Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr]
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 Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr]

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MessageSujet: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Ven 5 Oct - 3:42

    La vie était loin d’être facile, aucun doute là-dessus. Mais on continuait à avancer droit devant, comme on pouvait, avec les armes qu’on trouvait sur le chemin. J’avais un programme de fou au cours, j’avais 3 personnes de ma famille à l’hôpital ou dans une institution spécialisée. Aujourd’hui, on était parti en fin d’après-midi avec mon frère pour aller visiter notre maman atteinte d’Alzheimer. Je déteste cette maladie plus que tout, c’est horrible de voir sa propre mère qui ne te reconnaît pas quand tu viens la voir, qui t’appelles mademoiselle en te demandant ce que tu viens faire ici… Je déteste aller la voir quand elle est dans des périodes down. Parfois, c’est agréable, elle a toute sa tête et nous reconnaît, on peut jaser avec un peu jusqu’à ce qu’elle soit fatiguée. Ces journées là sont vraiment agréables. Aujourd’hui, on est tombé sur un plus ou moins bon jour, quand on est arrivé, elle était bien, on a pu parler un peu. Et puis soudain, elle a eu un moment d’absence, ça faisait tout juste une heure qu’on était avec elle et quand elle est sortie de sa torpeur, elle ne se rappelait de rien, était agitée et ne comprenait pas ce qu’elle faisait à l’hôpital. Les infirmières ont dû lui donner des médicaments pour la calmer et puis elles l’ont recouchée puis nous ont demandé de partir… C’est vraiment terrible de voir sa mère dans cet état-là, alors qu’elle n’est même pas si vieille que ça. Ça me brise le cœur. Et puis, on a l’esprit de famille chez nous, donc même si c’est terrible… et bien on continuera à aller voir notre mère, notre frère qui est dans le coma et notre autre frère qui est en institution spécialisée. C’est dur, mais on les aime pareil. C’est juste que quand tout te tombe sur le coin du nez en l’espace d’un an à peine, et bien c’est nettement plus rude sur le moral. Heureusement, on est deux et on peut se soutenir. Zéphyr et moi, on est un peu comme les deux doigts d’une seule main… Frère et sœur, on sera toujours là l’un pour l’autre. Le cœur est bien plus fort que le sang.

    Ça, ça avait été la deuxième visite. La première avait été un saut pour aller voir notre frère en institution. Cette visite-là était moins difficile, parce qu’on voyait qu’il était bien soigné et qu’il s’épanouissait dans son nouvel environnement même si on lui manquait beaucoup et qu’il voulait toujours voir maman et papa. On lui expliquait ce qui se passait à chaque fois, mais il l’oubliait souvent puis s’en rappelait soudainement. Quand on l’avait intégré dans cette structure, ses capacités d’autonomie avait bien baissé à cause de tous ces changements brutaux. Mais maintenant que cela faisait déjà longtemps qu’il était là, il était redevenu presque autonome. Ils faisaient de belles sorties avec ses amis du centre, toujours accompagné évidemment, il avait un peu d’argent de poche et il s’épanouissait. On apprit même aujourd’hui qu’il était amoureux d’une jolie fille du centre. C’était des visites qui vous mettait du baume au cœur et qui enlevait un peu l’impression de l’abandonner que j’avais eue quand on avait pris la décision de l’intégrer ici.

    Notre visite du jour avait donc plutôt mal tourné et c’est le moral dans les chaussettes et le cœur lourd que je sortis de l’hôpital avec Zéph. Ce soir, c’était lui qui conduisait et à vrai dire j’avais hâte de rentrer. Je sais pas trop qu’est-ce que je ferais mais j’avais besoin de me détendre et d’arrêter un moment de penser à tout ça. Zéphyr et moi, on avait quand même une vie et même si parfois j’avais l’impression d’être en train de l’oublier, mon frangin me rappelait à l’ordre, comme quand j’avais voulu abandonner mes études de danse. On était remonté en voiture et Zéph conduisait en direction de la maison, je savais pas trop, mais ce dont j’étais sûre c’est que j’avais pas franchement envie de finir la soirée toute seule à broyer du noir dans mon petit appart. On papotait de tout et de rien en roulant dans la ville, mais le cœur n’y était pas trop encore. Voir notre mère dans cet état a toujours tendance à nous mettre le moral dans les chaussettes. Soudain, au milieu de la discussion sur la circulation (ouais, super passionnant aucun doute), je me retourne et le regarde.

