser chaste ? Je recule faiblement, et je le questionne du regard, avant de poser mes mains tremblantes sur ses joues pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres. Lila ? Je crois que je suis le même chemin que nos parents …