    T’as quelque chose de prévu pour à soir?

    Je lâche un long soupire et je me retourne à nouveau pour regarder la route.

    Si t’as rien, je te propose qu’on se boive un verre de vin en mangeant un morceau… J’ai une super bonne bouteille qui n’attend que nous.

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MessageSujet: Re: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Lun 8 Oct - 0:59

Véro & Zéph
J'ignorais à quel moment ma vie avait à nouveau prit cette tragique tournure. A quel moment la douleur avait-elle prit tant d'ampleur, que je m'étais avéré incapable de faire semblant, comme je le faisais pourtant à la perfection depuis des années ? Je ne savais pas ... Et ça avait quelque chose de sacrément ennuyeux. J'aurais aimé être capable de retrouver le sourire et la joie de vivre qui avaient toujours ou presque, fait partis de moi. Mais j'étais las depuis quelques temps, de faire semblant. Las de me battre contre la vérité, qui était : 'j'ai une vie de merde, un passé de merde et je ne sais comment aller de l'avant'. Le fait était que rien n'était aussi simple que ce que j'aurais bien voulu pourtant. Mais je devais l'accepter et continuer. Alors tous les jours, je me levais de sorte à arriver au travail, à neuf heures. Ceci alors qu'avant, j'arrivais à sept heures trente. Mais le fait était que je dormais moins bien et que du coup, le matin c'était plus difficile de se lever. Et le soir, je quittais mon coin travail entre dix huit et dix neuf heures. Et c'était ainsi tous les jours de la semaine. Après tout, ça n'avait pas de réelle importance, puisque personne ne m'attendait chez moi. Fut un temps où j'avais cru que Nymphéà pourrait être la personne qui m'attendrait ou me rejoindrait le soir quand je serais de retour chez moi. Mais j'avais finalement perdu tout espoir. Elle m'évitait depuis longtemps et j'avais décidé de faire de même. Finalement, je m'étais peut-être juste ... Totalement planté la concernant. Je croyais que les sentiments que j'avais à son encontre, étaient réciproques. Mais si tel avait été le cas, pourquoi avait-elle prit la poudre d'escampette, après quelques nuits partagées chez moi ? Pourquoi m'éviter et parfois même m'ignorer ? J'avais cru que cette histoire était le début de quelque chose. Et depuis cette période là qui remontait à quelques semaines maintenant, ça me rongeait de l'intérieur. Vivre en reclus comme je le faisais maintenant, n'était peut-être pas une bonne idée. Mais j'avais besoin de temps pour remettre un peu d'ordre dans tout ce bordel. A croire que mes vacances prolongées n'avaient pas été suffisantes pour ça ...

« T’as quelque chose de prévu pour ce soir ? » Difficilement, je sortis de ma torpeur, pour lancer un vague regard en direction de ma soeur. Encore une fois, je me surprenais à m'être totalement perdu dans mes pensées, mes souvenirs, mes réflexions. J'en étais arrivé à oublier que j'étais en train de conduire pour rentre chez nous, dans l'immeuble où nous vivions maintenant tous les deux. Et puis je pris le temps de la réflexion, pour lui répondre. Non, je n'avais rien de prévu ce soir là. Et c'était ainsi depuis mon retour de vacances. Je n'avais pas le coeur à avoir quoi que ce soit de prévu finalement. Aussi étrange que cela puisse paraître d'ailleurs, venant de moi. J'avais bien fais quelques sortis avec Ryan. Mais rien de comparable avec tout ce qu'on avait pu faire de par le passé. Pas de fête gigantesque où je connaissais et parlais à tout le monde. « Si t’as rien, je te propose qu’on se boive un verre de vin en mangeant un morceau… J’ai une super bonne bouteille qui n’attend que nous. » Aussitôt, je retrouvai le sourire. Pas un immense sourire comme j'en avais l'habitude. Plutôt une ébauche, quelque chose qui ressemblait quand même un peu à un sourire. Juste de quoi la rassurer elle. Parce qu'elle passait avant moi même dans mon esprit et que c'était ce qu'elle pensait, qui passait avant même ce que je ressentais en réalité. Bref, il me semblait que ma vie tournait autour d'elle maintenant. Parce que nous étions seuls au monde. Et cette petite visite à notre mère et à notre frère, était là pour le prouver. C'était justement cette visite qui nous minait autant le moral à l'un comme à l'autre. « Même si j'avais eus quelque chose de prévu, j'aurais choisis de passer la soirée avec toi ! Alors va pour le vin et la nourriture ! » Lui répondis-je en souriant légèrement, avant de me concentrer à nouveau sur la route. Le silence retomba. Nous avions épuisés le sujet de conversation qui tournait autour de la météo, puis celui de la circulation. Tous les deux, nous tentions surtout de ne pas repenser à notre mère dont l'état ne faisait que se détériorer. Ni à notre frère qui n'était pas là où nous aurions aimé qu'il soit. C'est à dire, avec nous. Notre vie pesait trop lourd, pour des épaules aussi jeunes que les nôtres. Mai c'était ainsi. On ne choisissait pas. « T'as pas besoin qu'on s'arrête quelque part, pour acheter quoi que ce soit ? »



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MessageSujet: Re: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Ven 12 Oct - 11:49

    Depuis quelques temps, je voyais mon frère dépérir et ça me fendait le cœur. Je savais bien qu’il essayait de me cacher son état d’esprit. Il ne me mentait pas, il faisait juste essayer de sourire en ma présence. Le truc, c’est que moi non plus, je n’étais pas dans mon assiette… et malgré le fait que parfois j’arrivais quand même à rire et bien il restait toujours une ombre à mon humeur. Depuis les vacances de Zéphyr, la mort de notre grand-frère et le fait que notre père est tout juste revenu pour assister aux funérailles… et bien c’était pas la joie! En fait c’était encore pire qu’avant. J’avais dû régler la plupart des détails concernant notre frère pendant qu’il était en vacances et ça avait vraiment été difficile. C’était la première fois que je devais m’occuper de ce genre de chose et je n’avais eu personne pour m’aider. Je n’avais pas voulu lui gâcher son séjour et j’avais donc attendu pour lui dire que notre grand-frère était décédé. Il s’était enfin réveillé après des mois de coma, mais ça n’avait pas duré plus de quelques heures. L’hôpital avait tenté de me rejoindre mais il n’y avait pas réussi. J’ai été la première sur les lieux, mais je suis arrivée une heure trop tard, ils avaient déclaré la mort. Je m’en veux tellement… il s’est réveillé et je n’étais pas là, nous n’étions pas là près de lui. Il est parti alors qu’il était seul, juste entouré par les médecins. C’est trop triste et je sais pas si je serais capable un jour de me le pardonner. Tout ça pour dire que le moral n’était pas vraiment là et puis que cette journée n’avait rien fait pour l’améliorer. Oui, notre petit-frère se portait bien, de mieux en mieux même, mais ça ne changeait rien au fait qu’à chaque fois qu’on allait lui rendre visite, la culpabilité nous rongeait. Il aurait dû être avec nous, c’était la seule chose qu’on voyait.

    À ma proposition de ce soir, j’eus droit à un presque sourire et je lui souris à mon tour. Faut avouer qu’heureusement qu’il est là, parce que sinon, je pense sérieusement que j’aurais sombré. J’avais failli tout planter il n’y a pas si longtemps et j’y pensais encore parfois, mais Zéphyr m’avait convaincu de continuer et je pense qu’il a raison sur ce point-là. Enfin, il me répondit assez vite et sa réponse me fit sourire un petit peu plus. Même s’il avait eu autre chose, il aurait dit oui. Ça me soulage, après ce genre de journée très éprouvante, j’ai besoin plus que tout de passer du temps en famille, et il était la seule famille qu’il me restait. Plus le temps passait, plus on avait l’impression que tout tournait de travers pour nous. Tout s’écroulait en fait. Le silence était retombé dans la voiture, nous étions tous les deux perdus dans nos pensées avec plus aucun sujet de discussion de base à évoquer. Et puis sa voix me sortit de mes tergiversations, je relevai la tête vers lui. Est-ce que j’avais besoin d’acheter quoi que ce soit? Je n’étais pas trop sûre en fait… je sais que j’ai du vin, et du bon en plus… plusieurs bouteilles du même millésime qu’on pourrait boire en mangeant quoi? Dans mon frigo, je dois avoir un peu de légumes, des yoghurts sans lactose (c’est pas vraiment des yoghurts mais bon…) et puis… c’était à peu près tout. Et puis dans les placards? Mmh, quelques biscuits, des chips bios… rien de vraiment bien nourrissants. Bon, j’ai encore des pâtes et de la sauce tomate, ça j’en ai toujours en réserve au cas où! Enfin, tout ça pour dire que j’ai pas grand-chose.

    Je peux te proposer des pâtes, sauce tomate… Mais on pourrait s’arrêter pareil pour acheter du fromage râpé et puis un gros dessert plein de sucre pour nos morals en grève…

    Je le laissai se garer dans le parking de la petite supérette pas très loin de l’Impasse, pas très grande mais absolument suffisante pour ce que nous avions besoin. Je pose la main sur la portière et me retourne vers lui.

    Tu as besoin de quelque chose? Je fais vite… Enfin, tu peux venir hein.

    Je sors de l’auto et vais dans le magasin acheter le nécessaire, je n’oublie rien et achète plein de trucs en plus… puis ressort assez rapidement et retourne dans la voiture. Faire les choses vite et bien, voilà mon état d’esprit pour les courses! Pourquoi? Simplement parce que je n’avais qu’une seule et unique envie… celle de rentrer chez moi avec Zéphyr, qu’on s’enferme en buvant et en papotant de nous. Une soirée pleine d’égoïsme, comme parfois on en a besoin!

    Rentrons… et puis on s’enferme! Je veux voir personne avant demain au minimum!

    Ça s’entendait évidemment par personne à part mon frangin!


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MessageSujet: Re: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Dim 21 Oct - 4:40

Véro & Zéph
Depuis mon retour de vacances, je ne faisais même plus semblant d'être constamment heureux et enjoué. A la vérité, c'était même tout le contraire. Je me contentais d'être constamment morne et dans un état pitoyable. Je me traînais dans les couloirs de l'immeuble, dans mon appartement et au bureau, comme une véritable âme en peine. Le fait était que plus rien n'allait.J'avais l'impression que tout était définitivement en train de prendre une sale tournure pour moi. Mon frère était finalement mort. Étrangement, j'avais gardé espoir jusqu'au bout. J'avais vraiment cru encore et encore, qu'il allait finalement rouvrir les yeux tôt ou tard. Oh, il l'avait bel et bien fait. Mais ça avait été pour mieux nous abandonner ensuite. Faux espoir si l'on puis dire. Et le pire dans tout ça, c'était sans doute le fait que je n'avais pas été pour assister à son bref réveil. Mais aussi et surtout, je n'avais pas été là pour soutenir ma soeur, face à tout cela. Je n'avais pas été là pour l'aider alors qu'il fallait faire face à la mort de notre frère et à tout ce que ça impliquait à côté de ça. Bref, j'avais été idiot. Un grand frère parfaitement inutile. Une part de moi comprenait tout à fait, qu'elle ait pu choisir de ne pas m'appeler pour me demander de rentrer sur le champ. Tout simplement parce que oui, j'avais sacrément besoin de vacances. Mais si elle m'avait appelé, je n'aurais pas hésité à faire demi tour. A vrai dire, je ne pensais avoir vraiment bien profité de mes vacances. A part rouler et encore rouler, je n'avais pas fais grand chose. J'avais surtout besoin de me vider la tête. Et c'était de cette façon que je m'y étais pris. Ni plus ni moins. Quelque part, ça avait quand même plus ou moins porté ses fruits. Après tout, je n'avais pas trop pensé à tous mes problèmes, du temps qu'avait duré mon long voyage. Mais une fois de retour, en réalisant qu'ils avaient empirés, le poids de ma vie m'était lourdement tombé sur le épaules. Bien plus lourd qu'avant.

Malgré tout, il fallait continuer. Continuer de vivre. Continuer de sourire. Continuer de fréquenter les personnes qui m'entouraient. Et ma petite soeur se trouvait en tête bien entendu. C'était bien pour ça que je venais de me rendre au chevet de notre mère et de notre autre frère, avec elle. Parce que nous avions besoin de le voir. Et parce que c'était ensemble ou rien ... Parce qu'à deux, nous étions tellement plus forts que séparément. Cela allait de soit d'ailleurs ! Quand Vero me proposa de boire un verre et de manger un bout chez elle, je n'hésitai pas à accepter. Même si je pressentais que nous allions plus boire que manger. Nous n'étions pas du genre à noyer notre chagrin dans l'alcool. Mais pour sûr, ça nous permettait de nous déconnecter un peu de tout ce qui nous était tombé dessus dernièrement et de pouvoir avancer encore un peu. Supporter l'insupportable ... Bref, il fallait surtout que nous pensions à notre joyeuse soirée à venir. Parce que nous allions tout faire pour retrouver le sourire, au moins le temps de quelques heures. Ce serait même notre objectif premier ! Je finis par lui demander si elle avait besoin que l'on s'arrête, pour acheter quelque chose. J'ignorais si elle avait réellement de quoi manger chez elle ou si elle ne manquait pas de quoi que ce soit par le plus grand des hasards. « Je peux te proposer des pâtes, sauce tomate… Mais on pourrait s’arrêter pareil pour acheter du fromage râpé et puis un gros dessert plein de sucre pour nos morals en grève… » J'affichai un léger sourire. Plus faux qu'autre chose bien entendu. Mais c'était mieux que rien et c'était pour tenter de la rassurer un minimum. Je n'en n'étais pas encore au point de pleurer à tout bout de champ. Peut-être que ce n'était palus très loin. Mais pas encore !

Sans répondre par autre chose qu'un simple hochement de tête positif, je me garai dans le parking de la supérette, qui se trouvait non loin de l'immeuble. Le temps d'arrêter le moteur et je tournai le regard vers elle, alors qu'elle allait descendre. « Tu as besoin de quelque chose? Je fais vite… Enfin, tu peux venir hein. » Je laissai échapper un vague rire et levai les yeux au ciel Je pouvais y aller avec elle, en effet. Sauf que nous n'allions pas nous attarder ici alors autant qu'elle y aille seule, pour pouvoir revenir au plus vite. Histoire que nous filions tout aussi rapidement, pour rentrer à l'immeuble. « Si tu pouvais me ramener un pot de beurre de cacahuètes .... Ca ferait de toi la meilleure soeur de l'année ! » Répondis-je simplement, en souriant en coin. Et c'était sérieux. Je manquai cruellement de beurre de cacahuètes. Entre la patte à tartiner et le beurre de cacahuètes; j'en faisais presque mes repas ces derniers temps. Ce qui n'était pas bien recommandé. Mais à vrai dire ... Tant pis ! Je la suivis du regard quand elle quitta la voiture et s'éloigna en direction du magasin. En l'attendant, je me laissai aller dans le fond de mon siège, tendant de chasser absolument toutes le pensées de mon esprit, pour le conserver parfaitement vide, au moins quelques minutes. Et bientôt, elle fut de retour. Elle était allée encore plus vite que ce à quoi je m'étais attendu. « Rentrons… et puis on s’enferme! Je veux voir personne avant demain au minimum ! » Un léger sourire accroché à mes lèvres, je remis le contact et démarrai, pour quitter tranquillement le parking et prendre la direction de l'immeuble. « Eventuellement après demain, si jamais on fini dans un piteux état ! » Plaisantai-je, peu de temps avant de m'engager dans l'immeuble du parking, où je me garai bien vite. Une fois la voiture arrêtée, je la quittai et en fis le tour pour rejoindre ma soeur de l'autre côté. Je récupérai ainsi ses emplettes et haussai les sourcils de surprise devant la quantité qu'elle avait acheté. Plus que prévu en tout cas. « J'rêve ou t'as acheté tout plein de cochonneries ? » Demandai-je sur un ton hilare, avant de prendre la direction de l'immeuble.



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MessageSujet: Re: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Lun 5 Nov - 23:14

    J’étais consciente que mon frère vivait notre fardeau encore moins bien que moi… déjà que je trouvais que je m’en sortais tout juste, j’avais le sentiment que Zéphyr avait encore plus de mal. C’est pour ça que je ne lui disais rien… rien sur les problèmes de santé qui m’avaient accablé. Bon, ce n’était peut-être rien de grave, même sûrement en fait, c’était une bonne excuse pour ne rien dire non? Ne pas l’accabler davantage avec quelque chose qui n’était pas vraiment grave. J’avais pris la bonne décision? Je n’en étais pas vraiment certaine. Je n’aimais pas lui mentir, ou plutôt lui cacher la vérité, mais est-ce que j’avais vraiment le choix? Oui et non… Oui, parce qu’on a toujours le choix. Et non, parce que je pouvais pas rajouter un fardeau de plus sur les épaules de mon frère. Il y en avait déjà assez comme ça. Bref, ça faisait plein de trouble dans mon esprit pour pas grand-chose, il fallait juste que je cesse d’y penser. J’y arrivais plutôt bien en présence de Zéphyr, c’était plutôt dès qu’il partait que le problème apparaissait vraiment, ne me laissant plus un instant de répit!

    Mais bon, on était rentré tranquillement après que je me sois arrêté acheter plein de cochonneries et un pot gigantesque de beurre de cacahuètes pour mon frère accro qui me l’avait demandé si gentiment. Parce que bon… la meilleure sœur de l’année, c’est déjà moi et je le sais. Durant le court arrêt (court parce que je m’étais dépêchée à fond… n’ayant aucune envie de voir du monde ou de devoir faire la conversation à du monde…), j’avais annoncé mon désir de juste rester enfermée au moins jusqu’à demain, il a ajouté peut-être un jour de plus au cas d’une cuite. C’est sûre qu’il y avait de bonne chance pour qu’on s’en prenne une, en tout cas, c’était assez mon but en fait. Une fois garé, nous sortîmes de la voiture et mon frangin prit les courses que j’avais faites. Quand il me demandait s’il rêvait en voyant toutes les cochonneries que j’avais achetées, je pris un air angélique puis lui tirai la langue en riant. Et non, il ne rêvait pas. J’avais bien acheté tout ça. Ben quoi? J’avais un gros besoin de sucre! Et j’avais aucune raison de résister à cette tentation qui était bien trop fortes! Et puis son ton me fit sourire un peu plus, il avait l’air soudain d’aller un peu mieux. Je savais bien que ce n’était qu’une impression, un rire passager, mais même ceci faisait du bien à voir. J’aimais voir un sourire, un rire sur le visage de mon frère qui n’allait pas bien. Ça me réchauffait le cœur et me faisait aller un peu mieux. Je lui réponds même pas et le prend par la main pour l’entraîner avec moi à la maison. Après une montée de quatre étages en ascenseur (parce qu’il n’était pas question de monter à pied…), je l’entraînais à mon appart. Dévérouillage de porte, je le fais entrer puis lui prend le sac qu’il porte pour l’emmener à la cuisine et le défaire. Le fromage et le chocolat au fridge, le reste des biscuits dans une armoire puis je sors une bouteille de vin et la montre à Zéphyr.

    Un petit Chardonnay de Californie… ça te va?

    Je lui fais un clin d’œil, ouvre la bouteille et nous sert deux verres puis lui en tends un. Je trinque avec lui en souriant.

    À notre cuite de ce soir… qu’elle soit mémorable et violente…

    Je bois une gorgée puis vais sortir une casserole dans laquelle je mets de l’eau et du sel, puis sort les pâtes. Je mets cuire l’eau puis me retourne vers lui.

    Je fais les pâtes tant que j’en suis encore capable… si t’as pas faim on les mangera plus tard.

    Je lui souris puis m’installe sur mon sofa, c’est un petit studio, je vais pas avoir de problème si l’eau bout… j’y serais vite, très vite. Avec un verre de vin dans la main, notre dîner qui est sur le feu… c’est bon, tout est prêt. On peut commencer à papoter de tout et de rien en buvant. Le silence se fait ressentir un petit moment puis je le regarde longuement.


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MessageSujet: Re: Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr] Mar 13 Nov - 23:29

Véro & Zéph
Comme si la vie n'avait pas assez pourrie avec moi, compte tenu de mes sept premières années, passées avec une mère violente et incapable du moindre sentiment humain, il avait fallut que tout se détériore à nouveau autour de moi. Est-ce que je n'avais pas suffisamment subit, quand j'étais encore tout petit ? Est-ce que ça n'avait donc pas été assez ? Avoir été adopté par la merveilleuse famille O'Maley, m'avait permit d'apprendre ce qu'était la vraie joie d'être heureux et d'avoir une famille réelle, unie et soudée. Et maintenant ... Maintenant, il fallait qu'elle me soit retiré. Et de la pire façon qui soit, puisque l'un de mes frères venait de mourir. N'était-ce pas un signe que tout allait aller de mal en pis pour moi, dans la vie ? Je pressentais bien que si, ça allait se passer comme ça. Et je ne pourrais malheureusement rien faire contre ça. J'allais donc juste me contenter de subir et d'accepter mon terrible sort. N'était-ce pas tellement réjouissant ? Non, ça ne l'était pas. Mais ... J'étais finalement habitué à ce qu'il ne m'arrive que des merdes ou presque. Heureusement que dans tout ça, il me restait ma petite soeur. Veronika était finalement devenue ma seule raison de vivre.Et en un sens, c'était assez étrange et désolant. Même si je trouvais que c'était ... Beau ? Oui, ou un truc dans ce goût là en tout cas. Parce que d'une certaine façon, nous nous accrochions l'un à l'autre, comme à une bouée de sauvetage. Entre un frère et une soeur, ça me paraissait tout à fait normal. C'était notre vie qui ne l'était pas. Nous n'aurions jamais du avoir à en arriver à une telle extrémité, point. Le pire était sans doute le fait que je souffrais un peu plus à la voir elle même souffrir. Tout comme elle même devait souffrir pour moi en même temps ...

Quoi qu'il en soit, nous passions le plus de temps possible, ensemble. D'une certaine façon, ça nous faisait du bien. Et il me semblait que nous avions bien besoin de cela, pour réussir à accepter notre vie actuelle et la tournure dramatique qu'elle prenait. Après une visite à notre mère et à notre frère, pour terminer par un saut dans un magasin pour acheter de quoi manger, nous gagnâmes son studio, qui se trouvait dans le même immeuble que mon appartement. Ainsi, nous étions l'un près de l'autre de façon constante, sans pour autant bouffer sur l'espace privé de l'autre. Ca, c'était quelque chose d'important pour nous deux. Une fois là, je la laissai récupérer ses sacs de courses que j'avais porté jusque là, et la regardai ranger le tout, avant de sortir une bouteille de vin. « Un petit Chardonnay de Californie… ça te va? » Je souris en coin en lui lançant un regard vaguement amusé. A la vérité, tant qu'il y avait de l'alcool dans ce que j'allais boire, ça m'allait parfaitement. Tout simplement parce que c'était ce dont j'avais besoin. Là, maintenant, tout de suite. Boire pour oublier. Il me semblait que ce n'était finalement pas un concept si con que cela ... Même s'il faudrait tâcher de ne pas tomber dans l'alcoolisme. Cela allait de soit ... « Ca me va parfaitement ... » Répondis-je simplement, en affichant un léger sourire forcé. Je savais que Veronika savait mieux que personne, quand je me forçais à sourire. Mais je faisais avec. Je n'arrivais plus à faire mieux. Sans un mot, je récupérai le verre qu'elle me tendait et trinquai avec elle. « À notre cuite de ce soir… qu’elle soit mémorable et violente… » Je lâchai un semblant de rire et hochai la tête de façon affirmative, pour confirmer que j'étais bien d'accord avec elle, tout simplement. Une cuite mémorable et violente. C'était tout ce dont j'avais besoin pour ma part. De quoi oublier un peu la tournure que prenait ma vie. « Je fais les pâtes tant que j’en suis encore capable… si t’as pas faim on les mangera plus tard. » Avoir faim ... Depuis que la déprime avait prit le pas sur ma bonne humeur, j'avais totalement oublié ce que signifiait "avoir faim". Je ne mangeais plus que par obligation et un stricte minimum. Ce qui était étrange pour moi qui, d'ordinaire, avait un sacré appétit et une gourmandise bien prononcée. « Hm on verra ça. Avec un verre ou deux dans le nez, peut être que l'appétit me reviendra. » Répondis-je sans grande conviction, avant de la rejoindre du côté de son salon, pour me laisser tomber sur le sofa, à ses côtés. Je soupirai doucement en portant mon verre à mes lèvres, pour en boire une longue gorgée. Devant le silence qui venait de s'installer, je sentis le regard de ma soeur posé sur moi. Raison pour laquelle je me tournai vers elle, sourcils haussés. « Quoi ? J'ai un truc sur la tronche ? » Plaisantai-je en souriant faiblement.



Mon déguisement pour Halloween ? Celui que je suis vraiment.
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Se noyer dans une bouteille de vin [Zéphyr]

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